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Scandale Epstein : La Princesse Mette-Marit de Norvège sort du silence et admet avoir été « manipulée »

Princess Mette-Marit (Photo : Wikimedia Commons)

Dans un entretien télévisé d’une rare intensité émotionnelle diffusé ce vendredi, la princesse héritière Mette-Marit a brisé le silence sur ses liens passés avec Jeffrey Epstein. Entre regrets, larmes et révélations sur des tentatives d’extorsion, la future reine tente de sauver une image publique lourdement entachée.

Par Noureddine Bousmala

C’est une confession que toute la Norvège attendait. Accompagnée de son époux, le prince héritier Haakon, Mette-Marit s’est livrée pendant vingt minutes au micro du diffuseur public NRK. L’enjeu est de taille : depuis la révélation de sa proximité avec le délinquant sexuel américain par le ministère de la Justice des États-Unis, les sondages indiquent qu’une majorité de Norvégiens s’opposent désormais à son accession au trône.

« J’aurais aimé ne jamais le rencontrer »

La princesse de 52 ans, visiblement bouleversée, a reconnu un manque de discernement tragique. « Il est extrêmement important pour moi de reconnaître que je n’ai pas examiné son passé plus attentivement, et d’admettre que j’ai été manipulée et trompée à ce point », a-t-elle déclaré, la voix brisée.

Tout en niant fermement toute relation de nature inappropriée — « C’était une relation amicale » — elle a dû s’expliquer sur des échanges de courriels troublants. En 2011, elle écrivait à Epstein qu’elle l’avait « googlé » et que le résultat n’était « pas très beau », concluant par un émoji souriant. Un message qu’elle affirme aujourd’hui avoir oublié, malgré la condamnation d’Epstein pour sollicitation de mineure survenue trois ans plus tôt.

Un climat de malaise et des accusations d’extorsion

L’enquête a révélé une complicité étonnante. En 2012, alors qu’Epstein évoquait une « chasse à la femme » à Paris, la princesse répondait avec humour que la capitale française était « propice à l’adultère ». Elle a également séjourné quatre jours dans la résidence du financier à Palm Beach en 2013.

Toutefois, ce climat de camaraderie s’est brisé suite à plusieurs incidents non divulgués. Le prince Haakon a précisé que son épouse s’était sentie « en insécurité » après un séjour en Floride. Mette-Marit va plus loin dans la version écrite de l’interview :

« J’avais fini par comprendre que c’était une personne mauvaise… J’avais vu de près comment il utilisait l’extorsion contre d’autres. »

Soucieuse de ne pas paraître en position de victime, elle a tenu à rappeler que seules les victimes d’Epstein méritent justice.

Une monarchie sous pression

Cette crise survient alors que la famille royale traverse une période noire. Le fils aîné de la princesse, Marius Borg Høiby, attend un verdict pour juin après un procès pour quatre viols et agressions — des accusations qu’il nie. Parallèlement, Mette-Marit lutte contre une maladie pulmonaire incurable qui pourrait nécessiter une greffe risquée.

Si le Premier ministre Jonas Gahr Støre s’est dit « satisfait » que la princesse assume sa responsabilité, les commentateurs royaux restent sceptiques. Harald Stanghelle, de l’Aftenposten, estime que des questions cruciales demeurent sans réponse, notamment sur la légèreté de sa réaction face à ses recherches Google en 2011.

Malgré la tempête, le prince Haakon a réitéré son soutien indéfectible à celle qu’il juge « sage et forte », tandis que Mette-Marit a exprimé son souhait de rester à ses côtés pour servir la monarchie, « si sa santé le permet ».

Source : AFP, via South China Morning Post

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