À la lumière de la deuxième frappe militaire américaine contre l’Iran le 28 février 2026, et de la riposte iranienne qui a suivi, visant les territoires du Golfe pour frapper les intérêts américains et faire pression sur les pays du Golfe afin de les empêcher d’utiliser leurs territoires pour lancer des attaques contre le sol iranien, les positions maghrébines sont devenues différentes de celles adoptées lors de la première frappe militaire en (juin 2025), ou ce qu’on a appelé la guerre des douze jours. Les positions maghrébines se sont considérablement rapprochées, s’appuyant sur une approche pragmatique face à ces développements.
Et bien que cette guerre, en tant que l’un des épisodes visant le régime iranien et son changement par la force militaire, soit apparue comme une stratégie alternative à l’échec du changement par l’intérieur, elle s’est rapidement transformée en une guerre iranienne contre les Arabes du Golfe. Les bases militaires américaines dans le Golfe, longtemps présentées comme garantes de la sécurité, sont devenues un point faible et ont placé le Golfe en position de cible dans une guerre dont il n’était pas partie prenante. Et malgré l’affirmation par les pays du Golfe de leur refus d’utiliser leurs territoires comme base de départ pour d’éventuelles frappes de représailles contre l’Iran, les calculs iraniens ont estimé qu’il fallait diriger des frappes intensives contre les bases militaires comme mécanisme inverse à d’éventuelles attaques depuis ces territoires, en passant au ciblage des zones pétrolières et d’autres objectifs, dont le plus important est le « détroit d’Ormuz », pour brouiller la situation.
Cette équation a sans doute perturbé les calculs de certains pays du Maghreb quant à leurs alliances stratégiques, en réponse au moment régional actuel, et en a maintenu d’autres dans la zone grise. Cela s’inscrit dans le cadre des calculs d’intérêt national des pays de cette région, ce qui peut être exploré dans les points suivants :
Premièrement : Une interaction maghrébine pragmatique et un rejet de l’escalade :
La commercialisation et la rapidité de la transformation de la crise, passant d’une guerre américano-israélienne contre l’Iran à une guerre iranienne contre le Golfe, ont imposé une confusion dans les calculs (et les positions) des pays du Maghreb, en particulier (l’Algérie, la Tunisie et la Mauritanie) qui avaient auparavant des positions claires pendant la guerre des douze jours (juin 2025) et les attaques israéliennes contre l’Iran. Cependant, dans le cadre de la guerre actuelle (mars 2026) et avec l’entrée du Golfe au cœur de cette escalade (et les tentatives de l’y entraîner), ces pays ont tendu à adopter des positions conformes aux règles et lois internationales et à ce que prévoit la Charte des Nations Unies – en tant que principes fondamentaux dans les relations entre les États –, ainsi qu’à exprimer leur solidarité avec le Golfe arabe suite aux attaques qu’il a subies. Pour clarifier cela, on peut exposer les orientations de la position maghrébine concernant l’escalade actuelle comme suit :
L’alignement de Rabat et l’approche « La sécurité du Golfe est une composante de la sécurité du Maroc »
La position officielle du Royaume du Maroc s’est incarnée dans un alignement et une solidarité avec les pays du Golfe arabe au cœur de l’escalade iranienne contre les territoires de ces pays. Cela s’est manifesté par la condamnation rapide du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger de ces agressions qui constituent une violation flagrante de la souveraineté nationale de ces pays et une atteinte à leur sécurité nationale, tout en réaffirmant la solidarité marocaine avec toutes les mesures légitimes pour répondre à ce ciblage. Non seulement cela, mais le Roi « Mohammed VI » a considéré que la sécurité et la stabilité des pays du Golfe arabe relèvent de la sécurité du Maroc, ce qu’a confirmé le ministre des Affaires étrangères « Nasser Bourita » lors de sa participation à la réunion de la session extraordinaire du Conseil de la Ligue des États arabes au niveau ministériel le 8 mars 2026, réitérant le rejet par le Maroc de la violation de la souveraineté des pays du Golfe et des pays arabes et condamnant ces agressions.
