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Algérie : La France virée du projet gazier de Touat

Le champ est entré en phase de production initiale en février 2019, avant d’être livré définitivement au début de l’année 2020, devenant progressivement l’un des principaux champs producteurs en Algérie

L’Algérie tourne la page “Engie” et ouvre la porte à un nouveau partenaire asiatique la société thaïlandaise PTTEP

L’entreprise française Engie quitte officiellement le projet gazier de Touat, dans la wilaya d’Adrar, à la suite de la publication d’un décret présidentiel approuvant un nouvel avenant contractuel au sein du partenariat. Cette décision ouvre concrètement la voie au remplacement de la participation française par celle de la société thaïlandaise PTTEP, dans une démarche qui reconfigure l’équilibre des partenaires au sein de l’un des principaux champs gaziers productifs du sud algérien.

Le décret présidentiel n° 26-102, daté du 29 Chaâbane 1447 correspondant au 17 février 2026, et publié au Journal officiel n° 15 du 24 février 2026, approuve l’avenant n° 5 au contrat signé le 10 juillet 2002 relatif à la recherche, à l’évaluation et à l’exploitation des hydrocarbures dans la zone dite « Touat », comprenant les blocs 1352 et 353. Selon le texte du Journal officiel, l’avenant adopté a été conclu en novembre 2025 entre Sonatrach et la société par actions concernée. Il est mis en œuvre conformément à la législation et à la réglementation en vigueur, conférant ainsi au retrait français une couverture juridique et réglementaire complète.

Le champ de Touat est situé dans la région de Timimoun, dans la wilaya d’Adrar, et fonctionne sous la forme d’un contrat de partage de production. Les données disponibles indiquent des réserves restantes estimées à environ 1,92 trillion de pieds cubes de gaz naturel, ainsi que 5,4 millions de barils de condensats. Ces chiffres expliquent l’importance stratégique du champ dans le portefeuille gazier algérien, tant pour l’approvisionnement du marché intérieur que pour le respect des engagements à l’exportation.

Au niveau du partenariat, les opérations sont actuellement réparties entre Sonatrach avec 35 %, Eni avec 42,9 %, et Engie avec 22,1 %, participation qui sera transférée à PTTEP une fois les procédures de cession finalisées. Parallèlement à cette redistribution des parts, l’intégralité du gaz produit continue d’être vendue à Sonatrach, maintenant ainsi la décision de commercialisation et d’orientation entre les mains de la compagnie nationale et renforçant le contrôle souverain sur les flux de production.

Le champ est entré en phase de production initiale en février 2019, avant d’être livré définitivement au début de l’année 2020, devenant progressivement l’un des principaux champs producteurs en Algérie. Les données d’exploitation indiquent une capacité quotidienne d’environ 13 millions de mètres cubes, soit une production annuelle dépassant 4,5 milliards de mètres cubes, ce qui en fait un élément significatif du bilan gazier national.

Toutefois, le projet a connu des perturbations depuis l’automne 2021, lorsque le pompage du gaz a été interrompu en raison d’une contamination de l’installation de traitement par du mercure, un facteur technique particulièrement sensible dans l’industrie du traitement du gaz. Par la suite, Eni a investi dans des opérations de dépollution, permettant une reprise progressive de la production à partir du premier trimestre 2024, remettant ainsi le champ sur la voie de l’exploitation et accélérant le retour aux niveaux visés.

Le départ d’Engie s’inscrit dans un contexte plus large de recomposition de la présence des entreprises françaises sur le marché algérien ces dernières années, face à la montée en puissance d’autres acteurs plus actifs dans l’investissement énergétique, notamment en provenance d’Europe et d’Asie. Avec l’entrée de PTTEP, le partenariat s’oriente vers une diversification accrue des partenaires étrangers, tandis que Sonatrach demeure le moteur opérationnel et commercial, garantissant un équilibre entre l’attraction des investissements et la protection des intérêts nationaux.

Ainsi, ce retrait ne se limite pas à un simple changement de partenaire. Il revêt une portée plus large, liée à la gestion des partenariats dans un secteur stratégique et à la capacité de l’Algérie à réorganiser ses contrats en fonction des équilibres techniques et financiers, tout en réaffirmant le principe de maîtrise de la commercialisation et de l’orientation de la production, à un moment où les marchés mondiaux du gaz sont particulièrement sensibles à toute perturbation des approvisionnements.

Source : Tadamsa

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