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Algérie : Jamais nous ne pardonnerons, car le pardon suppose d’abord reconnaissance et réparations.

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Le droit international fait obligation à la France de réparer les conséquences de ses essais nucléaires en Algérie, ce qui inclut la décontamination des sites.

Après plus de six décennies a attendre que la France remplisse ses obligations internationales envers l’Algérie pour décontaminer les sites des essais nucléaires, après avoir vainement attendu que la France remette les cartes et données technique pour identifier les sites contaminés et tenter de limiter le danger pour les populations, l’Algérie a officiellement lancé la décontamination. Avec ses propres moyens par ses propres experts.

La toute première opération concerne le site d’In Ekker, dans la wilaya de Tamanrasset, annonce le ministère de la Défense nationale (MDN).

Oui les jeunes militaires algériens vont de nouveau partir dans un combat long et dangereux pour effacer les traces des crimes de la colonisation. Rappelons brièvement de quoi il s’agit

La France a mené officiellement 17 essais nucléaires dans le Sahara algérien entre 1960 et 1966 : 4 essais atmosphériques à Reggane (1960-1961), 13 essais souterrains à In Ekker (1961-1966). Il n’existe pas de statistiques officielles précises publiées sur l’extension totale des sols contaminés par ces essais. Toutefois, des études internationales (Agence internationale de l’énergie atomique, IAEA) indiquent que plusieurs zones autour des sites de Reggane et d’In Ekker restent contaminées, et que des rejets radioactifs sont encore présents dans les sols ainsi que des traces de déchets dans le désert.

Des travaux d’experts algériens montrent que certains matériaux (déchets, métaux, sable radioactif) ont été laissés au contact de l’environnement sans dépollution complète.

Selon ces mêmes experts et organisations associatives de victimes, on évoque jusqu’à 50 000 à 60 000 personnes ayant vécu ou travaillé dans les zones touchées, avec suspicion d’exposition significative à la radioactivité.

Les effets sur l’environnement résultent des essais atmosphériques qui ont dispersé des retombées radioactives immédiatement dans l’air et le désert. Quant aux essais souterrains, ils ont généré des fuites accidentelles (par exemple l’accident de Béryl en 1962), avec rejet dans l’atmosphère.

Certaines zones restent encore contaminées aujourd’hui – plus de 60 ans après les essais – notamment par des isotopes à longue demi-vie (plutonium, césium, strontium) présents dans les sols et les débris. La contamination diminue naturellement avec le temps (désintégration radioactive), mais certains éléments restent dangereux sur des décennies, voire des siècles, selon leur isotope (ex. le plutonium 239 a une demi-vie d’environ 24 100 ans).

Associations locales et chercheurs parlent d’« effets sanitaires persistants » :

cancers accrus, malformations congénitales, déformations, maladies chroniques signalées par les habitants des régions proches des sites, et expériences anecdotiques de contamination.

La loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010, dite loi Morin (du nom du ministre de la Défense Hervé Morin), a été adoptée pour reconnaître et indemniser les victimes des essais nucléaires français réalisés au Sahara algérien (1960-1966) et en Polynésie française (1966-1996).

Un seul Algérien a été indemnisé jusqu’à ce jour. Quant à la décontamination des sites, rien n’a été prévu.

L’Algérie a déjà eu une expérience avec la France concernant les les mines antipersonnel semées sur les frontières est et ouest. Jamais la France n’a accepté de remettre les cartes permettant de localiser les sites concernés afin de faciliter le déminage. Rien, absolument rien, n’a été fait au moment voulu. Les cartes ont été remises à l’Algérie une fois que le déminage (11 millions de mines) a été réalisé.

Pour les essais nucléaires, c’est le même scenario qui se répète , la France refuse obstinément de remettre les documents nécessaires à l’identification des sites contaminés et les données techniques permettant d’entreprendre la décontamination.

Le droit international fait obligation à la France de réparer les conséquences de ses essais nucléaires, ce qui inclut la décontamination des sites. Cette obligation découle du principe général de responsabilité de l’État, du principe du pollueur-payeur et des règles du droit international de l’environnement imposant la réparation des dommages durables.

Même si la France n’a pas ratifié certains traités récents sur les armes nucléaires, « ces obligations reposent largement sur le droit coutumier. »

Kitouni Hosni

Source

#Algérie #France #Colinisation #Colonalisme

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