De plus, le cercle des communications marocaines avec la partie émiratie s’est fortement concentré sur la condamnation et le rejet de l’escalade iranienne contre le Golfe, comme l’a montré l’appel téléphonique effectué par « Mohamed Ould Errachid », président de la Chambre des conseillers, avec le président du Conseil national fédéral émirati « Saqr Ghobash », où la solidarité du Maroc avec les Émirats et le rejet des agressions iraniennes sur son sol ainsi que sur les territoires des pays du Golfe ont été réaffirmés.
Prudence algérienne avec condamnation des « agressions militaires »
On observe un changement dans la position algérienne dans la période actuelle, passant d’un état de soutien clair à l’Iran pendant la guerre des douze jours (juin 2025) à une interaction prudente dans le discours officiel vis-à-vis de la guerre en cours. Cela s’est manifesté par le rejet de l’atteinte à la souveraineté des États et l’importance d’une action pacifique et diplomatique pour résoudre les différends, comme l’a souligné la participation de « Ahmed Attaf », ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, aux activités de la session extraordinaire de la réunion du Conseil de la Ligue des États arabes au niveau ministériel, avec un soutien implicite au communiqué final du sommet qui a condamné les attaques iraniennes ayant visé des pays du Golfe et des pays arabes, car elles constituent une violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États.
Le deuxième élément est la rencontre qui a précédé ce sommet, réunissant « Attaf » et les ambassadeurs des pays arabes ayant subi des « agressions militaires » en Algérie, où la solidarité totale avec ces pays a été réaffirmée, ainsi que le rejet catégorique de toute atteinte à la souveraineté nationale, la primauté de la logique du dialogue, la retenue et l’arrêt immédiat de toutes les formes d’escalade. Même au niveau des communications effectuées par le président algérien « Abdelmadjid Tebboune », qui se sont concentrées sur les dirigeants des pays (Arabie Saoudite, Koweït, Qatar, Jordanie, Sultanat d’Oman), l’accent a été mis sur l’importance du retour de la paix et de la sécurité dans la région, ce qui reflète le changement de la position algérienne avec la transformation de la situation actuelle en une guerre (Iran contre le Golfe) et non (Israël contre l’Iran).
La Mauritanie et le principe de l’intégrité de la sécurité nationale arabe
La diplomatie mauritanienne a adopté une position rejetant les agressions iraniennes contre les pays arabes. Cela a été reflété dans le discours prononcé par « Mohamed Salem Ould Marzouk », ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Mauritaniens de l’extérieur, lors de la réunion extraordinaire de la Ligue des États arabes au niveau ministériel. Il y a affirmé que la sécurité nationale arabe est un tout indivisible et que la violation de la souveraineté de ces pays est une atteinte effective à la sécurité nationale, qui doit être traitée selon les dispositions nécessaires et décisives, outre la nécessité d’agir pour prendre des mesures efficaces afin de préserver la sécurité et la stabilité des peuples arabes.
La Mauritanie et le principe de l’intégrité de la sécurité nationale arabe
La diplomatie mauritanienne a adopté une position rejetant les agressions iraniennes contre les pays arabes. Cela a été reflété dans le discours prononcé par « Mohamed Salem Ould Marzouk », ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Mauritaniens de l’extérieur, lors de la réunion extraordinaire de la Ligue des États arabes au niveau ministériel. Il y a affirmé que la sécurité nationale arabe est un tout indivisible et que la violation de la souveraineté de ces pays est une atteinte effective à la sécurité nationale, qui doit être traitée selon les dispositions nécessaires et décisives, outre la nécessité d’agir pour prendre des mesures efficaces afin de préserver la sécurité et la stabilité des peuples arabes.
