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Par Hmeïda Youssefi
Une polémique politique et médiatique s’intensifie dans la région suite à des développements rapides dans le cyberespace, après la diffusion à grande échelle d’informations et de photos prétendument issues d’une caserne des services de renseignement marocains près de la frontière avec la wilaya de Tindouf. Ces informations s’accompagnent d’accusations graves concernant la présence d’éléments israéliens et d’équipements militaires sophistiqués à l’intérieur, dans un contexte perçu comme dirigé contre l’Algérie et sa sécurité nationale.
Au cœur de ces développements, le nom d’un hacker algérien connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme « Ismail Man 54 » a émergé, après qu’il ait proféré des menaces directes de révéler ce qu’il a qualifié de « secrets et plans sensibles du système marocain », si le YouTubeur algérien Raouf Belkacemi, détenu par les autorités marocaines, n’était pas libéré.
Le hacker algérien est allé plus loin, annonçant un compte à rebours qui ne séparerait – selon ses déclarations – que deux jours de ce qu’il a appelé « dénoncer le Makhzen à l’échelle mondiale ». Il a affirmé que les récentes intrusions dans des sites officiels marocains, dont celui du ministère de l’Intérieur et certains réseaux qui y sont associés, n’étaient qu’un « échauffement préliminaire » de ce qui est à venir.
Ces menaces ont suscité des réactions importantes sur les réseaux sociaux, entre ceux qui les considèrent comme une pression cybernétique sans précédent et ceux qui y voient un nouvel épisode de la guerre psychologique et médiatique croissante entre l’Algérie et le Maroc. Ceci est particulièrement vrai dans le contexte d’accusations récurrentes selon lesquelles le Makhzen approfondirait sa coopération sécuritaire et militaire avec Israël et transférerait cette coopération vers des zones sensibles proches de la frontière algérienne.
Au moment de la rédaction de ces lignes, aucune réponse officielle marocaine n’a été émise pour confirmer ou infirmer l’exactitude des informations en circulation, que ce soit concernant la prétendue caserne de renseignement ou les cyber-intrusions, augmentant ainsi l’attente et l’anticipation, d’autant plus que le délai fixé par le hacker approche de son terme.
Des observateurs estiment que ce qui se passe reflète une évolution du conflit algéro-marocain vers un niveau plus complexe. Il ne se limite plus aux différends politiques et diplomatiques, mais englobe désormais le cyberespace, la fuite de données et l’influence sur l’opinion publique, tant au niveau national qu’international, dans une bataille dont le titre principal est avant tout l’information.

