Mauritanie : L’Algérie est le choix » ou pas de choix

Entre ceux qui voient en l’Algérie un « partenaire fiable sans ambitions expansionnistes » et ceux qui prônent la diversification diplomatique, la discussion se poursuit en Mauritanie.

Nouakchott – Un texte analytique publié début 2012 sous le titre « L’Algérie est le choix ou pas de choix » refait surface dans le débat politique et médiatique mauritanien, plus d’une décennie après sa parution. Cette réapparition intervient dans un contexte régional marqué par un regain de discussions sur l’orientation diplomatique de la Mauritanie et le renforcement de sa coopération avec l’Algérie.

L’article, qui avait suscité à l’époque des réactions contrastées, circule à nouveau alors que les observateurs évoquent une « nouvelle phase » dans les relations entre la Mauritanie et l’Algérie. Celle-ci se traduit notamment par des visites réciproques de haut niveau et la signature d’accords de coopération dans les domaines du transport, du commerce, de l’énergie et de la finance.

Relecture d’un ancien texte dans un nouveau contexte

Des analystes du Maghreb estiment que la redécouverte de ce texte s’inscrit dans les mutations géopolitiques que connaissent le Sahel et l’Afrique du Nord, marquées par des défis sécuritaires et économiques croissants. Les défenseurs de la thèse avancée dans l’article considèrent l’Algérie comme une « profondeur stratégique naturelle » pour la Mauritanie, invoquant des liens historiques, culturels et géographiques.

À l’inverse, certains critiques jugent le ton du texte trop tranché et appellent à une approche plus nuancée, tenant compte de la diversité des partenariats régionaux et internationaux de la Mauritanie.

Jalons historiques dans la mémoire commune

L’article rappelle plusieurs épisodes marquants des relations bilatérales depuis l’indépendance. Il cite notamment des déclarations attribuées à l’ancien président mauritanien Moktar Ould Daddah sur l’appui algérien dans la formation administrative, militaire et financière durant les premières décennies de l’État mauritanien.

Le texte évoque également le rôle du président algérien Houari Boumédiène dans le soutien à l’adhésion de la Mauritanie à la Ligue arabe lors du sommet d’Alger en 1973, ainsi que des positions algériennes qualifiées de « favorables à la stabilité mauritanienne » lors de périodes régionales sensibles.

Coopération contemporaine

Parmi les initiatives récentes mises en avant :

  • L’ouverture du poste-frontière mauritano-algérien
  • Le projet routier Tindouf–Zouerate
  • L’inauguration de la première succursale d’une banque algérienne à Nouakchott

Des observateurs estiment que ces projets traduisent une volonté commune de renforcer l’intégration économique et de faciliter les échanges humains et commerciaux.

Le dossier du Sahara occidental en toile de fond

La question du Sahara occidental demeure présente dans le débat, l’article rappelant la position algérienne en faveur du droit à l’autodétermination, un sujet qui continue de diviser la scène maghrébine.

Entre souveraineté et équilibres régionaux

Le débat actuel s’articule autour d’une interrogation centrale :

-Le rapprochement avec l’Algérie constitue-t-il un choix stratégique exclusif ou s’inscrit-il dans une politique d’équilibre plus large menée par la Mauritanie ?

-Entre ceux qui voient en l’Algérie un « partenaire fiable sans ambitions expansionnistes » et ceux qui prônent la diversification diplomatique, la discussion se poursuit.

Conclusion

La résurgence de cet article illustre la persistance de la sensibilité autour du positionnement régional de la Mauritanie. Elle confirme également que les relations mauritano-algériennes restent un thème structurant du débat public, à l’heure où la région fait face à des enjeux de sécurité, de développement et d’intégration.

Par Mohamed Salem Ould El Yaakoubi (article résumé)

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