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Maroc : Arrestation d’un policier pour exploitation sexuelle de mineures à Skhirat

Le policier stagiaire donnait à certaines de ses victimes de petites sommes d'argent, comme le prix de tickets de taxi ou de bus de transport urbain. Toutes ont affirmé ne pas avoir su à l'avance qu'il les filmait dans des positions sexuelles.

Un nouveau « Thabet » apparaît à Skhirat

Un policier stagiaire exploite sexuellement des mineures et filme ses agressions. La fuite d’une vidéo d’une mineure ayant refusé ses avances a révélé plus de 14 victimes

Selon Assabah, le palais de justice de Rabat a vécu, récemment, une journée exceptionnelle, après la présentation par l’équipe nationale des enquêtes judiciaires, relevant de la Gendarmerie Royale, d’un policier stagiaire de la nouvelle école de formation de Tanger, au procureur général du Roi près la Cour d’appel. Il est impliqué dans une affaire complexe intitulée « trafic sexuel de mineures, leur exploitation, leur filmage et leur chantage ».

Après des audiences d’enquête préliminaire au bureau du président de la quatrième chambre d’instruction du palais de justice de Rabat, et sur réquisition du procureur général du Roi, le juge d’instruction a placé le policier stagiaire en détention provisoire à la prison de « Tamesna ». Cela fait suite au plus grand scandale de leurre de plus de 14 mineures, filmées dans des positions sexuelles suggestives.

Le procureur général du Roi a requis l’enquête contre l’agent de sécurité stagiaire, né en 2000, pour des charges de traite des êtres humains, d’exploitation de mineures et de leurre par tromperie, fraude et atteinte à la pudeur.

Dans les détails de l’affaire, les agressions sexuelles concernaient des mineures de Skhirat et des communes avoisinantes, avant que (B. L.) n’intègre l’institut de police, après avoir réussi les épreuves écrites et orales. Cependant, il a continué à pratiquer le chantage et les menaces pour avoir des relations sexuelles avec certaines d’entre elles, jusqu’à ce qu’une vidéo de l’une d’elles, ayant refusé de répondre à ses désirs, fuite. Elle a alors saisi la justice, ce qui a permis d’approfondir l’enquête. La Direction générale de la sûreté nationale et l’Institut de police se sont empressés de fournir des informations le concernant, et ont suspendu sa formation, laissant l’affaire à la justice.

Le procureur général du Roi a confié les investigations préliminaires à l’équipe nationale des enquêtes judiciaires, relevant de la Gendarmerie Royale de Rabat, après que les données aient montré que le suspect résidait à Skhirat, relevant de la compétence de la gendarmerie. Les recherches se sont poursuivies jusqu’à son arrestation et son transfert au quartier Chekhman à Rabat, siège de l’équipe nationale de la gendarmerie.

Lors de l’enquête préliminaire et des expertises techniques sur le téléphone de l’arresté et d’autres téléphones, il est apparu que l’auteur guettait les mineures dans différentes zones de Skhirat et des communes environnantes, notamment celles issues de familles socialement fragiles. Il les leurrait, puis, après les avoir piégées, leur proposait de l’accompagner dans des maisons à Skhirat et Rabat.

Les officiers de l’équipe nationale des enquêtes judiciaires ont retrouvé l’intermédiaire qui louait les appartements pour le compte du policier stagiaire. Il a à son tour été conduit au bureau du procureur général du Roi près la Cour d’appel de Rabat, avant que le juge d’instruction ne lui accorde une libération provisoire. Il devra se présenter la deuxième semaine de février prochain au bureau de la chambre pour être entendu, après avoir affirmé ne pas avoir su à l’avance que le locataire visait l’exploitation sexuelle, le filmage et le chantage de mineures.

Le policier stagiaire donnait à certaines de ses victimes de petites sommes d’argent, comme le prix de tickets de taxi ou de bus de transport urbain. Toutes ont affirmé ne pas avoir su à l’avance qu’il les filmait dans des positions sexuelles.

Le parquet a considéré les mineures comme victimes de traite des êtres humains, même si leur décision de l’accompagner était de leur plein gré, et que certaines sont aujourd’hui majeures. Il a requis du juge d’instruction du palais de justice de Rabat l’enquête contre l’arresté pour les crimes de traite des êtres humains par leurre, tromperie, atteinte à la pudeur et fraude.

De nombreux parents des victimes ont été choqués lorsque des officiers de l’équipe nationale des enquêtes judiciaires ont frappé à leur porte pour les informer de la nécessité de se rendre à leurs services au quartier Chekhman, pour une affaire les concernant, accompagnés de leurs filles. À leur arrivée, ils ont été informés qu’une enquête préliminaire était en cours, sur ordre du parquet, concernant l’hypothèse d’une exploitation sexuelle de jeunes filles, après l’apparition de vidéos sexuelles les concernant. Les parents ont été entendus en présence des victimes.

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