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Selon Middle East Eye a écrit. l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines, lors d’une opération militaire de grande ampleur à Caracas ayant fait une centaine de morts, a provoqué une vague de condamnations internationales, notamment de la part de la Chine, de la Russie et de l’Iran, qui y voient un acte illégal et un retour à une logique impérialiste. En revanche, l’Algérie, alliée historique du Venezuela, a choisi de garder le silence, révélant une posture diplomatique prudente, voire défensive.
Cette absence de réaction contraste avec la solidité des relations algéro-vénézuéliennes, établies depuis près de 70 ans et renforcées par une coopération étroite au sein de l’Opep et du Mouvement des non-alignés. Malgré la marginalisation internationale de Maduro par Washington, Alger l’avait accueilli à plusieurs reprises ces dernières années et avait approfondi ses liens économiques avec Caracas, notamment dans les secteurs de l’énergie et du transport aérien, précise MEE dans un articule publié le 9 janvier sous le titre de « Enlèvement de Maduro par les États-Unis : l’Algérie adopte un « profil bas » par crainte des conséquences »,.
Selon plusieurs analystes, cette retenue algérienne s’explique par l’évolution de ses relations avec les États-Unis. Longtemps perçue comme proche de la Russie, l’Algérie s’est progressivement rapprochée de Washington, devenu à la fois un partenaire sécuritaire majeur dans la lutte antiterroriste au Sahel et un acteur économique central, notamment dans les investissements énergétiques. Les États-Unis représentent aujourd’hui près d’un tiers des investissements directs étrangers en Algérie.
Cette dynamique pousse Alger à revoir certaines de ses positions traditionnelles, y compris sur des dossiers sensibles comme la Palestine. Le récent vote algérien en faveur d’une résolution américaine à l’ONU sur Gaza est interprété comme un signe de recul par rapport à son attachement historique au principe de souveraineté des États. Des experts estiment que l’Algérie se trouve désormais contrainte d’adapter sa diplomatie à un rapport de forces international défavorable.
La question du Sahara occidental illustre cette vulnérabilité. Sous pression américaine, Alger pourrait être amenée à assouplir son soutien au Front Polisario et à accepter, à terme, le plan d’autonomie marocain, afin d’éviter une confrontation directe avec Washington.
Plus largement, l’affaire vénézuélienne met en lumière la fragilité des États du Sud face au retour assumé de la puissance américaine. Les mécanismes traditionnels de non-alignement apparaissent dépassés, tandis que des regroupements comme les Brics peinent à s’imposer comme contrepoids crédible. L’Algérie, dont l’adhésion pleine au groupe a été refusée, voit son poids diplomatique s’éroder, en partie en raison de sa dépendance aux hydrocarbures.
Cette dépendance économique alimente également de fortes inquiétudes concernant l’avenir de l’Opep. La prise de contrôle potentielle du pétrole vénézuélien par les États-Unis pourrait permettre à Washington d’influencer directement les équilibres internes de l’organisation et les prix mondiaux du pétrole. Un tel scénario constituerait une menace majeure pour l’Algérie, dont la stabilité financière repose largement sur les exportations d’hydrocarbures.
Face à ces incertitudes géopolitiques et économiques, Alger adopte une stratégie de « multi-alignement », cherchant à préserver des relations avec l’ensemble des grandes puissances sans s’opposer frontalement aux États-Unis. Une posture défensive qui traduit moins un choix stratégique qu’une contrainte imposée par un nouvel ordre international marqué par le rapport de force et la vulnérabilité des États dépendants des ressources énergétiques.
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