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Sahara Occidental : Les coulisses des négociations secrètes pilotées par Washington

Organisée sous l’égide des États-Unis, à l’ambassade américaine, elle a réuni autour de la même table des représentants du Maroc, du Front Polisario, de Algérie et de Mauritanie.

Sous l’impulsion de l’administration Trump, des rencontres confidentielles entre le Maroc et le Front Polisario ont eu lieu début 2026. Si le simple fait de réunir les belligérants est une victoire diplomatique, le fossé entre les positions de Rabat et d’Alger semble plus profond que jamais.

Depuis l’automne dernier, les États-Unis ont considérablement intensifié leur implication dans le dossier du Sahara Occidental. Selon des sources diplomatiques, Washington a orchestré trois cycles de négociations secrètes en moins d’un mois (entre fin janvier et fin février 2026), brisant un gel diplomatique de plusieurs années.

Le retour du « faiseur de paix »

Après avoir reconnu la souveraineté marocaine sur le territoire en 2020, Donald Trump, de retour à la Maison Blanche, cherche à consolider cet acquis tout en ménageant l’Algérie. L’objectif est clair : obtenir un accord définitif d’ici le printemps pour stabiliser la région et contrer l’influence chinoise en Afrique.

Ces réunions, tenues à Washington et Madrid, ont rassemblé les chefs de la diplomatie du Maroc et du Front Polisario, en présence de l’Algérie et de la Mauritanie. C’est une première depuis 2019. Massad Boulos, l’envoyé de Trump pour l’Afrique, mène la danse, reléguant l’ONU à un rôle d’observateur.

Un plan d’autonomie forcé

Sous la pression américaine, le Maroc a retravaillé sa proposition d’autonomie de 2007. Initialement contenu dans un document de trois pages, le plan a été étendu à 38 pages en janvier par les conseillers royaux.

Cependant, les détails qui filtrent révèlent des points de friction majeurs :

L’impasse du « Modèle Portoricain »

Face à l’offre marocaine, le Front Polisario, soutenu par Alger, défend une vision radicalement différente. Le mouvement indépendantiste aspire à un statut d’État libre associé, sur le modèle de Porto Rico vis-à-vis des États-Unis, incluant une constitution propre.

« L’objectif [du Maroc] est de ne laisser aucune ouverture permettant à la région d’évoluer vers l’autodétermination », confie un diplomate chevronné à Middle East Eye.

Une normalisation régionale au point mort

Au-delà du conflit territorial, les États-Unis espèrent provoquer une réconciliation entre le Maroc et l’Algérie, dont les relations sont rompues depuis 2021. Malgré l’optimisme de Steven Witkoff, envoyé de Trump pour le Moyen-Orient, qui prédisait un accord de paix en 60 jours en octobre dernier, aucun signe de rapprochement n’est visible sur le terrain.

Le Maroc, devenu l’allié pilier des États-Unis en Afrique, a d’ailleurs accepté d’intégrer le « Conseil de la Paix » pour la reconstruction de Gaza et d’envoyer des troupes pour la future force de stabilisation internationale dans l’enclave palestinienne.

L’état des lieux : Bien que le dialogue soit rétabli, l’ambiance aux tables de négociation reste électrique. Aucune date n’a encore été fixée pour un quatrième round, laissant planer le doute sur la capacité de Washington à forcer un compromis avant la fin du printemps.

Avec El Confidencial

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