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Tensions géopolitiques : Madrid se tourne vers Alger pour sécuriser son approvisionnement en gaz

Alors que l’escalade du conflit au Proche-Orient fait exploser les prix de l’énergie et menace les routes maritimes stratégiques, l’Espagne envisage de renforcer ses importations de gaz naturel en provenance de l’Algérie via le gazoduc Medgaz.

Madrid – Face à la flambée des cours du gaz et à l’instabilité croissante au Moyen-Orient, le gouvernement espagnol explore la piste d’une augmentation des achats de gaz algérien. Selon des sources proches du dossier, des discussions ont été engagées avec Naturgy Energy Group SA, l’opérateur du gazoduc sous-marin reliant les deux pays.

L’objectif affiché serait d’utiliser cette infrastructure à un niveau proche de sa pleine capacité afin de compenser les tensions sur le marché mondial du gaz naturel liquéfié (GNL), précise l’une de ces sources, qui a requis l’anonymat.

Depuis le déclenchement des hostilités au Moyen-Orient, les contrats à terme européens du gaz ont bondi de plus de 60 %. Le détroit d’Ormuz, point de passage obligé pour près d’un cinquième des cargaisons mondiales de GNL, est devenu une zone à haut risque. La décision du groupe QatarEnergy de suspendre la production de la plus grande installation d’exportation de GNL au monde, après une attaque de drone iranien, a également contribué à la nervosité des marchés.

Capacités disponibles et enjeux stratégiques

Le gazoduc Medgaz, dont la capacité nominale est de 32 millions de mètres cubes par jour, a vu ses débits quotidiens moyens atteindre environ 28 millions en janvier et février, d’après les données de BloombergNEF. Avant le début de la guerre, les flux étaient attendus à ce même niveau pour le mois de mars.

L’entreprise algérienne publique Sonatrach détient 51 % de cette artère énergétique stratégique de 210 kilètres, qui fut la première liaison directe construite entre l’Algérie et l’Europe. Le reste est détenu par une coentreprise réunissant Naturgy et le fonds BlackRock Inc.

Un contexte bilatéral complexe

Le recours accru à l’Algérie s’inscrit dans un contexte de relations bilatérales parfois tendues. Pendant des années, l’Algérie a été le premier fournisseur de gaz de l’Espagne. Cette position a été fragiliseé par la fermeture du gazoduc passant par le Maroc, contraignant Madrid à se tourner davantage vers le GNL en provenance des États-Unis ou du Qatar.

Par ailleurs, les négociations contractuelles entre les deux pays avaient été difficiles en 2022, Alger réclamant alors une forte hausse des prix dans le cadre de discussions qui s’étaient étirées sur plusieurs mois.

Un plan d’aide en préparation

Pour faire face aux retombées économiques de cette crise énergétique, l’exécutif espagnol s’active. Un plan d’aide doit être annoncé le 20 mars prochain. Selon des sources gouvernementales, ce dispositif devrait notamment cibler les industries gourmandes en énergie, particulièrement vulnérables à la volatilité des prix.

Sollicités par nos soins, les porte-parole du gouvernement espagnol et de Naturgy n’ont pas souhaité faire de commentaire.

Avec Reuters

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