La Libye et la solidarité arabe
Malgré la division politique libyenne, on observe une convergence entre les principaux organes pour condamner les frappes iraniennes contre les pays arabes et du Golfe. Cela a été exprimé par « Al-Taher Al-Baour », ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du (Gouvernement d’union nationale / Ouest de la Libye) (dont le mandat a expiré), lors de la réunion d’urgence de la Ligue des États arabes, exprimant la solidarité de la Libye avec les pays ayant subi ces agressions et l’importance de désamorcer l’escalade militaire. Cette position a également concordé avec le communiqué publié par le (Gouvernement de stabilité / Est de la Libye) (mandaté par le Parlement), qui a affirmé le rejet de l’atteinte à la souveraineté arabe et du Golfe.
De même, les communications effectuées par « Mohamed Al-Menfi », président du Conseil présidentiel libyen, le maréchal « Khalifa Haftar », commandant général de l’Armée nationale libyenne, et « Abdel Hamid Dbeibah », chef du Gouvernement d’union nationale, avec les dirigeants des pays du Golfe et arabes, ont traduit un consensus libyen sur le rejet des agressions, le soutien à la souveraineté des États et le refus de l’escalade militaire.
La Tunisie et le rejet de l’escalade
Depuis que l’Iran a mené des frappes militaires sur plusieurs zones des pays du Golfe, le ministère tunisien des Affaires étrangères a publié un communiqué condamnant ces frappes, réaffirmant sa solidarité avec les pays arabes et du Golfe, soulignant l’importance de l’arrêt immédiat des opérations militaires, du respect du principe de la souveraineté des États et de la nécessité d’agir selon une voie négociée et une table de dialogue. Cela a été réaffirmé lors de la réunion d’urgence de la Ligue des États arabes.
Deuxièmement – Calculs des parties et règles d’interaction
Compte tenu de la nature de l’interaction susmentionnée, les positions de ces parties s’inscrivent dans le cadre des calculs, des intérêts et des alliances qui les lient aux deux parties de la crise (l’Iran d’une part, et les États-Unis et Israël d’autre part), et (l’Iran et le Golfe arabe) d’autre part. Pour compléter cela, on peut comprendre les calculs des parties et les contraintes de leurs interactions comme suit :
Le Maroc et la rupture de ses relations avec l’Iran
Au vu de la position du Royaume du Maroc face à la guerre actuelle, que ce soit concernant les frappes américano-israéliennes contre l’Iran ou au niveau de la riposte iranienne et des frappes sur des zones du Golfe arabe, on peut dire qu’elle représente un alignement contre l’Iran. Les relations du Maroc avec l’Iran connaissent un état de tension voire de rupture diplomatique depuis 2018, en raison de plusieurs contradictions d’intérêts stratégiques, dont la plus marquante est le rapprochement irano-algérien dans le dossier du Sahara occidental, ainsi que l’accusation par « Rabat » de la partie iranienne d’entraîner certains membres du « Front Polisario », que ce soit par l’intermédiaire du Corps des Gardiens de la révolution iranienne ou via le « Hezbollah », ce qui constitue une menace pour le Maroc dans son conflit historique pour imposer sa souveraineté sur la région du Sahara occidental.
De plus, compte tenu des intérêts politiques et économiques communs entre le Maroc et les pays du Golfe arabe, et en particulier avec les Émirats arabes unis, qui se sont stratégiquement rapprochés du Maroc au détriment de l’Algérie depuis décembre 2020, le Maroc s’aligne stratégiquement sur les mouvements émiratis et, naturellement, sur les mouvements des pays du Golfe hostiles à l’Iran, surtout à la lumière du soutien du bloc du Golfe arabe à la souveraineté marocaine sur le Sahara, sans oublier les récentes initiatives émiraties pour soutenir le plan « d’autonomie » proposé par le Maroc pour gérer le dossier du Sahara occidental, en vue de faire adopter la résolution n° 2797 du 31 octobre 2025, qui se base sur le principe de « l’autonomie » comme fondement des négociations.
