Convoqué par le ministère des affaires étrangères, principal financeur de l’institution, Jack Lang devra s’expliquer sur ses relations avec Jeffrey Epstein.
Paris, février 2026 — Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe (IMA), et sa fille Caroline sont désormais visés par une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée », ouverte par le Parquet national financier (PNF). Cette procédure fait suite à des révélations concernant leurs liens financiers supposés avec le financier américain Jeffrey Epstein.
Selon les informations révélées par Le Monde, confirmées par l’Agence France-Presse (AFP), l’enquête porte sur des faits mis en lumière par Mediapart, notamment des opérations immobilières offshore au Maroc et la création d’une société dans un paradis fiscal en 2016 avec l’ancien milliardaire américain, décédé en prison en 2019.
Une pression politique croissante
Depuis la publication de documents par le ministère de la justice américain le 30 janvier dernier, Jack Lang est confronté à une pression politique grandissante. Plusieurs responsables, de Marine Tondelier à Ségolène Royal, appellent à son départ de la présidence de l’IMA.
Convoqué par le ministère des affaires étrangères, principal financeur de l’institution, l’ancien ministre de la culture devra s’expliquer sur ses relations avec Jeffrey Epstein. Le ministre Jean-Noël Barrot a déclaré se « réserver toutes les options » concernant la poursuite de son mandat, soulignant la gravité des éléments révélés.
La subvention annuelle du Quai d’Orsay, qui s’élève à 12,3 millions d’euros, représente près de la moitié du budget de l’IMA, ce qui renforce les enjeux institutionnels de l’affaire.
Des révélations compromettantes
Les documents américains mentionnent à plusieurs reprises Jack Lang, dont le nom apparaîtrait plus de 600 fois. Certains échanges suggèrent une relation étroite entre les deux hommes. En 2017, un mécène de l’IMA évoquait notamment une invitation personnelle de Jack Lang à son anniversaire, réservée à un cercle intime.
D’autres messages attribués à l’ancien ministre témoignent de sa proximité avec Jeffrey Epstein, qu’il remerciait pour sa « générosité » et sollicitait pour des déplacements privés.
La défense de Jack et Caroline Lang
L’avocat de Jack Lang, Me Laurent Merlet, réfute toute interprétation suggérant des liens d’amitié étroits entre son client et Jeffrey Epstein. Il estime légitime que les autorités demandent des explications et assure que les documents publiés ne prouvent pas d’infraction.
Mercredi, Jack Lang a exclu toute démission, invoquant sa « naïveté » et affirmant avoir ignoré le passé criminel d’Epstein lors de leur rencontre, il y a une quinzaine d’années, par l’intermédiaire du réalisateur Woody Allen.
De son côté, Caroline Lang, qui a quitté récemment la direction d’un syndicat de producteurs de cinéma, se dit « sereine ». Elle affirme n’avoir perçu aucun fonds illicite et se dit prête à coopérer pleinement avec la justice. Sur BFM-TV, elle a déclaré : « Je ne pouvais pas savoir, et mon père non plus. »
Une institution fragilisée
Créé en 1980, l’Institut du monde arabe est une fondation de droit privé dirigée par Jack Lang depuis 2013. Reconduit à quatre reprises, il incarne depuis plus d’une décennie cette institution culturelle majeure.
Cependant, cette affaire fragilise son image et pose la question de la gouvernance future de l’IMA. Le gouvernement affirme vouloir garantir « l’intégrité et la continuité » de l’établissement, dans l’attente des conclusions de l’enquête.
À ce stade, aucune charge formelle n’a été retenue contre Jack Lang. Mais les investigations en cours pourraient avoir des conséquences importantes, tant sur le plan judiciaire que politique.

#EpsteinFiles #JackLang #CarolineLang #EpsteinLang #FondsLangArt
