L’Algérie, un pilier gazier pour l’Europe face à la crise du détroit d’Ormuz

L’escalade des tensions au Moyen-Orient a perturbé les flux énergétiques mondiaux après le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, une route essentielle pour le transport de pétrole et de gaz. Cette décision fait suite aux frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, ainsi qu’aux représailles visant des infrastructures clés, dont le complexe gazier de Ras Laffan au Qatar, réduisant fortement l’offre mondiale de GNL.

Cette crise a entraîné une forte hausse des prix de l’énergie et ravivé les craintes de pénuries en Europe, où les réserves de gaz sont déjà inférieures à la normale. Face à l’urgence, les pays européens cherchent des sources alternatives, et l’Algérie s’impose comme un partenaire stratégique grâce à sa proximité géographique et à ses infrastructures de gazoducs.

Fournissant déjà environ 13 à 14 % du gaz de l’Union européenne, l’Algérie augmente ses exportations, avec une hausse des flux début 2026 et des discussions en cours avec des pays comme l’Italie et l’Espagne pour accroître encore les livraisons. Toutefois, les experts préviennent que l’Algérie ne pourra compenser qu’en partie la perte du gaz qatari. Les limites de production, la hausse de la demande intérieure et le déclin de certains gisements restreignent ses capacités, avec une augmentation potentielle estimée entre 4 et 8 milliards de mètres cubes — insuffisante pour combler entièrement le déficit.

Si l’Algérie joue actuellement un rôle de « soupape de sécurité » pour l’Europe, le continent devra poursuivre la diversification de ses approvisionnements, notamment en se tournant vers les États-Unis, la Norvège et l’Azerbaïdjan, afin d’éviter une crise énergétique plus profonde.

Avec Euronews

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