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Affaire Epstein : ce que révèle la première enquête française (2019-2023)

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Le parquet de Paris a par ailleurs annoncé la désignation de « magistrats référents » chargés d’analyser « d’éventuelles infractions liées à des ressortissants français » dans le cadre de l’affaire Jeffrey Epstein.

Le parquet de Paris a annoncé samedi 14 février qu’il procéderait à « une réanalyse intégrale du dossier d’instruction » visant Jean‑Luc Brunel, ancien agent de mannequins et proche du financier américain Jeffrey Epstein. Clôturée par un non-lieu en juillet 2023, la procédure faisait suite au suicide en détention de Jean-Luc Brunel en février 2022.

L’objectif de cette nouvelle étape est de « pouvoir en extraire toute pièce susceptible d’être utilement réexploitée dans un nouveau cadre d’enquête », selon Le Figaro. Dans un long communiqué, le ministère public revient sur les principaux éléments de la première enquête menée entre 2019 et 2023.

Des signalements à l’été 2019

À l’origine de l’enquête, deux signalements transmis à l’été 2019, émanant des associations Innocence en danger et Femme et libre, « évoquant des complicités françaises dans le dossier concernant Jeffrey Epstein aux États-Unis », selon la même source. Une plaignante accusait alors Jean-Luc Brunel de l’avoir violée dans les années 1980, alors qu’elle débutait dans le mannequinat.

Le parquet de Paris avait confié les investigations à l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP). Les enquêteurs ont notamment synthétisé des auditions issues d’une procédure américaine. Ils relevaient que Jean-Luc Brunel était « un ami proche de Jeffrey Epstein », qu’il proposait « des emplois de mannequins à de jeunes filles pauvres » et qu’il se serait livré à « des actes sexuels avec des jeunes filles mineures » aux États-Unis, dans les Îles Vierges américaines, à Paris et dans le sud de la France, ajoute Le Figaro.

Témoignages et atmosphère de soirées parisiennes

Répondant à un appel à témoins, plusieurs femmes ont décrit des soirées à Paris marquées par « de fortes quantités d’alcool et de cocaïne », où « des jeunes filles avaient été mises en contact avec Jean-Luc Brunel », selon Le Figaro. Certaines évoquaient « une atmosphère de prostitution et de drogues malsaines pour les mineurs » ainsi qu’un « climat de violences sexuelles ».

La gérante de la société Karin Models confirmait que « des fêtes avaient été organisées » en boîtes de nuit mais aussi dans l’appartement occupé par Jean-Luc Brunel avenue Haussmann, où « certaines jeunes filles dormaient parfois », a-t-elle ajouté. Quant à la société MC2, Jean-Luc Brunel était soupçonné d’y avoir conservé une participation afin de recruter des adolescentes de 14 à 18 ans, « la société n’étant pas rentable », a-t-il ajouté, selon la même source.

Échanges et analyses criminelles

Les enquêteurs ont procédé à un « important travail d’analyse criminelle » portant sur des procès-verbaux, des e-mails et répertoires de Jeffrey Epstein, ainsi que sur les visas du passeport de Jean-Luc Brunel. Objectif : vérifier l’existence d’un rôle de mise en relation de jeunes mannequins avec Jeffrey Epstein.

« Les jeunes filles se sont avérées être leur principal centre d’intérêt ». Les échanges saisis montraient un Jeffrey Epstein « plutôt donneur d’ordre », demandant régulièrement des informations sur l’emploi du temps et la localisation de Jean-Luc Brunel, qui « s’exécutait volontairement », a-t-il ajouté, selon la même source. Aucune conversation ne mentionnait explicitement de relations sexuelles, mais les deux hommes pouvaient évoquer l’âge des jeunes filles.

Dix femmes mettent en cause Jean-Luc Brunel

Au total, dix femmes ont mis en cause Jean-Luc Brunel. Plusieurs ont déclaré avoir été contraintes de consommer de l’alcool, avoir « perdu leurs moyens voire tout à fait connaissance », et s’être vu imposer « une pénétration sexuelle », alors que certaines n’étaient « pas encore majeures ».

L’une d’elles a décrit Jean-Luc Brunel comme celui qui « acheminait de nouvelles jeunes filles à Jeffrey Epstein », « sous prétexte de shootings photo » depuis l’Europe de l’Est ou l’Amérique latine, selon la même source. D’autres ont évoqué une emprise liée à leur jeune âge et « l’isolement des lieux luxueux » où elles étaient conduites.

Interpellation et suites judiciaires

Jean-Luc Brunel a été interpellé le 16 décembre 2020 à l’aéroport de Roissy, alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour Dakar sans billet retour et avec une importante somme en liquide. Mis en examen pour des faits de viols et de harcèlement sexuel, il avait également été placé sous le statut de témoin assisté pour des faits de traite des êtres humains.

Placée en détention provisoire, la figure du milieu du mannequinat a été retrouvée morte dans sa cellule le 19 février 2022. L’enquête distincte sur les causes de la mort a été clôturée sans qu’aucun élément ne permette d’envisager l’intervention d’un tiers.

Nouveaux axes d’analyse

Le parquet de Paris a par ailleurs annoncé la désignation de « magistrats référents » chargés d’analyser « d’éventuelles infractions liées à des ressortissants français » dans le cadre de l’affaire Jeffrey Epstein. Tout élément nouveau sera pris en compte dans les investigations à venir.

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