
Né en 1953, Xi Jinping appartient à la génération dite des « princelings », ces enfants de hauts dirigeants révolutionnaires chinois. Selon le témoignage d’un universitaire américain d’origine chinoise, ancien proche de Xi, cité par un câble américain, le futur dirigeant se serait distingué très tôt par une ambition « exceptionnelle », une grande confiance en lui et une détermination sans faille.
Une jeunesse façonnée par l’élite du Parti
Fils de Xi Zhongxun, ancien vice-Premier ministre et figure de la première génération révolutionnaire, Xi grandit dans les résidences réservées aux cadres du Parti à Pékin. Cet environnement, décrit comme une « mini-société strictement classifiée », inculque aux enfants de dirigeants le sentiment d’appartenir à une élite destinée à gouverner.
La Révolution culturelle bouleverse cet univers. Comme d’autres familles de hauts responsables, celle de Xi subit purges et disgrâce. Son père est emprisonné, et Xi est envoyé à la campagne. Là où certains jeunes cherchent à « rattraper le temps perdu », Xi aurait choisi, selon son ancien ami, de « devenir plus rouge que les rouges ».
Choisir le système
En 1974, alors que son père est encore détenu, Xi adhère au Parti communiste chinois. Une décision vécue comme une rupture par certains de ses proches, mais interprétée par d’autres comme une stratégie de survie et d’ascension. Xi poursuit ensuite un parcours mêlant passage par l’Armée populaire de libération et fonctions administratives.
Jugé « réservé », « difficile à lire », mais doté d’un « esprit solide » et d’une compréhension aiguë du pouvoir, Xi apparaît comme un homme méthodique. Plutôt que de rester dans l’appareil central à Pékin, il opte pour des postes en province — Hebei, Fujian, Zhejiang, puis Shanghai — considérant cette trajectoire comme « la seule voie vers le pouvoir central ».
Pragmatique plus qu’idéologue
Le portrait dressé insiste sur un Xi « suprêmement pragmatique », davantage guidé par le réalisme, l’ambition et la « protection de soi » que par l’idéologie. Il serait profondément marqué par son héritage familial et convaincu que la stabilité sociale et la puissance nationale reposent sur un Parti communiste fort et discipliné.
L’universitaire évoque également un sentiment de « légitimité historique » partagé par certains princelings : celui d’être les héritiers naturels de la révolution chinoise.
Rapport au pouvoir, à l’argent et au monde extérieur
Décrit comme personnellement incorruptible et indifférent à l’argent, Xi pourrait toutefois, selon cette source, être « corrompu par le pouvoir ». Au début de sa carrière, il aurait manifesté un intérêt prononcé pour le mysticisme bouddhiste, le qigong et certains sites sacrés.
Familier de l’Occident — famille à l’étranger, voyages, visite aux États-Unis en 1987 — Xi est présenté comme ayant une vision globalement favorable des États-Unis, sans fascination particulière. Son long passage au Fujian lui aurait en outre permis de développer une bonne compréhension de Taïwan et des dynamiques économiques transdétroit.
Source : Wikileaks
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