Crise dans le détroit d’Ormuz : les Émirats arabes unis appellent à une coalition internationale

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Les Émirats arabes unis intensifient leurs efforts diplomatiques pour mettre en place une force maritime internationale destinée à sécuriser le détroit d’Ormuz, devenu un point de tension majeur dans le contexte du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. Face aux perturbations croissantes du trafic maritime, Abou Dhabi adopte une position plus ferme et se dit prêt à participer activement à une telle initiative.

Selon plusieurs sources, les autorités émiraties ont informé leurs alliés occidentaux, notamment les États-Unis, de leur volonté d’intégrer une force multinationale chargée de rouvrir cette voie stratégique, par laquelle transite environ 20 % du pétrole et du gaz mondiaux. Le pays envisagerait même de déployer sa propre marine, malgré des capacités relativement limitées mais modernisées.

L’objectif affiché est de garantir la libre circulation des navires marchands, fortement entravée par les attaques attribuées à Téhéran. Ces actions ont considérablement ralenti le trafic dans le détroit, provoquant des inquiétudes quant à une possible crise durable affectant les marchés énergétiques et les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Les Émirats insistent sur le caractère non offensif de leur démarche. « Il ne s’agit pas de faire la guerre à l’Iran, mais de défendre l’économie mondiale », souligne une source proche du dossier. Dans cette logique, Abou Dhabi plaide pour la création d’une coalition la plus large possible, baptisée « Hormuz Security Force », dont la mission serait d’escorter les navires et de prévenir toute nouvelle attaque.

Parallèlement, les Émirats arabes unis, en coordination avec Bahreïn, travaillent à l’élaboration d’une résolution au Conseil de sécurité des Nations unies afin de doter cette éventuelle force d’un mandat international. Toutefois, cette initiative pourrait se heurter à l’opposition de puissances comme la Russie et la Chine.

Sur le plan diplomatique, les discussions se multiplient. Le ministre émirati Sultan al-Jaber a récemment évoqué la situation avec le vice-président américain JD Vance à Washington. Il a dénoncé une prise en otage du détroit par l’Iran, estimant que les conséquences se répercutent directement sur les consommateurs à travers le monde, de la hausse des prix à la pompe à celle des biens de première nécessité.

Malgré l’urgence de la situation, le projet peine à rallier un large soutien. Bahreïn est pour l’instant le seul État du Golfe à appuyer ouvertement cette initiative. Les Émirats espèrent toutefois convaincre l’Arabie saoudite et d’autres partenaires internationaux. Du côté des alliés européens de l’OTAN, la réticence demeure, malgré les pressions répétées de Donald Trump pour qu’ils participent à la sécurisation de la zone.

Cette absence de consensus reflète les divisions au sein même des pays du Golfe. Si tous condamnent les actions de l’Iran, leurs stratégies divergent. Certains souhaitent une réponse plus ferme de Washington, tandis que d’autres privilégient une issue négociée, redoutant une escalade incontrôlable ou un retrait soudain des États-Unis laissant la région face à un Iran affaibli mais plus radical.

Dans ce contexte incertain, Téhéran semble considérer le contrôle du détroit d’Ormuz comme un levier stratégique majeur, réduisant ses incitations à rétablir rapidement le trafic. Face à cette réalité, plusieurs pays de la région envisagent d’accélérer le développement d’infrastructures alternatives, telles que des pipelines ou des réseaux ferroviaires, afin de contourner ce passage maritime crucial.

Enfin, Oman, qui s’est démarqué en critiquant l’intervention militaire américano-israélienne, affirme travailler activement à la mise en place de mécanismes garantissant un passage sécurisé dans le détroit.

La situation dans le détroit d’Ormuz illustre ainsi les profondes recompositions géopolitiques à l’œuvre au Moyen-Orient, où les enjeux énergétiques, sécuritaires et diplomatiques s’entremêlent dans un climat de forte instabilité.

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