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Moyen Orient : Washington n’arrive pas à mondialiser la question du Détroit d’Ormuz

detroit d'ormuz

Détroit d'Ormuz (Photo : Wikimedia Commons)

Le détroit d’Ormuz est considéré comme l’artère vitale qui alimente l’économie mondiale. Cependant, il s’est transformé ces derniers temps en un théâtre ouvert pour l’affrontement géopolitique le plus violent du XXIe siècle. Ce dossier met en lumière les conséquences de l’appel américain à former une coalition navale internationale, une démarche qui reflète la volonté de Washington de mondialiser le conflit et de répartir le fardeau de la protection de la navigation sur les grandes puissances touchées par l’interruption des approvisionnements énergétiques.

Ce rapport analyse la décision de l’administration américaine de poursuivre l’affrontement militaire malgré les avertissements des chefs d’état-major interarmées concernant les risques de fermeture du détroit, et le pari d’une « victoire rapide » qui ne s’est pas concrétisée sur le terrain. Téhéran a réussi à transformer le détroit en un levier de pression douloureux grâce à l’utilisation de mines marines et de drones, entraînant l’épuisement du Trésor américain à hauteur de milliards de dollars par semaine.

Le dossier examine également l’impact direct des tensions sur les prix mondiaux du pétrole et comment le conflit militaire est devenu une menace existentielle pour la stabilité financière de Washington et des grandes capitales industrielles.

Coalition navale et implication américaine

Dans une nouvelle escalade reflétant la sensibilité de la situation géopolitique au Moyen-Orient, le président américain Donald Trump a renouvelé ses appels à la formation d’une alliance navale internationale pour protéger la navigation dans le détroit d’Ormuz, l’un des passages les plus vitaux pour le transport de l’énergie au monde, affecté par la guerre actuelle.

Dans une publication sur la plateforme Truth Social, Trump a exprimé son espoir de voir des pays tels que le Japon, la Chine, la France, la Corée du Sud et le Royaume-Uni prendre l’initiative d’envoyer des navires de guerre en coordination avec les États-Unis, afin de garantir que le détroit reste « ouvert et sûr » pour le commerce mondial, selon ses termes.

Cet appel intervient sur fond de craintes croissantes d’une interruption des flux de pétrole et de gaz via le détroit, par lequel transite une part majeure des exportations énergétiques mondiales. Toute tension militaire ou sécuritaire dans ce corridor maritime est perçue comme une menace directe pour la stabilité des marchés internationaux.

Accusations et escalade militaire potentielle

D’un ton acerbe, Trump a indiqué que les États-Unis avaient « totalement détruit les capacités militaires » de l’Iran, tout en mettant en garde contre la possibilité que Téhéran mène des opérations limitées, telles que l’usage de drones, la pose de mines marines ou le lancement de missiles à courte portée. Face aux réalités du terrain confirmant que l’Iran résiste toujours à l’escalade américano-sioniste, les observateurs estiment que les déclarations de Trump sur la victoire sont inexactes.

Il a également agité la menace d’une poursuite des opérations militaires américaines contre les côtes iraniennes et leurs embarcations, affirmant que Washington « rouvrira le détroit bientôt, de manière sûre et libre, par tous les moyens ».

Dimensions économiques et stratégiques

Les observateurs estiment que ces déclarations portent des dimensions dépassant le cadre militaire, reflétant une tentative américaine de mobiliser un soutien international plus large pour protéger les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les grandes nations industrielles d’Asie et d’Europe dépendent lourdement du pétrole du Golfe, faisant de la stabilité du détroit une question de sécurité économique et stratégique pour elles.

Selon les analystes, l’implication de forces navales multiples pourrait alléger le fardeau des États-Unis et offrir une couverture internationale à toute action militaire, mais pourrait en revanche augmenter les risques de friction directe dans une région extrêmement sensible.

Les risques de fermeture du détroit d’Ormuz

Le journal Wall Street Journal a révélé que la guerre lancée par le président Donald Trump contre l’Iran n’était pas seulement un affrontement militaire, mais un pari politique ayant ignoré les avertissements des généraux de l’état-major. Il s’avère que Trump était conscient des risques de fermeture du détroit par l’Iran avant de prendre sa décision.

Le général Dan Kean, chef d’état-major interarmées, aurait explicitement averti Trump qu’une attaque pourrait pousser Téhéran à utiliser des mines et des drones pour paralyser le corridor maritime le plus vital au monde. Le journal précise que Trump a reconnu le risque mais a néanmoins pris la décision la plus importante de sa politique étrangère au cours de ses deux mandats.

L’hémorragie de milliards poursuit Washington

Cependant, les vents n’ont pas soufflé dans le sens des navires de Washington. Deux semaines après l’étincelle initiale, Téhéran a prouvé que le détroit d’Ormuz est son atout le plus efficace et le plus douloureux. L’Iran a empêché les pétroliers de traverser, provoquant une hausse fulgurante des prix du pétrole et un choc énergétique mondial. De leur côté, les forces américaines ciblent les mouilleurs de mines et les usines iraniennes pour tenter d’empêcher l’obstruction de la voie d’eau.

Sur le plan des pertes, le journal indique que l’opération américaine coûte des milliards de dollars par semaine. À plus grande échelle, le risque d’une guerre étendue menace l’économie américaine de « stagflation ».

Réponses internationales divergentes

Incertitude sur le sort de Netanyahu

Par ailleurs, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé dimanche qu’ils poursuivraient le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’il était toujours en vie. Des rumeurs sur sa mort ont circulé sur les réseaux sociaux, basées sur une vidéo suspectée d’être générée par IA. Toutefois, le bureau de Netanyahu a démenti ces informations, les qualifiant de sans fondement.

Depuis le 28 février dernier, Israël et les États-Unis mènent une agression contre l’Iran, ayant causé des centaines de morts, dont le Guide suprême Ali Khamenei. Téhéran riposte par des tirs de missiles et de drones vers Israël et cible les intérêts américains dans la région.

Escalade au Liban et réponse du Hezbollah

Au Liban, les raids israéliens se poursuivent depuis le 2 mars, faisant au moins 826 morts à ce jour. Le Hezbollah a annoncé avoir mené 5 opérations militaires contre des positions israéliennes à la frontière, en réponse aux frappes sur les villes libanaises et la banlieue sud de Beyrouth. Cette extension régionale du conflit s’inscrit dans le cadre de la guerre américano-israélienne contre l’Iran.

Source : LeMaghreb.tn

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