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Chantage à la « sextape » : 4 ans de prison ferme pour Gaël Perdriau

perdriau

Gaël Perdriau est mis en cause dans une enquête de Mediapart dans une affaire de chantage visant son premier adjoint, Gilles Artigues. Perdriau, qui voyait Artigues comme un rival potentiel, aurait cherché à le neutraliser en obtenant un moyen de pression sur lui.

Chantage à la « sextape » : le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, condamné à quatre ans de prison ferme et à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate. L’édile a été reconnu « entièrement coupable » de chantage, d’association de malfaiteurs et de détournement de fonds publics, par le tribunal correctionnel de Lyon. L’affaire avait éclaté lorsqu’il a voulu tendre un piège au centriste Gilles Artigues pour des raisons politiques.

Gaël Perdriau a été condamné à cinq ans de prison, dont quatre ans ferme, avec mandat de dépôt à effet différé, assorti de l’exécution provisoire, autrement dit il sera bientôt incarcéré, et à cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate, ce qui lui impose de quitter tout de suite la mairie.

Enquête pour « chantage, soustraction, détournement de fonds publics et une association de malfaiteurs »

Selon Wikipedia, en août 2022, Gaël Perdriau est mis en cause dans une enquête de Mediapart dans une affaire de chantage visant son premier adjoint, Gilles Artigues. Perdriau, qui voyait Artigues comme un rival potentiel, aurait cherché à le neutraliser en obtenant un moyen de pression sur lui. Des proches de Gaël Perdriau auraient piégé Gilles Artigues en le filmant à son insu avec un « escort boy » recruté par leurs soins lors d’une soirée intime en 2014, à Paris, dans le but de faire pression sur lui sur le plan électoral. Selon Mediapart, c’est un élu municipal de la majorité, Samy Kéfi-Jérôme, devenu ensuite conseiller régional délégué et vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui a placé une caméra dans la chambre d’hôtel de Gilles Artigues et utilisé la technique du Kompromat. Gilles Rossary-Lenglet, à l’époque compagnon de Samy Kéfi-Jérôme, déclare avoir conçu et organisé cette opération et touché avec lui 50 000 € de la part de la municipalité, via des subventions versées à des associations stéphanoises qui l’auraient ensuite rémunéré.

Le 29 août 2022, le premier adjoint à la mairie porte plainte contre Gaël Perdriau pour « chantage aggravé, guet-apens en bande organisée, détournement de fonds publics et non-dénonciation de faits délictueux », ce qui conduit le parquet de Lyon à ouvrir une information judiciaire. Gaël Perdriau dément dans un premier temps toute implication. Il affirme ne pas avoir connaissance de l’existence d’une vidéo à caractère homosexuel, alors que ce détail n’était a priori connu que de la victime et des maîtres chanteurs. Mediapart publie le 12 septembre des enregistrements qui établiraient l’implication directe du maire dans le chantage, appuyé par son directeur de cabinet Pierre Gauttieri.

Un élu d’opposition de Saint-Étienne, Pierrick Courbon, dépose une plainte contre X pour escroqueries au jugement, les subventions qui auraient servi à rémunérer l’organisateur du guet-apens ayant fait l’objet d’une mise au vote en conseil municipal. À la suite de ces révélations, deux autres figures politiques locales indiquent avoir fait l’objet de pressions et de chantage de la part de Gaël Perdriau et de son entourage.

Le 18 novembre 2022, après avoir fait part de ses remarques sur un article à paraître dans Mediapart, portant sur les pratiques politiques de Gaël Perdriau, et dont les informations étaient issues d’enregistrements sonores de conversations de travail tenues dans son bureau, Gaël Perdriau obtient du tribunal judiciaire de Paris une ordonnance interdisant par avance à Mediapart de publier de nouvelles informations issues de ces enregistrements, mais cette ordonnance fait l’objet d’une rétractation 12 jours plus tard, et Mediapart publie les informations révélant que Gaël Perdriau a lancé une rumeur calomnieuse accusant le président de région Laurent Wauquiez de pédocriminalité. Gaël Perdriau reconnait que ses accusations sont « sans fondement », et Laurent Wauquiez porte plainte pour diffamation. Le 6 juin 2023, Gaël Perdriau est condamné à régler une caution de 60 000 euros afin de ne pas être placé en détention provisoire.

Le 5 avril 2023, après une journée de garde à vue, Gaël Perdriau, son ancien directeur de cabinet, son ex-adjoint à l’Éducation et l’ancien compagnon de ce dernier sont tous mis en examen pour différents chefs d’accusation et placés sous contrôle judiciaire. Le maire Gaël Perdriau est quant à lui mis en examen pour chantage et placé sous le statut de témoin assisté pour détournement de fonds publics par un dépositaire de l’autorité publique.

Le 26 avril 2023, Mediapart révèle qu’une nouvelle vidéo a été découverte sur un vieux disque dur d’ordinateur, datant du 18 septembre 2016, en relation avec la première vidéo qui avait été découverte en 2022.

Le 1er octobre 2023, Mediapart révèle qu’une autre opération avait été envisagée, à l’été 2015, cette fois contre Michel Thiollière, maire de la ville de 1994 à 2008, avec lequel Gaël Perdriau avait eu des divergences politiques par le passé. Le piège imaginé par MM. Rossary-Lenglet et Gauttieri aurait consisté à le compromettre gravement en utilisant une prostituée mineure.

Au cours de son audition le 18 décembre 2023 , Pierre Gautieri, directeur de cabinet et jusque là déniant toute responsabilité du maire, aurait selon Mediapart déclaré qu’il a menti jusque là et que c’est bien le maire qui a décidé de l’opération visant à compromettre Gilles Artigues. En janvier 2024, sa mise en examen est étendue aux chefs d’« association de malfaiteurs » et de « détournement de fonds publics ».

En juin 2025, après deux ans d’instruction, Gaël Perdriau est renvoyé devant le tribunal correctionnel.

#GaelPerdriau #Mediapart #Gilles_Artigues #SaintEtienne

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