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Malgré un fort soutien politique et institutionnel, Neo Motors peine à transformer ses ambitions industrielles en résultats concrets.
Présenté comme le premier constructeur automobile 100 % marocain, Neo Motors, fondé en 2018 par Nassim Belkhayat et Mehdi Bensaïd, connaît une montée en puissance laborieuse. Lors de la présentation de son premier prototype au roi Mohammed VI en mai 2023, l’entreprise affichait des objectifs ambitieux : produire entre 3 000 et 5 000 véhicules par an et atteindre 2 500 ventes dès la fin de 2024. À ce jour, la réalité industrielle reste très éloignée de ces annonces, avec à peine une centaine de véhicules assemblés dans l’usine d’Aïn el-Aouda, principalement destinés aux Forces armées royales.
Les premières commandes tardent à se matérialiser
Sur la commande publique, seules une quarantaine de voitures ont été livrées en mars 2025, sur une centaine prévues. Malgré ce démarrage poussif, la direction continue d’afficher des ambitions de croissance, évoquant à la mi-2025 une extension du site industriel et un effectif cible de près de 600 salariés, contre une cinquantaine actuellement. Dans le même temps, un important contrat annoncé avec le loueur espagnol OK Mobility, portant sur 1 000 véhicules, n’a toujours pas été concrétisé.
Des projets stratégiques à l’arrêt ou en suspens
Neo Motors a également cherché à se positionner sur le marché des taxis en vue de la Coupe du monde de football 2030, dans le cadre de discussions avec le gouvernement marocain et l’agence américaine US International Development Finance Corp. Parallèlement, des négociations avaient été engagées avec la société hongkongaise Wisdom Motor pour la production locale de véhicules utilitaires électriques, mais ces échanges sont aujourd’hui au point mort.
Une gouvernance fragilisée par la centralisation du pouvoir
Depuis l’entrée de Mehdi Bensaïd au gouvernement et son retrait de la direction opérationnelle, Nassim Belkhayat concentre seul les responsabilités managériales et stratégiques. Cette centralisation est présentée comme l’un des facteurs ayant ralenti les partenariats industriels et les discussions commerciales, notamment avec des acteurs étrangers.
La polémique autour du modèle Dial-E fragilise l’image du “100 % marocain”
Le lancement, en novembre 2025, du modèle urbain Dial-E a suscité un important bad buzz. Le constructeur a été accusé de s’éloigner de sa promesse de conception nationale, le véhicule intégrant des moteurs fournis par Stellantis et un design largement inspiré de modèles chinois et européens. Contraint de réagir, Nassim Belkhayat a reconnu s’être appuyé sur un design existant, qu’il affirme avoir adapté aux normes européennes. La première commande privée, passée par le groupe H&S de Moncef Belkhayat, porte sur 50 unités, sans détails publics sur les conditions financières ou les délais.
Un soutien politique et financier qui demeure intact
Malgré ces difficultés, Neo Motors continue de bénéficier d’un appui de premier plan. La présentation officielle du Dial-E s’est déroulée en présence du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, également partenaire du groupe via Afriquia, aux côtés de CIH Bank, du Crédit agricole du Maroc et de Wafa Assurance, filiale de la holding royale Al Mada. Le soutien du roi Mohammed VI reste ainsi un pilier central du projet, même si les résultats industriels tardent encore à confirmer les ambitions initiales du constructeur.
Source : Africa Intelligence, 13/01/2026
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