Algérie : Zone franche de Tindouf, un pivot pour les échanges interafricains

L’initiative algérienne s’inscrit dans une logique plus vaste d’intégration économique africaine et de dynamisation des échanges intra-africains. L’objectif est double : offrir à la Mauritanie et aux marchés voisins une route commerciale fiable et compétitive.

L’Algérie s’inscrit dans une vision stratégique d’ouverture économique et de rapprochement régional en renforçant ses infrastructures et en développant des zones économiques spécialisées destinées à impulser les échanges intra-africains. Au cœur de cette dynamique figure la zone franche algéro-mauritanienne de Tindouf, projet emblématique des ambitions du pays pour diversifier ses échanges hors hydrocarbures et redéployer son commerce vers l’Afrique subsaharienne, notamment vers le marché mauritanien et, au-delà, vers l’Afrique de l’Ouest. L’objectif est clair : créer un cadre stable, efficace et attractif pour les opérateurs privés, les investisseurs et les flux logistiques, afin de transformer une logique de passage ponctuel en une circulation commerciale régulière et durable.

L’initiative algérienne de Tindouf s’inscrit dans une logique plus vaste d’intégration économique africaine et de dynamisation des échanges intra-africains. L’objectif est double : offrir à la Mauritanie et aux marchés voisins une route commerciale fiable et compétitive, tout en positionnant l’Algérie comme hub logistique et industriel stratégique pour le sud-ouest du continent. Si les travaux progressent conformément au planning et que les échanges s’inscrivent dans une dynamique durable, la zone franche de Tindouf pourrait devenir un vecteur de croissance régional, un miroir du potentiel africain et un symbole concret de la ZLECAf en action.

La mise en œuvre accélérée du chantier répond à deux impératifs majeurs. D’abord, couper l’élan de l’irrégularité des échanges à travers les frontières et sécuriser des corridors logistiques qui réduisent les coûts et les délais de transport. Ensuite, s’insérer dans le cadre plus large de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui appelle à une intégration commerciale accrue et à une meilleure circulation des marchandises à travers le continent. Dans ce cadre, Tindouf est envisagée comme une porte d’entrée opérationnelle vers le sud-ouest saharien et comme un pivot logistique capable de capter des flux récurrents et de faciliter les activités commerciales sur le long terme.

Sur le plan institutionnel et réglementaire, le cadre est désormais posé. Le décret exécutif de 2024 précise l’implantation de la zone près du poste frontalier Mustapha Ben Boulaid, à environ 75 kilomètres au sud du chef-lieu de wilaya, sur une superficie estimée à 200 hectares. Cette zone autorise des activités commerciales orientées vers l’exportation et prévoit des espaces dédiés aux services publics, ce qui traduit une intention de créer une infrastructure économique complète, capable d’accueillir les entreprises, les opérateurs logistiques et les services publics utiles au bon fonctionnement du site.

Au cœur de l’architecture du projet se trouve le corridor routier Tindouf–Zouérate. Sans une logistique fluide et des accès efficaces, la zone franche ne serait qu’un espace de commerce isolé. L’intégration zone–route permet de réduire les distances économiques, de sécuriser l’acheminement et de rendre l’option terrestre compétitive pour les opérateurs. Des réunions de suivi bilatéral ont été organisées, afin de maintenir le chantier sur les rails et d’éviter qu’il ne devienne le maillon faible du dispositif.

Pour l’Algérie, l’intérêt est stratégique et multiple. Au-delà d’une ouverture économique vers le Sud, le projet vise à diversifier davantage les exportations hors hydrocarbures et à consolider une chaîne d’approvisionnement plus sûre et plus proche des marchés ouest-africains. En parallèle, la Mauritanie apparaît comme un partenaire direct, avec Tindouf agissant comme une passerelle efficace vers l’Afrique de l’Ouest, et en particulier vers les marchés mauritaniens et leurs voisins régionaux.

L’attention est aussi portée sur la dynamique régionale : la zone franche de Tindouf constitue un levier pour faire émerger une plateforme commerciale structurée, capable d’encourager des échanges réguliers et d’établir des flux stables entre les économies voisines. Pour y parvenir, les opérateurs économiques attendent une mise en service progressive, des procédures claires, des délais respectés et une logistique adaptée — stockage, transport, formalités douanières — afin que la plateforme réponde rapidement aux attentes des investisseurs et des acteurs du commerce.

B. C.

Le Maghreb.dz

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