Vulgarité et rapports de force : les propos de Trump déclenchent la polémique

La déclaration attribuée à l’ancien président américain Donald Trump dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux contient beaucoup de vulgarité, ainsi que des propos grossiers et déplacés qui ne conviennent pas à un chef d’État, quelle que soit l’importance du pays—et encore moins à une nation qui se présente comme la plus grande puissance militaire et économique au monde. Au-delà de sa vulgarité, elle comporte également une insulte majeure à l’égard du prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane.

Le président américain, comme à son habitude, s’est moqué du prince héritier saoudien, affirmant que ce dernier ne s’attendait pas à ce que les États-Unis connaissent un retour en force sous la présidence de Trump. Selon lui, il s’attendait à un président faible, mais se retrouve désormais à le flatter et à chercher à lui plaire. Les propos de Trump n’ont pas été exprimés dans un style diplomatique, mais dans un langage choquant, grossier et inapproprié :

« Il ne pensait pas que cela allait arriver… il ne pensait pas qu’il embrasserait mon c**… il pensait que je serais simplement un autre président américain perdant… il ne le croyait vraiment pas… et maintenant il doit être gentil avec moi… il ferait mieux de l’être… »

Lors de la même conférence, Trump—qui mêle souvent moquerie et éloges excessifs, ainsi que sous-entendus—est revenu pour louer le prince héritier saoudien, le qualifiant de « guerrier » et d’« homme fantastique », car, selon lui, il a soutenu les États-Unis face à l’Iran aux côtés d’autres pays du Golfe. Il a ajouté que le Royaume « peut être très fier » de son leadership. Ce sont ces propos que les médias saoudiens, notamment Al Arabiya, ont relayés pour célébrer les éloges de Trump envers leur prince.

Le paradoxe frappant est que ces propos de Trump—ou plutôt cette vulgarité—ont été tenus hier lors de sa participation à la conférence de l’Initiative pour l’investissement futur, organisée à Miami Beach, en Floride. L’événement était sponsorisé et financé par le Fonds public d’investissement saoudien, en présence de responsables saoudiens, dont le gouverneur du fonds, qui préside également les conseils d’administration de Saudi Aramco et de Maaden, entre autres. Parmi les participants figuraient également l’homme d’affaires Witkoff, proche de Trump, ainsi que son gendre Jared Kushner. L’objectif de cette rencontre était d’obtenir de nouveaux accords avec les Saoudiens, susceptibles de rapporter des milliards de dollars à Trump, à sa famille et à ses proches—malgré les nombreuses insultes que les Saoudiens, et plus largement les populations du Golfe, semblent désormais tolérer afin de rester proches de Trump et de son entourage.

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