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Rachida Dati : Entre racines marocaines et algériennes, l’ascension d’une fille de la République

Ayant voté contre la résolution du Parlement européen condamnant le Maroc pour agression contre des civils sahraouis au Sahara Occidental, Rachida Dati a tenté de justifier sa position plutôt pro-marocaine. Lors d’un point de presse tenu à Alger, l’ancienne Garde des sceaux du gouvernement français et actuelle eurodéputée, estime que la décision du Parlement européen était «précipitée».

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Figure incontournable de la droite française, Rachida Dati incarne un parcours républicain singulier. Nommée ministre de la Culture en 2024, son histoire personnelle, profondément marquée par ses origines maghrébines et son enfance bourguignonne, continue de nourrir l’intérêt du public. Retour sur les racines et le visage de cette femme politique, entre tradition familiale et ambition nationale.

Une double culture marocaine et algérienne

Née le 27 novembre 1965 à Saint-Rémy (Saône-et-Loire), Rachida Dati est la fille de parents immigrés venus du Maghreb.

De cette union naît une fratrie très nombreuse : Rachida est la deuxième d’une famille de onze enfants. (Si certaines sources évoquent douze, la confusion viendrait de la présence au foyer d’une nièce élevée comme une sœur). Parmi ses frères et sœurs, on compte notamment Malika, engagée en politique locale, mais aussi Jamal et Omar, tous deux condamnés pour trafic de stupéfiants.

Si elle possède la nationalité française de naissance, Rachida Dati détient également la nationalité marocaine, un lien qu’elle revendique comme une partie intégrante de son identité.

Une enfance bourguignonne entre discipline et débrouille

Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas dans une grande métropole que la future garde des Sceaux a grandi, mais à Chalon-sur-Saône, dans le quartier populaire des Prés-Saint-Jean.

Élevée dans la tradition maghrébine, ses parents lui offrent pourtant une éducation ouverte : elle effectue sa scolarité dans des établissements catholiques avant de rejoindre le lycée public Mathias, où elle obtient son baccalauréat D en 1983.

Très tôt, Rachida Dati doit travailler pour aider sa famille. Adolescente, elle cumule les petits boulots : vendeuse, standardiste, veilleuse de nuit ou encore aide-soignante. Une détermination qui ne la quittera plus.

Un itinéraire universitaire tardif mais brillant

Son parcours académique est celui d’une « late bloomer » (une personne qui s’épanouit tardivement). Après avoir commencé ses études à Dijon, elle monte à Paris et intègre l’université Paris-Panthéon-Assas. Elle y décroche une licence (1990) puis une maîtrise en sciences économiques (1991).

C’est grâce à la validation des acquis professionnels qu’elle obtient ensuite une maîtrise en droit public en 1996. À 31 ans, elle tente le concours de l’École nationale de la magistrature (ENM). Admise, elle en sort magistrate en 1999.

C’est ce parcours atypique, alliant racines modestes et excellence républicaine, qui la propulse plus tard auprès de Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui encore, Rachida Dati fait de cette double culture — française, marocaine et algérienne — un pilier de son discours et un symbole de sa réussite.

Avec CloserMag

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