Dans ce cadre, les intérêts supérieurs du Maroc, au premier rang desquels le Sahara occidental, constituent la boussole de sa politique étrangère, une approche exprimée à plusieurs reprises par le Roi « Mohammed VI ». Par conséquent, le soutien aux intérêts marocains dans ce dossier reste tributaire du réseau d’alliances que Rabat a établi depuis décembre 2020, en tête duquel figurent, aux côtés de Washington, (Israël et les Émirats arabes unis).
L’Algérie, les craintes de la pression américaine et les efforts de contournement régional
L’Algérie, qui entretient des relations traditionnellement positives avec l’Iran et agit dans un cadre hostile à Israël, avec une détérioration croissante de ses relations avec les Émirats depuis plus d’un an et demi, interagit désormais avec prudence face à l’escalade actuelle. Elle le fait à travers des signaux plus proches de la position arabe collective qui rejette l’escalade régionale, appelle à la réduction des tensions et à l’importance de soutenir la stabilité et la sécurité de la région. L’interaction pragmatique de l’Algérie avec les développements régionaux et le changement de ses calculs s’inscrivent dans le cadre suivant :
L’implication américaine dans le dossier du Sahara occidental : C’est l’un des déterminants les plus importants de l’interaction algérienne face à l’escalade actuelle (tant pour les frappes américano-israéliennes sur l’Iran qu’au niveau de l’approche iranienne de riposte et de ciblage des intérêts « américains » dans le Golfe arabe). Il s’agit du rôle américain, désormais plus actif, dans la résolution du conflit algéro-marocain. Cela s’est manifesté dans les déclarations de l’envoyé des États-Unis d’Amérique, « Steve Witkoff », qui a affirmé en octobre (2025) que Washington œuvre pour parvenir à un accord de paix entre les deux pays et a fixé un cadre temporel (soixante jours). Bien que réalistement, cela n’ait pas produit de développement visible, cette initiative en elle-même constitue une nouvelle fenêtre de négociation, loin des puissances européennes.
Non seulement cela, mais les États-Unis assument un rôle plus large dans un dossier plus vital (lié au conflit majeur), à savoir leur gestion des cycles de négociation en tant que médiateur pour traiter le dossier du « Sahara occidental ». Cette situation est susceptible de recalculer les positions de l’Algérie face à tout changement régional contraire aux intérêts américains d’une part, ou à ceux liés aux intérêts du Golfe arabe d’autre part. En effet, pour la première fois depuis 2007, la table des négociations dans le cadre du dit (Processus de Madrid) a réuni, les 8 et 9 février 2026 à Madrid, sous la direction de « Massad Boulos », conseiller américain pour les affaires arabes, la délégation marocaine dirigée par le ministre des Affaires étrangères « Nasser Bourita » et une délégation du Front Polisario, en plus de la participation des ministres des Affaires étrangères de l’Algérie et de la Mauritanie (en tant qu’observateurs). Cela vise à rapprocher les points de vue sur la mise en œuvre des résultats de la résolution du Conseil de sécurité n° (2797), Washington faisant pression pour résoudre ce conflit d’ici la mi-2026, en proposant une offre d’accord global qui pourrait se concrétiser en un projet de résolution approuvé par le Conseil de sécurité lors de sa session prévue en octobre 2026.
Le contournement régional à la lumière de l’absence d’un allié stratégique : Depuis la guerre des douze jours (déclenchée entre Israël/Washington et l’Iran en juin 2025), la position prudente de l’Algérie se forme dans le contexte de l’accélération de la redéfinition des cartes d’influence dans la sphère moyen-orientale et des différents équilibres, surtout après le démantèlement des bras et des mandataires (armés) fidèles à l’Iran, et le ciblage direct actuel de l’Iran qui a longtemps constitué un rempart contre Israël et ses tentatives d’expansion régionale. Par conséquent, l’Algérie perd un allié principal, ce qui la pousse à trouver des alternatives de mouvement et à aligner ses interactions sur la position arabe collective. Ainsi, son approche actuelle se fonde sur la conjoncture régionale actuelle et la nature des alliances tissées au cours des six dernières années.
