BAPCO, la plus grande raffinerie du Bahreïn, a été atteinte par une attaque iranienne.
La Bahrain Petroleum Company, BAPCO, est en feu. Des missiles et drones iraniens ont atteint l’installation le 5 mars, malgré l’interception par la défense aérienne bahreïnie de 75 missiles et 123 drones lors de la même vague. Ce nombre d’interceptions est le plus élevé en une seule journée pour un État du Golfe dans cette guerre. Les incendies sont confirmés par des vidéos. Les incendies sont réels.
Il faut comprendre ce qu’est BAPCO. Ce n’est pas une abstraction. C’est la raffinerie qui traite la quasi-totalité de la production pétrolière nationale du Bahreïn, située sur une île de 800 kilomètres carrés qui abrite également la Naval Support Activity Bahrain, le quartier général de la Cinquième Flotte américaine. La Cinquième Flotte commande toutes les opérations navales américaines dans le golfe Persique, la mer Rouge, la mer d’Arabie et l’océan Indien. Le commandant de la Cinquième Flotte se réveille chaque matin à environ douze kilomètres de la raffinerie que l’Iran vient de frapper. Si l’on voulait concevoir une cible unique qui communique simultanément avec le marché mondial de l’énergie, la marine américaine et chaque monarchie du Golfe qui observe cette guerre, on concevrait BAPCO.
L’Iran n’avait pas besoin de détruire l’installation pour gagner la décision de ciblage. Le mécanisme de la frappe est l’inversion du coût de vérification appliquée aux infrastructures pétrolières plutôt qu’à l’assurance maritime. Une raffinerie de pétrole qui a été frappée une fois par des missiles iraniens dans une guerre active est une raffinerie qu’aucun souscripteur d’assurance, qu’aucune contrepartie maritime et qu’aucun acheteur en aval ne peut traiter comme une installation fiable sans réévaluer chaque contrat qui la concerne. Les incendies qu’Al Jazeera diffuse ce soir font plus de travail sur le marché des dérivés pétroliers que dans la raffinerie elle-même. L’installation sera réparée. Le fait actuariel de sa vulnérabilité, lui, ne peut pas être réparé.
Bahreïn subit des attaques depuis le 28 février. Le royaume abrite le seul quartier général naval américain dans le théâtre du Golfe. C’est un pays de 1,5 million d’habitants sur une île qui ne peut être défendue en profondeur car elle n’a pas de profondeur. Ses systèmes de défense aérienne sont parmi les plus performants de la région et ils ont intercepté près de 200 projectiles entrants en une seule journée. Six de ces projectiles ont néanmoins atteint la raffinerie. Les missiles intercepteurs coûtent plus chers par munition que les drones qu’ils arrêtent.
L’arithmétique de l’attrition qui a gouverné la position de chaque État du Golfe dans cette guerre a maintenant été démontrée au niveau des infrastructures pétrolières. L’Iran n’a pas besoin de fermer BAPCO. Il a besoin d’établir que BAPCO peut être atteinte chaque fois que l’Iran choisit de l’atteindre. Ce seuil a été franchi le 5 mars. Bahreïn le sait désormais. Le quartier général de la Cinquième Flotte, à douze kilomètres de là, le sait. Tous les bureaux de trading d’énergie qui évaluent le risque du Golfe depuis le 28 février sont en train de le réévaluer ce soir.
Les incendies à BAPCO sont la partie visible. La partie invisible, c’est le chiffre qui a bougé sur le marché des options pétrolières dans les trente minutes suivant la publication de la première vidéo.
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