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Depuis plus de dix ans, la Turquie utilise les mécanismes d’Interpol pour poursuivre journalistes et opposants politiques réfugiés à l’étranger. Une enquête du média Disclose révèle comment Ankara détourne les notices rouges et les bases de données de l’organisation afin de criminaliser ses détracteurs.
Le journaliste Akin Olgun en est un exemple frappant. Réfugié au Royaume-Uni, il est arrêté en 2022 en Grèce sur la base d’accusations de terrorisme remontant à plusieurs décennies. En réalité, son inscription dans les fichiers d’Interpol serait liée à ses critiques du régime d’Erdoğan. Après plus d’un mois de détention, son nom est finalement retiré en 2024, l’affaire étant jugée politique.
Cette instrumentalisation s’intensifie après la tentative de coup d’État de 2016. Le pouvoir turc lance alors une vaste répression contre les supposés partisans du prédicateur Fethullah Gülen. Des milliers de passeports sont annulés et inscrits dans les bases d’Interpol, empêchant de nombreux exilés de voyager.
Entre 2016 et 2021, l’organisation supprime près de 74 000 documents turcs jugés abusifs et rejette des centaines de notices à caractère politique. En 2021, la Turquie est placée sous surveillance renforcée, mais ces mesures sont levées quelques années plus tard malgré des pratiques toujours problématiques.
D’autres victimes, comme Yaser Ornek, ancien militant réfugié en Suisse, ont été arrêtées et emprisonnées à l’étranger sur la base d’accusations infondées. Ces procédures ont eu de lourdes conséquences sur leur vie personnelle et familiale.
Aujourd’hui encore, Ankara tente de contourner les contrôles d’Interpol en inventant des délits plus « acceptables » pour justifier la poursuite de ses opposants. Cette stratégie fragilise la crédibilité de l’organisation internationale et met en danger de nombreux défenseurs de la liberté d’expression.
Source : Disclose

