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Un pétrolier géant attaqué au large de Dubaï, la tension monte entre Washington et Téhéran

Le conflit au Moyen-Orient franchit un nouveau seuil critique. Un pétrolier chargé de brut a été attaqué et incendié mardi au large de Dubaï, dans une opération attribuée à l’Iran, malgré les menaces répétées du président américain Donald Trump.

Selon les autorités de Dubaï, le navire Al-Salmi, battant pavillon koweïtien, a été visé par une attaque de drone alors qu’il transportait près de deux millions de barils de pétrole. L’incendie a pu être maîtrisé sans faire de victimes ni provoquer de fuite, mais la coque du bâtiment a subi des dégâts. Le pétrolier faisait route vers la ville chinoise de Qingdao.

Une attaque dans un détroit stratégique

L’incident s’est produit dans le détroit d’Hormuz, passage clé par lequel transite environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et gaz naturel liquéfié. Depuis plusieurs semaines, cette zone est le théâtre d’attaques répétées contre des navires commerciaux, sur fond d’escalade militaire entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés.

Les Gardiens de la révolution iraniens ont affirmé viser un autre navire lié à Israël, le Haiphong Express, laissant penser que le pétrolier touché aurait pu ne pas être la cible initiale.

Le spectre d’un choc pétrolier mondial

L’attaque a immédiatement secoué les marchés. Le prix du pétrole brut a bondi, prolongeant une hausse spectaculaire de plus de 50 % depuis le début du mois. Le baril de Brent dépasse désormais les 113 dollars, alimentant les craintes d’une crise énergétique mondiale.

Aux États-Unis, les conséquences se font déjà sentir : le prix moyen de l’essence a franchi les 4 dollars le gallon, une première depuis plus de trois ans, mettant sous pression les ménages et l’administration Trump à l’approche des élections de mi-mandat.

Diplomatie en urgence, menaces persistantes

Face à la détérioration rapide de la situation, plusieurs acteurs internationaux tentent de contenir l’escalade. La Chine, principal importateur de pétrole iranien, a appelé à une désescalade immédiate, tandis que le Pakistan multiplie les initiatives de médiation.

Mais les tensions restent vives. Donald Trump a averti que les États-Unis pourraient frapper les infrastructures énergétiques iraniennes, y compris l’île de Kharg, si Téhéran refusait un accord et ne rouvrait pas le détroit d’Hormuz.

De son côté, l’Iran juge les propositions américaines « irréalistes » et poursuit ses opérations militaires dans la région.

Un conflit régional en expansion

Le conflit dépasse désormais largement le face-à-face initial. Les rebelles houthis au Yémen, le Hezbollah au Liban et plusieurs États de la région sont impliqués dans des affrontements croissants. Des missiles, drones et frappes ont été signalés en Israël, en Arabie saoudite, en Turquie et jusqu’au territoire iranien.

Par ailleurs, des milliers de soldats américains, notamment issus de la 82e division aéroportée, ont été déployés au Moyen-Orient, alimentant les spéculations sur une possible intervention terrestre.

Alors que l’échéance fixée par Washington pour un accord approche, la communauté internationale redoute désormais une perturbation durable des marchés énergétiques — et une escalade militaire aux conséquences imprévisibles.

Avec Reuters

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