La Libye et le rôle américain croissant : Au niveau libyen, les positions de l’Est et de l’Ouest, tant à travers les communiqués publiés qu’au niveau des communications menées avec les dirigeants des pays du Golfe et arabes, révèlent une cohérence claire et un soutien au Golfe dans le cadre de la riposte iranienne ciblant ses territoires. Les calculs de la position libyenne s’articulent également autour des éléments suivants :
Le besoin de Washington pour gérer les équilibres entre l’Est et l’Ouest de la Libye et pour réaliser une percée dans la crise prolongée : « Washington » joue un rôle accru dans le paysage libyen depuis juillet 2025, et a réussi à s’immiscer dans les dossiers sensibles de l’équation libyenne, dont le plus important est l’accord de développement unifié signé entre la Chambre des représentants et le Haut Conseil d’État (novembre 2025). De plus, ses efforts pour trouver un terrain d’entente concernant la formation d’un gouvernement unifié, comme en témoignent les réunions répétées entre le général « Saddam Haftar », commandant adjoint de l’Armée nationale libyenne, et « Ibrahim Dbeibah », conseiller à la sécurité nationale du Gouvernement d’union nationale, à « Rome » (le 3 septembre 2025) et à « Paris » (le 28 janvier 2026), sous l’égide et la coordination américano-françaises.
Ces mouvements politiques se sont accompagnés d’autres actions menées par le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), dans le cadre de la coordination en cours concernant l’exercice « Flintlock 2026 », prévu en avril 2026 dans la ville de « Syrtle ». Cet exercice constitue en soi une étape de soutien en tant qu’outil permettant de faire avancer le dossier de l’intégration de l’institution militaire – en renforçant progressivement la confiance – comme l’un des objectifs essentiels pour résoudre la crise qui perdure en Libye depuis plus de quinze ans.
Le soutien du Golfe et l’importance du rapprochement : Il existe des intérêts communs entre l’Est et l’Ouest de la Libye avec l’Iran, mais ces intérêts sont plus importants avec les pays du Golfe, en particulier le Qatar, qui est plus largement aligné sur l’Ouest libyen, et avec l’entrée récente de l’Arabie saoudite dans cette équation et la coordination avec Tripoli sur le plan (économique), ou même au niveau de l’Est libyen et de son rapprochement avec les Émirats. Cela met en lumière l’interaction plus proche de la partie du Golfe dans la guerre actuelle.
La Tunisie et la crainte de changements radicaux : Au vu de la position tunisienne, elle tend à adopter un discours diplomatique prudent basé sur le soutien à la voie de l’apaisement, le rejet de l’escalade militaire et l’importance d’agir dans le cadre diplomatique pour résoudre les questions litigieuses. Cela reflète une approche tunisienne fondée sur le maintien d’une distance équilibrée par rapport aux conflits régionaux, notamment dans le cadre de son refus de s’aliéner « Washington » et d’éviter ses pressions concernant le dossier de la normalisation.
