Les marchés pétroliers ont clôturé la semaine sur une note positive. Vendredi soir, le baril a frôlé les 72 dollars, un niveau inédit depuis fin juillet 2025. Une progression qui, si elle se maintient, pourrait offrir à l’Algérie une marge budgétaire appréciable par rapport au prix de référence fixé à 60 dollars dans la loi de finances 2026.
Le Brent, référence mondiale et indicateur clé pour le brut algérien, a terminé la semaine à 71,76 dollars le baril, en légère hausse. Ce seuil marque un retour à des niveaux que le marché n’avait plus atteints depuis plusieurs mois.
Tensions géopolitiques et baisse des stocks
Pour l’expert en énergie Baghdad Mendouch, plusieurs facteurs expliquent cette dynamique. En premier lieu, les tensions géopolitiques persistantes, notamment entre les États-Unis et l’Iran, ravivent les craintes sur la stabilité des approvisionnements mondiaux.
Autre élément déterminant : la diminution récente des stocks commerciaux de brut aux États-Unis, qui a contribué à soutenir les prix en renforçant les anticipations de demande.
Le rôle de l’OPEP+
La stratégie de l’OPEP+ continue également d’influencer le marché. Bien que des hausses de production aient été décidées, l’absence de nouvelles augmentations jusqu’à la fin mars prochain limite l’offre additionnelle. Un facteur haussier, d’autant que l’alliance représente plus de 45 % de la production mondiale.
Des effets directs sur les recettes algériennes
Pour l’Algérie, chaque dollar supplémentaire au-dessus du prix de référence se traduit par des recettes additionnelles. Avec un Brent proche de 72 dollars, le différentiel atteint au moins 10 dollars par baril.
Le brut algérien, le Sahara Blend, bénéficie en outre d’une prime de qualité. Classé parmi les bruts légers et à faible teneur en soufre, il s’échange généralement avec un différentiel positif de 2 à 6 dollars au-dessus du Brent. Dans les conditions actuelles, les gains supplémentaires pourraient ainsi varier entre 10 et 17 dollars par baril par rapport au prix budgétaire.
Un double avantage avec le gaz
L’impact favorable ne concerne pas uniquement le pétrole. Les prix du gaz naturel, souvent corrélés à ceux du brut, tendent également à progresser dans ce contexte. Une évolution qui ouvre la voie à des recettes extérieures accrues pour l’Algérie, grand exportateur d’hydrocarbures via Sonatrach.
Perspectives
Selon Mendouch, la tendance pourrait se prolonger. Les prix actuels reflètent des contrats à terme applicables dans un à deux mois, période correspondant à l’entrée dans les saisons printanière et estivale, traditionnellement marquées par une hausse de la demande en carburants et en énergie.
Si ces niveaux se confirment, l’Algérie pourrait bénéficier d’un bol d’air budgétaire significatif, renforçant les capacités de financement de la trésorerie publique et offrant davantage de flexibilité économique dans un environnement mondial incertain.
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