
#SaharaOccidental #États-Unis #MINURSO #UNmission #PolisarioFront
L’administration de Donald Trump envisage une refonte majeure des opérations de maintien de la paix de l’ONU, avec dans son viseur la mission au Sahara occidental, jugée « coûteuse » et « obsolète ». Cette position pourrait marquer un tournant décisif dans la gestion d’un conflit vieux de plusieurs décennies.
Créée en 1991, la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) avait pour objectif de surveiller le cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario et de préparer un référendum d’autodétermination. Plus de trente ans plus tard, ce scrutin n’a jamais eu lieu, alimentant les critiques sur l’efficacité de la mission.
Lors d’une audition au Congrès américain le 20 mars, l’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, a confirmé que Washington procédait à une réévaluation globale de plusieurs missions onusiennes, dont la MINURSO. Il a notamment souligné que le budget des Nations unies avait quadruplé en 25 ans sans amélioration proportionnelle de la sécurité mondiale.
Les États-Unis, qui financent environ 20 % du budget ordinaire de l’ONU — soit près de 820 millions de dollars en 2025 — réclament des réformes structurelles. Parmi les pistes évoquées figurent une réduction de 25 % des effectifs des opérations de maintien de la paix et un recentrage sur des résultats politiques concrets.
Selon Washington, certaines missions, déployées depuis des décennies, risquent de prolonger les blocages plutôt que de favoriser des solutions durables. « Il s’agit d’éviter que ces dispositifs servent de prétexte à retarder une véritable résolution politique », a insisté Waltz.
Un contexte diplomatique en mutation
Cette remise en question intervient alors que le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, doit présenter prochainement un examen stratégique du mandat de la MINURSO, conformément à une résolution adoptée fin octobre 2025. Ce rapport pourrait influencer l’avenir de la présence onusienne dans la région.
En parallèle, les négociations entre le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie se poursuivent, sous impulsion américaine. L’administration Trump espère parvenir à une avancée d’ici le mois de mai.
Sur le terrain, les tensions restent vives depuis la rupture du cessez-le-feu en novembre 2020. Le Maroc a notamment renforcé son contrôle dans certaines zones stratégiques, tandis que le Front Polisario revendique toujours l’indépendance du territoire.
Une vision alignée sur Rabat ?
Dans ce contexte, plusieurs centres d’analyse américains proches des milieux conservateurs critiquent ouvertement la MINURSO. Certains estiment que la mission a échoué à remplir son mandat initial et contribue à maintenir un statu quo.
Des analystes comme Michael Rubin ou Sarah Zaaimi considèrent que la mission onusienne n’a pas permis de débloquer le processus politique et qu’elle perpétue une situation d’impasse. Ces positions convergent souvent avec celles du Maroc, qui défend un plan d’autonomie comme solution au conflit.
Selon certains médias marocains, une transformation de la MINURSO pourrait être envisagée, avec un rôle davantage centré sur la coordination diplomatique plutôt que sur le maintien de la paix.
Un avenir incertain
La possible réduction ou réorientation de la MINURSO intervient à un moment charnière. Entre pressions budgétaires, repositionnement stratégique américain et négociations diplomatiques en cours, l’avenir de la mission semble plus incertain que jamais.
Si Washington parvient à imposer sa vision, cela pourrait profondément modifier l’approche internationale du conflit du Sahara occidental — au risque de redéfinir les équilibres politiques dans la région.
Avec El Español