Pour la Mauritanie est nécessaire notamment en raison de la zone de « Lagouira », avec ses richesses et potentialités ouvrant des perspectives politiques, économiques et de développement, ainsi qu’un débouché naturel pour la capitale économique Nouadhibou.
Al-Akhbar (Nouakchott) – L’ancien ministre mauritanien des Affaires étrangères, Mohamed Vall Ould Bilal, a exprimé l’espoir que la poursuite de l’élan diplomatique autour du conflit du Sahara occidental, ainsi que la capacité des États-Unis à maintenir la pression, la présence et l’influence sur les parties au conflit, l’Europe et le reste de la communauté internationale jusqu’à la réunion prévue en mai prochain à Washington, puissent aboutir à une solution certaine.
Ould Bilal estime que si le parrainage américain ralentissait ou abandonnait le dossier du Sahara pour une raison ou une autre, celui-ci retournerait à son immobilisme traditionnel, mais il s’agirait d’un immobilisme géré et encadré.
Dans sa déclaration, commentant les récentes rencontres de Madrid sur le dossier, Ould Bilal a décrit cet immobilisme encadré comme susceptible d’atténuer progressivement les tensions sur le terrain et même les tensions médiatiques, et d’entraîner une amélioration des relations diplomatiques dans la région sans pour autant parvenir à une solution.
Il a ajouté que les événements oscillent entre deux positions : l’une affirmant que nous sommes à l’aube d’une solution imminente au conflit du Sahara, et l’autre soutenant qu’il n’y a rien de nouveau. La réalité, précise-t-il, est qu’il n’existe pas de solution certaine, mais plutôt une nouveauté consistant en un signal clair de transition d’une phase d’immobilisme vers une phase de mise à l’épreuve sérieuse des parties concernées.
Ould Bilal a évoqué une présence américaine directe, au lieu du simple soutien au processus des Nations unies comme auparavant, soulignant que les réunions de Madrid constituent une nouvelle étape ouverte par cette présence américaine, la relance du dossier et la mise à l’épreuve des parties, sans que cela signifie, selon lui, une solution définitive.
Il a qualifié la présence américaine comme partant du principe que la souveraineté sur le territoire est tranchée, la question de son détenteur dépassée, pour se concentrer sur la manière de gérer le territoire dans sa nouvelle situation, la nature des institutions et administrations, l’exploitation des ressources dans les relations avec les autres acteurs de la région, entre autres.
Il a indiqué que le Front Polisario discute de ces questions tout en restant attaché à sa position initiale, rappelant toutefois que la diplomatie exige souplesse, adaptation et prise en compte de l’opinion publique internationale et de l’évolution des événements.
Ould Bilal a affirmé que la présence de la Mauritanie est nécessaire et incontournable, car elle est objectivement concernée par le conflit même si elle n’en est pas une partie, notamment en raison de la zone de « Lagouira », avec ses richesses et potentialités ouvrant des perspectives politiques, économiques et de développement, ainsi qu’un débouché naturel pour la capitale économique Nouadhibou. Il a souligné qu’il n’est pas dans l’intérêt de la Mauritanie que cette zone passe sous un autre contrôle de manière irréfléchie.
Il a poursuivi : « Ceci n’est qu’un exemple, sans parler des frontières et de leur sécurité », évoquant leur étendue, où circulent forces militaires, mouvements révolutionnaires et prospecteurs, et insistant sur l’importance de leur protection et de la clarification de leur avenir, réaffirmant que la Mauritanie est concernée par l’issue des événements.
Ould Bilal a proposé que la Mauritanie prenne l’initiative d’organiser une conférence internationale sur sa neutralité vis-à-vis des conflits qui l’entourent, « dans le contexte du bond diplomatique doux et paisible » que connaît le pays, selon ses termes.
Il a estimé que cela devrait constituer l’orientation diplomatique actuelle, puisqu’aucune partie ne peut accuser le pays de quoi que ce soit qui empêcherait sa reconnaissance comme État neutre face aux conflits environnants.
Il a averti que la neutralité n’est pas seulement un concept politique ou diplomatique, mais un concept juridique, une qualité accordée par les parties au conflit sous certaines conditions, et non un simple qualificatif que l’on s’attribue soi-même.
Enfin, Ould Bilal a décrit la Mauritanie comme étant « dans une situation de mise à distance du conflit et de ses parties, ce que nous appelons une neutralité positive », notant qu’aucune partie ne la qualifie de non neutre, mais qu’aucune reconnaissance officielle et objective de cette neutralité ne lui a encore été accordée, reconnaissance qui conférerait des droits et imposerait des devoirs sur le plan diplomatique international.
Source : Al Akhbar
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