Selon Chems-Eddine Hafiz, la communauté musulmane en France a démontré « un attachement profond à la République et à ses principes ». Pourtant, elle est traitée par certains responsables politiques et faiseurs d’opinion comme si elle ne faisait pas partie du tissu social français, rendant ce vivre-ensemble, selon lui, « inquiétant, car il contredit les récits simplificateurs et nous oblige à penser autrement ».
Tags : #France #musulmans #année_2025 #Grande_Mosquée_de_Paris #Chems_Eddine_Hafiz #Bruno_Retailleau #islamophobie
Mohamed Meslem
La mosquée de Paris appelle les Français à cesser de nier la vérité.
Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, a qualifié l’année écoulée comme l’une de celles qui « s’impriment dans les corps et les esprits », en raison de l’ampleur des défis auxquels la communauté musulmane a été confrontée en France, défis ayant atteint le stade de l’élimination sur la base de la religion. Il a cité plusieurs assassinats ayant coûté la vie à des musulmans, tout en critiquant dans le même temps le silence des autorités françaises face à ces actes et pratiques.
Chems-Eddine Hafiz a écrit dans un « tweet » publié sur le compte de la Grande Mosquée de Paris le mercredi 31 décembre 2025 : « Il y a des années qui passent sans laisser de traces. Et il y a d’autres années qui s’inscrivent dans les corps et les esprits, non par leur fracas, mais par ce qu’elles exigent au plus profond de nous-mêmes. L’année écoulée fut l’une de celles-là pour les musulmans de France : une année lourde, pleine d’épreuves… »
Le recteur de la Grande Mosquée de Paris a rappelé le crime atroce dont a été victime un jeune musulman alors qu’il priait dans l’une des mosquées françaises, un meurtre motivé par le racisme, sur fond d’un abandon injustifié de la part de l’ancien ministre de l’Intérieur de droite, Bruno Retailleau, qui n’a même pas pris la peine de rendre visite à la famille de la victime ni de se rendre sur les lieux du crime (la mosquée). Cela a provoqué une vive colère au sein de la communauté musulmane, illustrée par le refus de la famille de recevoir Retailleau, lequel ne s’est déplacé qu’après deux jours.
Chems-Eddine Hafiz a souligné que les musulmans en France sont victimes de ce type de traitement pour des raisons religieuses et raciales, citant cet incident : « Cet homme a été tué parce qu’il était musulman. Sa mort a été entourée d’un silence rapide, comme si certaines vies pouvaient être effacées plus vite que d’autres. Ce silence a été profondément marquant, laissant une trace qui dépasse largement le chagrin de ses proches. »
Il a précisé que la même année a également enregistré d’autres meurtres à caractère racial et religieux, comme celui d’un migrant tunisien abattu par la police française.
Il a également relevé la montée inquiétante de l’islamophobie en France, atteignant des niveaux sans précédent, avertissant : « À ces tragédies s’ajoute un climat profondément enraciné d’islamophobie, rarement bruyant, mais solidement installé. »
Il a expliqué que cela provoque au sein de la communauté musulmane « une fatigue quotidienne faite de soupçons, de regards et de mise à distance devenue banale, ainsi qu’un épuisement moral que beaucoup ressentent sans toujours pouvoir l’exprimer, tant cela est devenu normalisé. »
À cette occasion, le recteur de la Grande Mosquée de Paris a appelé les Français à « cesser de nier cette réalité, de la minimiser ou de la marginaliser dans le débat public. Il ne s’agit pas de susciter une compassion particulière, mais de faire face à la vérité avec honnêteté et clarté, sans déformation ni falsification ». Un message adressé implicitement aux responsables politiques de droite et d’extrême droite, ainsi qu’aux médias qui leur sont favorables et qui alimentent ce type de pratiques en diffusant une culture de la haine et du racisme.
Selon Chems-Eddine Hafiz, la communauté musulmane en France a démontré « un attachement profond à la République et à ses principes ». Pourtant, elle est traitée par certains responsables politiques et faiseurs d’opinion comme si elle ne faisait pas partie du tissu social français, rendant ce vivre-ensemble, selon lui, « inquiétant, car il contredit les récits simplificateurs et nous oblige à penser autrement ».
À l’inverse, de nombreux responsables politiques modérés en France attribuent la montée de l’hostilité envers les migrants et l’islam aux discours de certains hommes politiques obsédés par la question migratoire, au premier rang desquels l’ancien ministre de l’Intérieur et chef du parti de droite Les Républicains, Bruno Retailleau, ainsi que Marine Le Pen et son bras droit Jordan Bardella du parti d’extrême droite Rassemblement National, qui ont fait de l’hostilité envers les migrants, en particulier ceux de confession musulmane, un axe central de leurs programmes politiques et électoraux.
Source : Echouroukonline
