New York — La politique des États-Unis envers les opérations de paix des Nations unies suscite de vives critiques. Dans une analyse récente, Salman Khan et Haris Huremagić estiment que l’administration de Donald Trump a engagé une dynamique qui affaiblit structurellement les missions onusiennes, sous couvert de « réforme ».
Selon un article paru sur Ejil Talk!, Washington aurait utilisé son poids financier comme levier politique en retenant une partie de ses contributions obligatoires. Les arriérés américains dépasseraient 2,3 milliards de dollars, entraînant une réduction d’environ 25 % des capacités du maintien de la paix de l’Organisation des Nations unies. Les autorités américaines justifient cette approche par des accusations récurrentes de « gaspillage et abus ».
Au-delà du financement, l’article souligne un resserrement des mandats. Lors des négociations au Conseil de sécurité des Nations unies, les États-Unis auraient plaidé pour un recentrage sur des fonctions strictement sécuritaires relevant du Chapitre VII, au détriment d’approches multidimensionnelles incluant droits humains, gouvernance électorale ou climat. Des tentatives de modification du langage normatif — notamment sur « femmes, paix et sécurité » ou « changement climatique » — sont également relevées.
Les missions en Afrique illustreraient ces tensions. Le mandat de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud a été renouvelé avec des conditions plus strictes concernant l’assistance électorale. De même, la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei s’est vu imposer des critères de performance jugés difficiles à atteindre par plusieurs membres du Conseil, qui redoutent un prétexte à une fin prématurée.
Les auteurs pointent aussi une tendance à remplacer les dispositifs classiques dirigés par l’ONU. En Haïti, une nouvelle architecture confierait davantage de contrôle stratégique aux États contributeurs. À Gaza, la création d’un organe ad hoc piloté par Washington marquerait, selon eux, une rupture avec les principes traditionnels du maintien de la paix, notamment en matière d’impartialité et de consentement des parties.
En conclusion, l’analyse avertit que ce « retour aux fondamentaux » pourrait compromettre les avancées des opérations multidimensionnelles, jugées essentielles à une paix durable. Dans un contexte mondial de conflits persistants et de pressions climatiques croissantes, l’affaiblissement des missions onusiennes ferait peser des incertitudes sur l’avenir de la gestion collective des crises.
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