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L’arrêt du Gazoduc Maghréb-Europe n’est ni un accident, ni une improvisation, ni un « coup de colère » algérien. C’est une exécution stratégique froide, légale et chirurgicale, fruit d’années d’anticipation, face à un voisin qui a confondu arrogance diplomatique et intelligence géopolitique.
Le point de départ : le mépris comme doctrine
Le Maroc a délibérément choisi le silence face aux correspondances algériennes relatives au renouvellement du contrat du GME. Un silence arrogant, calculé, persuadé que le transit du gaz algérien constituait :
- une arme de chantage,
- une assurance-vie géopolitique,
- un moyen de pression permanent sur Alger.
Erreur fatale.
La réponse algérienne : pas de cris, pas de menaces, des faits. Pendant que Rabat jouait au poker diplomatique avec des cartes imaginaires, l’Algérie :
- a verrouillé ses exportations via le gazoduc sous-marin Medgaz,
- a neutralisé le facteur marocain sans déclaration tapageuse,
- a attendu la fin légale du contrat, respectant scrupuleusement le droit international.
Aucune rupture brutale. Aucune violation. Juste la fin d’une illusion.
Le choc pour le Maroc : la réalité des chiffres
Résultat immédiat :
- Perte d’environ 1 milliard de m³ de gaz par an, auparavant obtenu quasi gratuitement.
- Disparition d’un gaz prétraité à prix dérisoire, vital pour le mix énergétique marocain.
Conséquence directe :
- Achat de GNL hors de prix sur les marchés internationaux.
- Dépendance à des terminaux étrangers (Espagne, Belgique).
- Utilisation du même gazoduc, mais en sens inverse… et à coût prohibitif.
Ironie cruelle de l’histoire : le Maroc paie aujourd’hui pour utiliser ce qu’il croyait contrôler hier.
La défaite stratégique
Et le plus grave n’est pas financier. Le plus grave, c’est la perte définitive du levier énergétique.
- Plus aucune capacité de nuisance.
- Plus aucun moyen de pression.
- Plus aucune centralité régionale dans le transit gazier.
- Le mythe du « Maroc hub énergétique » s’est effondré comme un décor en carton.
La leçon que certains refusent encore d’admettre. L’Algérie ne gesticule pas. Elle observe, calcule, prépare. Elle ne répond pas à la provocation par l’émotion, mais par des décisions irréversibles.
Le Maroc a cru :
- que la patience algérienne était une faiblesse,
- que l’Algérie était prisonnière de ses infrastructures,
- que le chantage énergétique fonctionnerait éternellement.
Il s’est trompé sur toute la ligne. Aujourd’hui, le verdict est clair :
- Le Maroc brûle des millions de dollars chaque année.
- L’Algérie a consolidé sa souveraineté énergétique.
- L’Europe a compris une règle simple : le gaz algérien se négocie, il ne se rançonne pas.
Ce n’est pas un épisode diplomatique. C’est une leçon brutale de géopolitique réelle. Quand la stratégie rencontre l’arrogance, l’issue est toujours la même.
Le GME n’a pas été « fermé ». Il a été dépassé. Et ce dépassement n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une planification patiente, engagée plus de dix ans avant la crise.
En géopolitique énergétique, les illusions coûtent cher. Les infrastructures, elles, ne mentent jamais.
Économie de l’Afrique – Africa Economy
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