La seconde guerre contre l’Iran et la reconfiguration de la carte mondiale de l’énergie

Le Moyen-Orient est en sursis. Selon le Wall Street Journal, des responsables informés rapportent que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a proposé la plus importante libération de réserves stratégiques de pétrole de son histoire (182 millions de barils) afin de contenir les prix face au conflit en cours. Les estimations médiatiques suggèrent qu’un déficit de 15 millions de barils par jour sur le marché mondial pourrait propulser les prix vers les 150 dollars, voire 200 dollars le baril. À noter que la bourse de Tel-Aviv a chuté de 3,4 % le 9 mars, plombée par la hausse du brut et le déclin des marchés financiers mondiaux.

Partant de ce constat, le New York Times soulignait hier que l’administration Trump et ses conseillers ont mal anticipé la réaction iranienne et son impact énergétique. Parallèlement, le Trésor américain a accordé une dérogation à l’Inde pour l’achat de pétrole russe. Face aux risques inflationnistes, le G7 envisage également de puiser dans ses réserves, tandis que la Chine renforce sa sécurité énergétique en stockant massivement : ses importations ont atteint 97 millions de tonnes ces deux derniers mois, la Russie représentant 20 % de ses approvisionnements.

Enjeux militaires et visions stratégiques

Simultanément à l’attaque israélienne contre des cibles au sud de l’Iran (notamment à Shiraz), le site Ynet a publié une analyse d’Avi Issacharoff. Ce dernier met en garde contre la précipitation à promouvoir un « Nouveau Moyen-Orient » avant d’atteindre des objectifs réalistes. Il souligne que l’élimination du Guide suprême ne déstabiliserait pas nécessairement un régime doté de mécanismes de succession ancrés, et plaide pour une pression diplomatique appuyée par la force militaire afin de stopper les programmes nucléaire et balistique de Téhéran.

À Tel-Aviv, les services de sécurité estiment que la chute du régime iranien ne se produira pas durant cette guerre, mais de manière progressive après celle-ci, sous l’effet des pressions économiques. Par ailleurs, des rapports indiquent qu’une guerre prolongée affaiblirait la position stratégique d’Israël et son soutien américain post-Trump, marquant l’échec de l’approche militaire adoptée depuis le retrait de l’accord nucléaire en 2018.

Le détroit d’Ormuz : Le cœur de la crise

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du flux pétrolier mondial, est au centre des préoccupations. Le président Trump a promis des systèmes d’assurance de 20 milliards de dollars soutenus par l’USAID pour sécuriser les navires, évoquant même des escortes par l’US Navy.

L’approche de Trump semble évoluer : suite aux déclarations de Poutine sur sa volonté de collaborer avec les Européens, Washington a assoupli sa position sur le pétrole russe. Le 13 mars 2026, le Trésor a autorisé l’achat de pétrole russe « bloqué en mer » pour accroître l’offre mondiale. Cette décision favorise l’économie russe, alors que Bloomberg rapportait fin février que Moscou prévoyait de ramener son prix de référence budgétaire entre 45 et 50 dollars le baril.

Impacts régionaux et dépendances

  • Irak : Avec l’arrêt des exportations via le Golfe, Bagdad tente de détourner au moins 100 000 barils par jour via le pipeline vers le port turc de Ceyhan. L’économie irakienne est lourdement impactée, sa production ayant chuté de 70 %.
  • Inde : New Delhi a acheté 30 millions de barils de pétrole russe en profitant des exemptions américaines. Le pays reste extrêmement vulnérable, important 90 % de ses besoins, dont la moitié transite par Ormuz.

Conclusion : Malgré les politiques de transition énergétique, les événements actuels réaffirment le rôle du pétrole comme garant de la stabilité des marchés. La période précédant la guerre a été marquée par des sanctions accrues, entraînant une accumulation massive de stocks de pétrole iranien sur des pétroliers flottants en attente d’acheteurs.

Source : Lemaghreb.tn

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