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L’impérialisme de toujours

impérialisme americain petit format

corrupteurs nord-américains – Trump ou Clinton en tête – jouissent du produit de leurs rapines, bais... des fillettes sur des îles paradisiaques (ou simplement vulgaires, car cette engeance de dépravés a, pour couronner le tout, le goût dans le c...).


Juan Manuel de Prada

Les distorsions cognitives que les divers officines idéologiques introduisent dans les esprits ont atteint une densité d’essaim depuis la récente agression des États-Unis contre le Venezuela. En réalité, cette agression s’inscrit dans une longue chaîne d’agressions qui remonte au XIXᵉ siècle ; et toute cette longue chaîne a toujours été enveloppée de déguisements méritoires : la défense de la « civilisation occidentale » face à la barbarie, la défense des « droits de l’homme » face aux dictatures, la défense de la « démocratie » face au communisme, etc. Mais derrière toute cette farfouille sordide ne se cache rien d’autre que l’éternelle et maligne rapacité américaine, incarnée dans des aberrations telles que la « doctrine Monroe » ou la « doctrine de la Destinée manifeste ».

La doctrine Monroe fut inaugurée par un message du président des États-Unis James Monroe, vers 1823, dans lequel il était affirmé que le continent américain ne pouvait plus, à l’avenir, être un territoire de colonisation pour les puissances européennes. Tout effort des nations européennes visant à imposer en Amérique un système politique – disait le message – ou à ravir leur indépendance aux nations sud-américaines serait considéré par les États-Unis comme un acte hostile. Le message proclamait également que les États-Unis n’interviendraient pas (risum teneatis) dans les guerres entre puissances européennes ni ne favoriseraient aucun acte destiné à dépouiller les nations européennes de leurs colonies acquises. Le passage du temps – nous le savons bien – a transformé cette déclaration en un monument au cynisme. En fin de compte, du message de Monroe ne subsiste que la prétention de faire du continent américain « l’arrière-cour » des États-Unis, et du reste du monde un jardin dont ils auraient l’usufruit.

Plus aberrante encore (et blasphématoire) est la doctrine de la « Destinée manifeste », qui considère les États-Unis comme une « nation élue » par Dieu, que tous les autres peuples et nations de la Terre doivent imiter ; doctrine au fondement théologique (mais d’une théologie démoniaque) qui prône une sorte de continuité vaine avec les promesses de l’Ancienne Alliance (c’est pourquoi le sionisme est le noyau irradiant de la monstrueuse politique étrangère yankee). En 1898, le président McKinley affirmait que « les Philippines, comme Cuba et Porto Rico, avaient été confiées à nos mains par la providence de Dieu… » ; et Donald Trump ne se lasse pas de nous répéter que sa vie « a été sauvée par Dieu pour rendre à l’Amérique sa grandeur » (mais cette racaille ne comprend pas la grandeur à l’intérieur de ses propres frontières).

Trump a utilisé dans son agression le prétexte grotesque du « narcoterrorisme », comme Polk utilisa en 1846 le prétexte d’un différend sur les frontières du Texas pour arracher au Mexique plus de la moitié de son territoire ; ou comme McKinley utilisa en 1898 le prétexte de l’explosion du Maine pour imposer – sous le voile d’une indépendance formelle – une domination économique sur Cuba. Répugne tout ce fatras de justifications et de théories absurdes sur l’agression des États-Unis contre le Venezuela, lancées dans le seul but de dissimuler la nature agressive et brutale de l’impérialisme yankee.

L’un des instruments les plus notoires de cette politique prédatrice, le général américain Smedley D. Butler, le militaire le plus décoré de l’histoire des États-Unis, expliquait admirablement l’impérialisme yankee dans son ouvrage War is a Racket :

« J’ai passé 33 ans et quatre mois en service actif comme membre de la force militaire la plus mobile de notre pays, le corps des marines. Et durant toute cette période, j’ai passé la majeure partie de mon temps comme homme de main de première classe des grands consortiums, de Wall Street et des banquiers. J’étais un gangster au service du capitalisme. En 1901, j’ai aidé à faire d’Haïti et de Cuba des lieux propices aux profits des gars de la National City Bank. En 1903, j’ai aidé à faire du Honduras un bon endroit pour les compagnies nord-américaines. En 1909, j’ai aidé à “purifier” le Nicaragua pour la maison bancaire internationale Brown Bros. En 1914, j’ai aidé à faire du Mexique un lieu sûr pour les intérêts pétroliers nord-américains. En 1916, j’ai ouvert la voie en République dominicaine pour les intérêts sucriers nord-américains. Et en 1927, j’ai aidé la Standard Oil à pouvoir opérer en Chine sans être dérangée. Quand j’analyse tout cela, je pense que j’aurais pu me moquer d’Al Capone. Le maximum qu’il pouvait faire était de contrôler son entreprise de fraude systématique dans trois districts. Nous, les marines, nous opérions sur trois continents ! »

Aujourd’hui, outre les marines, les États-Unis utilisent également des troupes aéroportées et des commandos spéciaux ; mais ils continuent de faire exactement la même chose qu’à l’époque de Smedley D. Butler. Dans une satire contre la politique expansionniste du président McKinley, Mark Twain suggérait que, dans l’avenir, le drapeau des États-Unis remplace « les bandes blanches par des bandes noires et les étoiles par un crâne aux tibias croisés ».

Derrière chaque agression américaine se trouvent les grandes corporations qui pillent les richesses de l’Amérique. Du Rio Grande à la Patagonie, des nations qui regorgent d’immenses richesses naturelles survivent avec des économies défaillantes, sans connaître de la soi-disant « civilisation occidentale » d’autres fruits que la terreur impitoyable, le pillage de leurs terres, la diffusion des vices les plus abominables et des sectes religieuses les plus immondes, tandis que les corrupteurs nord-américains – Trump ou Clinton en tête – jouissent du produit de leurs rapines, bais… des fillettes sur des îles paradisiaques (ou simplement vulgaires, car cette engeance de dépravés a, pour couronner le tout, le goût dans le c…).

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