Site icon Maghreb Online

Le Monde : « Les extravagances » militaires du Makhzen ne rivaliseront pas avec la modernité de l’armée algérienne

le monde armée DZ MA

Le régime du Maroc souffre d’un « complexe de supériorité » envers ses voisins, au premier rang desquels l’Algérie.

Dans une de ses publications récentes, le célèbre journal français Le Monde a estimé que la modernisation de l’armée marocaine entreprise par le régime du Makhzen ne signifie pas un renversement des rapports de force dans la région. Selon le journal, l’Algérie conserve en effet un budget de défense équivalant au double de celui de son voisin marocain et occupe une position avancée à l’échelle mondiale en matière de dépenses militaires.

Toujours selon le journal français, l’Algérie s’est classée au 20e rang mondial d’après le classement de Military Balance, et même à la 3e place mondiale en 2024 en termes de pourcentage du Produit Intérieur Brut (PIB) consacré à son armée, derrière l’Ukraine et un autre État.

Le journal français cite le journaliste spécialisé Akram Kharief, qui affirme que l’Algérie met en œuvre depuis vingt ans un programme de modernisation de ses capacités militaires, visant à répondre aux normes les plus récentes, des missiles hypersoniques aux avions de cinquième génération.

Le Monde a également précisé que l’année dernière a été marquée par des annonces successives, officielles et non officielles, d’acquisitions d’équipements et de systèmes offensifs et défensifs avancés par les deux parties.

Ainsi, l’Algérie a pris livraison, selon le journal, d’avions furtifs de type Su-35 et Su-57, ainsi que de missiles Iskander-M, avec la modernisation des systèmes de radar et de défense anti-aérienne avancés S-350 et S-400, tous de fabrication russe.

En contrepartie, le Maroc a déployé, toujours selon le journal, des lance-roquettes multiples américains HIMARS, a reçu des drones turcs de type Bayraktar Akıncı et des hélicoptères d’attaque américains Apache.

Le journal a poursuivi en expliquant que la reprise des relations officielles entre le Maroc et l’entité sioniste en 2020 a constitué un tournant, cette dernière devenant le troisième fournisseur militaire du Royaume. À ce propos, il cite l’expert militaire marocain Adnan Kaab, qui précise que les États-Unis demeurent le partenaire structurel de la politique de défense marocaine, mais que la coopération industrielle avec l’entité sioniste a accéléré le développement des capacités militaires.

Les manifestations les plus récentes de cette coopération incluent le déploiement du système de défense anti-aérienne Barak MX, l’achat de satellites de type Ofek-13, ainsi que de canons ATMOS 2000, et l’annonce de la création d’une usine de production de drones kamikazes près de Casablanca.

Par ailleurs, les ambitions régionales du Makhzen, accompagnées de sa volonté de développer son armée, inquiètent désormais les Espagnols, qui s’interrogent sur l’avenir des villes de Ceuta et Melilla, selon le journal.

D’après un récent sondage de l’Institut royal Elcano à Madrid, publié dernièrement, 55 % des Espagnols considèrent le Maroc comme la principale menace pour leur pays, devant même la Russie.

Cependant, Rabat n’a pas officiellement exprimé son souhait de réintégrer ces deux villes situées au nord du pays dans le territoire marocain, indique le journal français.

Le régime du Makhzen s’emploie depuis des années à rivaliser avec l’Algérie sur le plan régional, étant un régime qui souffre d’un « complexe de supériorité » envers ses voisins, au premier rang desquels l’Algérie. Outre sa volonté persistante de s’engager dans une course aux armements et de se renforcer avec l’entité sioniste, ce régime cherche également à concurrencer l’Algérie sur le plan économique, notamment à travers le projet de gazoduc africain transsaharien partant du Nigéria pour atteindre l’Europe.

Bien que des experts économiques affirment que l’Algérie est le pays le plus adapté pour le passage de ce gazoduc, avec en plus le Niger, le régime marocain du Makhzen œuvre depuis un certain temps à tenter de dévier le tracé de ce gazoduc via son territoire. Cela nécessiterait pourtant son passage par 14 pays africains, ce qui viderait le projet de sa rentabilité économique et rendrait son coût financier très élevé, nécessitant des décennies pour être amorti, selon toujours ces experts économiques.

Source

#Maroc #Algérie #Armée

Partagez
Quitter la version mobile