Site icon Maghreb Online

Marianne : Enquête sur les pratiques de Forbes France

Marianne examine les méthodes éditoriales et commerciales de Forbes France, déclinaison lancée en 2016 sous licence du magazine américain Forbes. L’enquête révèle une confusion persistante entre journalisme et publicité, où des contenus présentés comme rédactionnels seraient en réalité achetés par des entreprises, entrepreneurs ou institutions.

Des journalistes du magazine témoignent d’un malaise interne : ils subissent des accusations d’être « achetés » lorsque leurs articles ressemblent à des promotions déguisées.

Le système « Brandvoice » : publirédactionnel institutionnalisé

Forbes France commercialise des articles via la mention « Brandvoice », censée signaler un contenu sponsorisé.

Tarifs évoqués :

Problème soulevé : certains contenus payants seraient publiés sans cette mention, trompant ainsi le lecteur sur leur nature publicitaire.

Malgré les dénégations du PDG Dominique Busso, l’enquête affirme disposer de factures et échanges internes attestant la vente de couvertures et d’articles non signalés comme sponsorisés.

L’affaire Magali Berdah

L’article revient sur la polémique autour de Magali Berdah :

Des sources internes suggèrent que la présence de Berdah dans un classement Forbes pourrait avoir été un « cadeau commercial » pour encourager d’autres achats (soirées, sponsoring), ce que son entourage conteste.

Un « vernis de crédibilité » pour profils controversés

L’enquête décrit des cas où Forbes France aurait offert une visibilité flatteuse à des entrepreneurs ensuite mis en cause :

Un avocat dénonce la responsabilité morale du média, même lorsque la mention Brandvoice apparaît.

Articles favorables liés à des partenariats commerciaux

Des échanges internes montrent :

Exemple Ipsos : articles négociés comme contrepartie

Des emails évoquent un package à 20 000 € avec Ipsos :

Après annulation :

Forbes accepte certaines conditions.

Rôle clé de Thuy Nguyen

Des sources internes désignent Thuy Nguyen, directrice marketing, comme architecte de packages commerciaux agressifs visant à maximiser les revenus éditoriaux sponsorisés.

La maison mère américaine jugée trop confiante

Forbes France doit renouveler sa licence tous les cinq ans auprès de Forbes US. La charte américaine insiste sur :

Des salariés estiment que New York contrôle insuffisamment la franchise française.

Articles lifestyle échangés contre avantages

L’enquête accuse Dominique Busso de :

Un échange d’emails montre un collaborateur menaçant :
→ « pas d’article sur votre entreprise » après refus d’hébergement.

Busso aurait aussi bénéficié d’invitations dans des établissements de prestige (ex : Ultima Capital).

Traitement privilégié du Maroc

Analyse du site Forbes France :

Certains contenus sont jugés extrêmement élogieux, occultant les critiques sur libertés et réalités économiques.

Abdelmalek Alaoui et soupçons de propagande

L’enquête évoque Abdelmalek Alaoui :

Question posée :
→ Forbes France a-t-il relayé, volontairement ou non, des contenus relevant de la propagande d’État ?

Dominique Busso affirme ne pas connaître personnellement tous les contributeurs.

Conclusion implicite de l’enquête

L’article dresse le portrait d’un média où :

✔ la monétisation éditoriale serait massive
✔ les frontières publicité / information seraient brouillées
✔ la crédibilité journalistique serait fragilisée
✔ les risques pour les lecteurs et investisseurs seraient réels

Le titre résume l’accusation :
« Cash machine » financière → « Crash » déontologique

Quitter la version mobile