Troisièmement – Répercussions potentielles :
Il existe un certain nombre de répercussions possibles que la guerre actuelle pourrait entraîner, entre effets économiques, politiques et stratégiques. On peut les expliquer dans les points suivants :
La pression sur la facture énergétique : L’une des conséquences de la guerre actuelle est la hausse des coûts de l’énergie et l’instabilité des marchés financiers, ce qui représente l’un des défis majeurs pour certains pays de la sphère maghrébine, en particulier les pays dépendants de l’importation d’énergie. Le Maroc apparaît comme l’un des pays les plus susceptibles d’être affectés par le déroulement de l’escalade actuelle, en raison de son impact économique direct sur l’économie marocaine, étant donné la dépendance de « Rabat » aux marchés extérieurs de l’énergie et des denrées alimentaires. Le Maroc importe plus de 90 % de ses besoins énergétiques, et importe d’Arabie saoudite environ 36 000 barils par jour (selon les estimations de décembre 2025), ce qui la place au troisième rang des exportations pétrolières vers le Maroc. L’arrêt de la production ou de l’exportation du pétrole saoudien avec les perturbations actuelles dans le détroit d’Ormuz, la hausse des prix du baril de pétrole, et l’arrêt des exportations de gaz en raison de ce que certaines entreprises comme « QatarEnergy » ont déclaré comme cas de « force majeure » (comme le Qatar), tout cela entraînera une pression sur la facture énergétique et affectera les prix des carburants et le niveau général des prix des biens de consommation, ce qui pourrait probablement conduire à des troubles sociétaux.
Malgré cet impact négatif, la situation d’instabilité au Moyen-Orient pourrait renforcer la position du Maroc en tant que partenaire commercial principal de l’Union européenne sur la rive sud de la Méditerranée, augmentant ainsi le rythme des investissements européens au Maroc pour sécuriser, notamment, les projets d’interconnexion électrique et d’exportation d’hydrogène vert, assurant ainsi les chaînes d’approvisionnement pour la partie européenne.
Cependant, cette question a moins d’impact sur la Libye en raison de ses différentes capacités énergétiques, de même pour l’Algérie qui pourrait réaliser des gains grâce à la hausse actuelle des prix de l’énergie au niveau mondial. Mais pour la Tunisie, les craintes liées à la hausse des prix du pétrole pourraient avoir un impact, bien que cela puisse être atténué étant donné que la Tunisie a effectivement contracté avec l’Algérie et des pays européens en ce qui concerne les contrats d’approvisionnement, comme l’a expliqué le ministre d’État tunisien à l’Énergie, ce qui la rend moins exposée à l’effet de ces changements.
L’expansion du Grand Israël et les craintes algériennes
Le deuxième point, au niveau stratégique, concerne la dépendance de Washington à démanteler l’équation de la sécurité régionale pour soutenir la stratégie du « Grand Israël ». Cela passe par un changement de régime en Iran et des efforts pour frapper ses infrastructures militaires, après avoir considérablement réduit l’espace d’intervention et l’efficacité de ses différents réseaux (bras régionaux). Cette situation redessine les cartes d’influence dans la sphère moyen-orientale. L’Iran a longtemps constitué un rempart contre Israël et ses tentatives d’expansion régionale. Dans la configuration actuelle, le terrain est dégagé pour l’expansion de « l’Alliance sextuple » qu’Israël aspire à former et qui a été officiellement annoncée lors de la visite du Premier ministre indien « Modi » en Israël fin février 2026. Par conséquent, les options et les espaces de mouvement de l’Algérie dans la région pourraient être redéfinis de manière à garantir les intérêts de l’Algérie (qui entretient des relations stratégiques traditionnelles avec l’Iran) d’une part, et à assurer sa présence régionale au sein d’un système dépassant le cadre maghrébin, compte tenu de la détérioration de ses relations avec le Maroc d’autre part.
Cela intervient en réponse au changement de la politique de « Washington » envers l’Iran, passant d’une voie d’endiguement et d’encerclement via l’enracinement du processus des Accords d’Abraham dans le but de former une zone (un espace) de coopération arabo-israélienne hostile à l’Iran, durant le premier mandat du président « Trump » et plus précisément à la fin de son mandat (2020), à un ciblage direct et au démantèlement des bras, ce qui a été clairement manifesté durant son second mandat, allant jusqu’à l’objectif de changer le régime iranien, soit par la pression interne (qui a échoué), soit par la guerre comme cela se produit actuellement. Par conséquent, la position prudente de l’Algérie s’explique par l’anticipation de la redéfinition des cartes d’influence dans la sphère moyen-orientale et des différents équilibres.
Source : Egyptian Center for Strategic Studies
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