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L’axe Alger-Riyad-Le Caire : vers un nouveau centre de gravité régional ?

Pour le président Abdelmadjid Tebboune, cette séquence diplomatique renforce la visibilité internationale de l’Algérie.

L’alliance historique entre l’Algérie, l’Arabie Saoudite et l’Égypte brise définitivement les rêves d’isolement d’Alger entretenus par l’axe Maroc-EAU

Le paysage géopolitique du monde arabe et de l’Afrique du Nord connaît une phase de recomposition majeure. Au cœur de cette dynamique, un rapprochement stratégique entre Algérie, Arabie saoudite et Égypte semble redessiner les équilibres traditionnels et susciter de nouvelles tensions régionales, notamment avec Maroc et les Émirats arabes unis.

Un repositionnement diplomatique assumé

Alors que certains observateurs évoquaient récemment un isolement diplomatique d’Alger, les derniers développements indiquent au contraire un resserrement des liens entre les trois capitales. Des consultations politiques et sécuritaires accrues témoignent d’une volonté de coordination sur les grands dossiers régionaux, qu’il s’agisse de sécurité, d’énergie ou de stabilité politique.

Pour Riyad et Le Caire, Alger apparaît comme un partenaire stratégique disposant d’un poids militaire et énergétique significatif sur le continent africain et dans le bassin méditerranéen. Ce rapprochement s’inscrit dans un contexte de recomposition plus large des alliances au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Le dossier du barrage éthiopien, point de crispation

L’un des sujets les plus sensibles demeure la question du Grand barrage de la Renaissance (GERD), construit par l’Éthiopie sur le Nil Bleu. Pour l’Égypte, dont la sécurité hydrique dépend largement du fleuve, le projet représente un enjeu existentiel, partagé en partie par le Soudan.

Le renforcement des relations entre Rabat et Addis-Abeba — capitale de l’Addis-Abeba — a été perçu au Caire comme un signal politique délicat dans ce contexte déjà tendu. De son côté, Alger met en avant ses relations historiques avec l’Éthiopie pour plaider en faveur d’un dialogue régional et d’une solution négociée, se positionnant comme acteur de médiation plutôt que comme partie prenante au conflit.

Coopération énergétique et coordination stratégique

Sur le plan économique, la convergence entre Alger et Riyad s’illustre notamment dans le cadre de OPEP+, où les deux pays participent aux décisions visant à réguler l’offre pétrolière mondiale. Cette coordination contribue à stabiliser les marchés énergétiques dans un contexte international marqué par l’incertitude.

L’Algérie, acteur gazier majeur vers l’Europe, cherche également à consolider son rôle énergétique tout en diversifiant ses partenariats stratégiques. Cette dimension économique renforce la portée géopolitique du rapprochement tripartite.

Le Sahara occidental, ligne de fracture persistante

La question du Sahara occidental demeure l’un des principaux sujets de divergence régionale. Alger continue de défendre le principe d’autodétermination, tandis que Rabat consolide sa position diplomatique à travers des soutiens internationaux, notamment émiratis.

L’évolution des équilibres entre ces différentes puissances arabes pourrait influencer la dynamique au sein des organisations régionales et internationales. Si aucun bloc formel n’a été officiellement proclamé, la multiplication des signaux politiques et diplomatiques suggère l’émergence d’une coordination stratégique durable.

Vers un nouvel équilibre régional ?

Le rapprochement entre Alger, Riyad et Le Caire ne constitue pas, à ce stade, une alliance institutionnalisée. Il traduit toutefois une convergence d’intérêts sur des dossiers clés : sécurité régionale, stabilité énergétique et gestion des crises transfrontalières.

Pour le président Abdelmadjid Tebboune, cette séquence diplomatique renforce la visibilité internationale de l’Algérie. Reste à savoir si cette dynamique aboutira à un véritable axe structurant ou si elle demeurera une coordination pragmatique dictée par les circonstances régionales.

Dans un environnement marqué par les rivalités d’influence et les recompositions stratégiques, le Maghreb et le Moyen-Orient entrent manifestement dans une nouvelle phase où les équilibres traditionnels sont appelés à évoluer.

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