Le sénateur démocrate Ron Wyden accuse un haut responsable du United States Department of Justice d’avoir empêché la divulgation d’un document clé lié à une enquête secrète visant Jeffrey Epstein pour trafic de drogue et prostitution.
Selon Wyden, le vice-ministre de la Justice Todd Blanche aurait bloqué la transmission d’un mémorandum non censuré datant de 2015. Ce document avait été élaboré par les Organized Crime Drug Enforcement Task Forces, une structure fédérale chargée de coordonner les enquêtes complexes liées au trafic de drogue et au blanchiment d’argent.
De son côté, Todd Blanche a rejeté ces accusations sur les réseaux sociaux, affirmant qu’« aucun blocage n’existe » et que le document est accessible aux membres du Congrès dans une salle de lecture dédiée. Il reproche également au sénateur de ne pas s’y être rendu.
Une enquête fédérale étendue et sensible
Des éléments révélés précédemment indiquent que ce mémorandum, largement caviardé dans les millions de documents rendus publics en janvier, confirme qu’Epstein faisait l’objet d’une enquête de la Drug Enforcement Administration (DEA) pendant au moins cinq ans.
Dans une lettre adressée à Blanche, Wyden affirme que les enquêteurs du Sénat avaient été informés que la DEA était prête à transmettre une version non censurée du document, avant une intervention présumée du ministère de la Justice ces dernières semaines. Il qualifie cette situation de « profondément préoccupante ».
Le sénateur va plus loin, estimant que les autorités disposaient de « preuves suffisantes » pour soupçonner Epstein d’implication dans le trafic de stupéfiants et d’avoir administré des substances à ses victimes, y compris des mineures, afin de faciliter les abus.
Drogues de synthèse et transferts suspects
Le document en question révèle que l’enquête visait Epstein ainsi que 14 autres individus, suspectés de transferts financiers liés à des activités illégales. Des sources indiquent que les agents s’intéressaient notamment aux « club drugs », comme la kétamine, l’ecstasy (MDMA) et le GHB.
Le mémorandum mentionne des activités suspectes entre New York et les îles Vierges américaines, incluant des transferts d’argent potentiellement liés à la drogue ou à la prostitution. Classé « sensible pour les forces de l’ordre », il masque l’identité des autres personnes impliquées.
Selon une source proche de l’enquête, l’implication d’un centre de fusion des données fédérales suggère que le dossier était considéré comme « significatif ». L’ouverture d’une enquête par la DEA implique en effet l’existence d’un lien direct avec des activités liées aux stupéfiants.
Opacité persistante autour du dossier
Une demande d’accès aux documents administratifs (FOIA) déposée récemment pour obtenir davantage d’informations a été rejetée par la DEA. L’agence invoque notamment le risque d’entrave à des procédures en cours.
Des sources évoquent également la possibilité que le document contienne des informations sensibles, telles que des opérations en cours ou l’identité d’informateurs confidentiels.
Un passé judiciaire déjà lourd
Jeffrey Epstein avait été arrêté en juillet 2019 dans le cadre d’une autre enquête menée par le parquet fédéral de New York. Les procureurs impliqués à l’époque n’avaient pas connaissance de cette enquête antérieure de la DEA.
Quelques semaines après son incarcération, Epstein a été retrouvé mort dans sa cellule. Sa mort a été officiellement qualifiée de suicide.
Cette affaire relance les interrogations sur la transparence des autorités américaines dans le traitement des dossiers liés à Epstein, dont les ramifications continuent de susciter de vives tensions politiques.
Source : CBS News
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