La visite d’un influenceur saoudien en Algérie ravive les tensions médiatiques avec le Maroc

Khalid Alolyan continue de partager des images d’une Algérie qu’il présente comme prospère et tournée vers l’avenir.

Alger – La récente visite en Algérie de Khalid Alolyan, influenceur saoudien suivi par près de deux millions de personnes sur les réseaux sociaux, a provoqué des remous au-delà des frontières algériennes. Si son séjour visait à découvrir les infrastructures et les paysages du pays, il a surtout déclenché une vive polémique avec le voisin marocain, ravivant les tensions latentes entre Rabat et Alger.

Selon des observateurs, les autorités marocaines auraient tenté, en amont de cette visite, de dissuader le youtubeur de se rendre en Algérie. La raison invoquée ? La crainte que ce dernier, après un passage au Maroc, n’établisse une comparaison directe entre les deux nations, mettant en lumière les avancées algériennes en matière de développement, notamment dans le secteur des infrastructures.

Dès son arrivée à l’aéroport international Houari-Boumediene d’Alger, l’influenceur a partagé avec sa communauté des images vantant la modernité du terminal, dont un responsable a souligné la capacité d’accueil de 10 millions de voyageurs par an, en plus de deux autres aérogares dédiées aux vols internationaux. Une vitrine qui, selon des commentateurs algériens, viendrait contrecarrer des décennies de discours au Maroc présentant l’Algérie comme un pays en retard.

Une campagne acharnée sur les réseaux

La visite de Khalid Alolyan n’a pas été de tout repos. L’influenceur a été la cible de ce que certains médias algériens qualifient de « campagne acharnée » de la part d’internautes proches du « Makhzen » (terme désignant l’establishment marocain). Ces attaques numériques viseraient, selon la même source, à détourner l’attention de l’opinion publique marocaine de sujets internes brûlants.

Parmi ces sujets de controverse au Maroc, deux affaires récentes agitent la société : l’importation de boyaux de porc durant le mois sacré de Ramadan, et l’interdiction d’apposer la profession de foi musulmane sur les véhicules de transport funéraire. Ces décisions sont perçues par une partie de la population comme des mesures affaiblissant les symboles islamiques dans le royaume.

Accusations de « colonisation israélienne »

Le commentaire algérien, repris dans plusieurs publications, va plus loin en accusant « les nouveaux colonisateurs israéliens d’origine marocaine » de chercher à prendre possession de biens au Maroc. Il met en cause André Azoulay, conseiller du roi Mohammed VI, décrit comme un « sioniste » missionné pour placer le Maroc sous « tutelle israélienne ». Ces accusations, très graves, font écho aux tensions géopolitiques liées à la normalisation des relations entre le Maroc et Israël.

Une fenêtre sur l’Algérie

Pendant ce temps, à Alger, Khalid Alolyan continue de partager des images d’une Algérie qu’il présente comme prospère et tournée vers l’avenir. Métros, tramways, autoroutes et projets industriels sont mis en avant, renforçant l’image d’un pays qui se positionne comme un futur pôle attractif pour les investisseurs étrangers.

Cette mise en lumière intervient dans un contexte où, selon certaines voix algériennes, le peuple marocain serait maintenu dans l’ignorance des réalités de son voisin par la propagande d’État. Des figures de l’opposition, notamment issues de la région du Rif, appellent depuis des années à une prise de conscience collective pour « arracher leurs droits » et en finir avec la monarchie.

Cette visite, au-delà du simple voyage touristique, s’est ainsi transformée en un nouvel épisode de la guerre médiatique que se livrent les deux puissances maghrébines, sur fond de rivalités diplomatiques et de visions politiques antagonistes.

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