L’ancien conseiller de Donald Trump s’est entretenu longuement avec le prédateur sexuel au sujet de son premier séjour en prison en 2008. Cette conversation fait partie des millions de documents récemment déclassifiés par le ministère de la Justice américain.
Un décalage frappant avec la réalité
Jeffrey Epstein ne se voyait ni comme un criminel, ni comme un homme particulièrement malfaisant. Pour lui, se retrouver en uniforme de détenu, dormant dans une cellule de six mètres carrés loin de ses yachts et de ses îles privées, relevait simplement de l’« étrange ». C’est ce qui ressort d’un entretien filmé de près de deux heures avec Steve Bannon, stratège de l’alt-right et ancien conseiller de la Maison-Blanche.
Cette vidéo, désormais publique, est issue d’un lot massif de trois millions de documents diffusés vendredi dernier par le Département de la Justice (DoJ).
Des amandes pour éviter l’empoisonnement
Au cours de l’échange, Bannon, alors à la tête du site radical Breitbart News, cherche à comprendre comment Epstein a pu basculer de la haute finance à la cellule de prison (en référence à sa première condamnation entre 2008 et 2009).
« Il ne vous est jamais venu à l’esprit de vous demander comment vous aviez pu finir dans une telle situation ? », interroge Bannon. « Non, cela signifierait probablement que je suis trop conscient de moi-même », rétorque Epstein, décontracté et souriant.
Le financier déchu explique qu’il ne craignait pas pour sa sécurité en raison de la nature de ses crimes (pédocriminalité), mais à cause de sa fortune. Convaincu que tout le monde en voulait à son argent, il refusait les repas de la prison par peur d’être empoisonné, se nourrissant exclusivement de barres aux amandes.
« L’éthique est une question compliquée »
Interrogé sur l’origine de sa fortune et sur les dons massifs qu’il versait à des institutions prestigieuses, Epstein ne montre aucun remords. À la question de Bannon lui demandant si son argent était « sale », Epstein répond par la négative : « Je l’ai gagné. »
Bannon insiste : « Vous l’avez gagné en conseillant les pires personnes au monde, qui font des choses horribles juste pour l’argent. » Epstein se contente d’éluder : « C’est une question légitime. L’éthique est toujours un sujet compliqué. »
L’échange prend une tournure quasi mystique lorsque Bannon lui demande s’il est « le diable personnifié ». Epstein s’en amuse : « Non, mais j’ai un bon miroir. »
Les coulisses du pouvoir
Au-delà de la vidéo, les documents révèlent également des échanges de courriels entre les deux hommes. Ils y discutent notamment de rumeurs concernant la vie privée de Donald Trump. Epstein y mentionne une prétendue relation entre l’ancien président et son assistante de l’époque, Madeleine Westerhout — une liaison que les deux intéressés ont toujours catégoriquement démentie.
Ces archives offrent un regard cru sur l’impunité dont a longtemps bénéficié Epstein et sur les réseaux d’influence qu’il continuait de tisser, même après sa première condamnation.
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