Les emails rendus publics par le Department of Justice, ont révélé les efforts déployés par Jeffrey Epstein pour aider Karim Wade, fils de Abdoulaye Wade, après sa condamnation pour corruption au Sénégal.
En septembre 2015, quelques mois après la condamnation de Wade pour enrichissement illicite, une collaboratrice nommée Elisabeth Feliho contacte Epstein. Elle lui demande d’envoyer 100 000 USD à une société capable de faire du lobbying aux États-Unis et à l’ONU, afin de :
- plaider pour la libération de Wade,
- améliorer sa réputation internationale.
Epstein, feignant d’abord ne pas reconnaître l’expéditrice, entretenait pourtant avec Wade une relation suivie depuis plusieurs années.
Une amitié nouée dès 2010
Les emails montrent que la relation entre Epstein et Wade remonte à fin 2010. Epstein écrit alors qu’« le président du Sénégal envoie son fils le voir à Paris ».
En 2011, Epstein prévoit un voyage en Afrique de l’Ouest avec Wade et Sultan Ahmed bin Sulayem, dirigeant de DP World.
Les échanges reflètent une proximité personnelle : plaisanteries privées, discussions sur l’immobilier au Maroc, etc.
Repositionnement après la défaite présidentielle (2012)
Après la défaite électorale de son père en 2012, Karim Wade sollicite Epstein pour des conseils d’affaires.
Ils évoquent :
- la création d’un SPAC (structure d’investissement cotée sans activité initiale),
- puis une société plus classique destinée à investir en Afrique.
Un projet nommé “Project Pearl” est mentionné, possiblement lié à une entité hongkongaise (Pearl Capital Investments Ltd), mais les documents fournis ne permettent pas d’identifier précisément le rôle d’Epstein.
Arrestation et procès pour corruption
- Avril 2013 : Wade est arrêté pour enrichissement illicite.
- 2014 : Epstein reçoit une facture du cabinet d’avocats de Wade demandant 500 000 USD, adressée à Southern Trust Company, la société d’Epstein.
- Mars 2015 : Wade est condamné à six ans de prison.
Mobilisation internationale
Les emails indiquent qu’Epstein :
- consulte Thorbjorn Jagland, alors secrétaire général du Council of Europe, sur une éventuelle saisine de la European Court of Human Rights ;
- suit des démarches diplomatiques et de lobbying.
En 2015, un organe du UN Human Rights Council qualifie la détention de Wade d’arbitraire.
Un lobbyiste américain, Robert Crowe, évoque des pressions exercées sur le président sénégalais Macky Sall, avec l’appui de diplomates américains.
🕊️ Libération et exil (2016)
- Juin 2016 : Wade est gracié par le Sénégal et part en exil au Qatar.
- Bin Sulayem informe Epstein de sa libération.
- Nina Keita, impliquée dans les démarches, remercie Epstein.
Tentatives de réhabilitation
Après la libération de Wade, Epstein tente de renforcer son image en proposant une rencontre à Doha avec Larry Summers.
Dans un email, Epstein :
- minimise la condamnation de Wade, la qualifiant de politique,
- loue son charisme et son influence en Afrique.
Ce que révèle l’article
L’enquête met en lumière :
-Le rôle d’Epstein comme intermédiaire et facilitateur international
– Ses connexions politiques, diplomatiques et financières mondiales
– Son implication dans :
- le financement juridique,
- le lobbying,
- la gestion de réputation d’un acteur politique étranger condamné.
Elle illustre aussi la portée du réseau d’Epstein, bien au-delà de ses affaires criminelles connues.
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