Iran : Quelles armes face à l’agression israélo-yankee?

L'Iran brandit ses missiles, drones et sous-marins face à l'escalade militaire américano-israélienne

L’Iran brandit ses missiles, drones et sous-marins face à l’escalade militaire américano-israélienne

Ce samedi 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes sur plusieurs villes iraniennes, marquant le début d’une opération militaire préparée depuis des mois selon Jérusalem. Une escalade qui met en lumière l’arsenal dont dispose Téhéran pour riposter : drones kamikazes Shahed, missiles à longue portée et flotte de sous-marins.

L’opération qualifiée de « massive et en cours » par le président américain Donald Trump a débuté ce week-end. Les Gardiens de la révolution islamique ont immédiatement répliqué, visant six bases militaires américaines à Dubaï, au Bahreïn, aux Émirats arabes unis, au Qatar, en Jordanie et en Irak, selon l’agence iranienne Fars. Une « première vague » de drones et de missiles a également été envoyée vers Israël, où plusieurs explosions ont été signalées.

Dans une déclaration de huit minutes, le chef de la Maison-Blanche a affirmé vouloir « raser l’industrie des missiles iraniens et annihiler son armée », tout en reconnaissant que « des vies d’héros américains courageux pourraient être perdues ».

Des drones Shahed qui inquiètent jusqu’aux États-Unis

Les drones iraniens constituent une « menace crédible » pour les bâtiments américains déployés dans la région, notamment pour les porte-avions, alertait fin janvier sur Fox News Cameron Chell, responsable du fabricant canadien Draganfly, fournisseur de l’armée américaine.

« Si des centaines de drones sont lancés dans un court laps de temps, certains seront presque assurés de réussir », avertissait-il. L’Iran utilise principalement ses drones Shahed, des appareils « kamikazes » d’attaque longue portée à usage unique, dotés d’une ogive. « La force de l’Iran réside dans ces systèmes à faible coût et à volume élevé », ajoutait le constructeur, soulignant que « les systèmes de défense modernes n’ont pas été conçus à l’origine pour contrer ce type d’attaque par saturation ».

Les navires de surface américains opérant près des côtes iraniennes constituent selon lui des « cibles privilégiées », leur lenteur et leur identification facile au radar les rendant particulièrement vulnérables.

Des missiles capables de frapper à 2500 km

« L’industrie iranienne des missiles a enregistré des succès remarquables », confiait à TV5MONDE Bernard Hourcade, géographe et spécialiste de l’Iran. « Actuellement, les missiles iraniens sont capables de toucher une cible à 2500 km avec une très grande précision. »

Cette capacité s’ancre dans l’histoire douloureuse du pays. « L’Iran est un des rares pays du monde à avoir subi une guerre des missiles en 1987-88 alors qu’il n’avait pas de quoi répliquer. Dès les années 80, les militaires iraniens ont estimé qu’il était indispensable de développer une industrie nationale de missiles », détaillait l’expert.

La télévision iranienne diffuse régulièrement des images de systèmes de missiles mobiles transportés par des camions, stationnés dans de grands tunnels non identifiés, témoignant d’une stratégie de dispersion et de dissimulation.

Des faiblesses persistantes dans la défense aérienne

Ces missiles constituent toutefois « les seules armes dont ils disposent, leur seul moyen de défense », nuançait Bernard Hourcade, pointant la faiblesse des systèmes de défense aérienne et anti-missile. Ces lacunes ont été aggravées après la guerre de douze jours menée par Israël et les États-Unis en juin 2025.

L’armée israélienne a d’ailleurs annoncé ce samedi avoir frappé « des centaines de cibles militaires iraniennes, y compris des lanceurs de missiles dans l’ouest de l’Iran ».

« En l’espace de six mois, l’Iran a été intensément aidé par la Chine, qui leur a fourni des missiles, des systèmes de défense antimissile et aérienne », expliquait le géographe. « Malgré cela, l’Iran n’a pas les radars qu’il faut ni des systèmes de défense aérienne suffisamment développés pour protéger un territoire qui fait deux fois et demi la France. »

Les sous-marins, arme de dissuasion discrète

Si la Marine iranienne est peu développée, elle pourrait tirer parti de ses submersibles. Téhéran dispose de 28 à 30 sous-marins, bien qu’aucun ne soit à propulsion nucléaire. Le pays a tenté d' »élargir et de moderniser sa flotte sous-marine mais le projet a été sapé par des problèmes et des retards », affirme l’ONG The Nuclear Threat Initiative (NTI).

L’Iran possède trois sous-marins de classe Kilo, construits en Russie, longs de 74 mètres, capables de lancer des missiles de croisière anti-navires et des torpilles. « L’Iran a réaménagé les trois sous-marins en 2012 mais a du mal à les maintenir en service depuis », tempère l’ONG dans un rapport de septembre 2025.

Le pays dispose également d’une flotte de 23 mini sous-marins de classe Ghadir, équipés de torpilles et de missiles, qui pourraient dissuader les porte-avions américains de s’approcher trop près des côtes iraniennes.

La menace du détroit d’Ormuz

L’Iran a menacé de bloquer le passage stratégique du détroit d’Ormuz, où transite 1/5e du pétrole et du gaz mondial. Téhéran pourrait utiliser ses sous-marins et navires pour miner le détroit. En juillet 2025, l’armée iranienne avait chargé à bord de navires des mines navales, quelques jours après la guerre de douze jours menée par Israël, sans toutefois les mettre en place.

Face à face avec l’armada américaine

En face, les États-Unis ont déployé une imposante force au Moyen-Orient, comprenant le porte-avions USS Abraham Lincoln et son escorte au large des côtes iraniennes, ainsi que l’USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde de nouvelle génération, positionné en Méditerranée au large d’Israël avec sa flottille.

Des avions ravitailleurs et de combat ont été repositionnés ces dernières semaines depuis la base de l’US Air Force au Royaume-Uni, et des systèmes de défense aérienne ont été acheminés dans les pays de la région, selon CNN. Des unités militaires américaines, devant normalement quitter la région, ont vu leurs contrats prolongés.

Parallèlement à ce déploiement militaire, trois sessions de pourparlers ont eu lieu entre les États-Unis et les négociateurs iraniens, la dernière s’étant tenue ce jeudi 26 février à Genève sans avancées notables.

Plusieurs rapports des services de renseignement américains fournis à Donald Trump affirmaient ces dernières semaines que « l’emprise du gouvernement iranien sur le pouvoir était à son point le plus faible depuis le renversement du Shah, lors de la révolution de 1979 », selon le New York Times.

Le régime iranien, confronté depuis le 28 décembre à une révolte populaire réprimée dans le sang, semble donc jouer sa survie dans cette confrontation militaire avec les États-Unis et Israël.

Source : TV5 Monde, 28/02/2026

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