Le chef de la diplomatie algérienne Ahmed Attaf a souligné que le peuple sahraoui attend toujours d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination, conformément aux résolutions de la légalité internationale et à la doctrine onusienne bien établie en matière de décolonisation.
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Le ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a affirmé que la question du Sahara Occidental reste l’un des dossiers les plus marquants illustrant le recul de l’intérêt international pour les crises du continent, et ce, malgré son inscription depuis 62 ans sur la liste des Nations Unies des territoires à décoloniser.
Il a souligné que le peuple sahraoui attend toujours d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination, conformément aux résolutions de la légalité internationale et à la doctrine onusienne bien établie en matière de décolonisation.
Ces déclarations ont été faites lors de l’ouverture de la nouvelle édition du « Processus d’Oran » à Alger, en présence de hauts responsables de l’Union africaine et des Nations Unies, ainsi que de plusieurs ministres et chefs de délégations africaines.
Le ministre a expliqué que cette réunion à Alger ramène le continent à la source de ce processus lancé il y a 12 ans, avec une vision stratégique visant à unifier la voix africaine et à renforcer son influence au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, considéré comme la principale tribune internationale pour le traitement des questions de paix et de sécurité.
M. Attaf a mis en avant trois acquis qu’il a qualifiés de « vérités éclatantes » :
- L’officialisation du Processus d’Oran comme rendez-vous continental fixe dans l’agenda de l’Union africaine.
- La transformation des trois États africains (A3) siégeant au Conseil de sécurité en un bloc à l’identité et aux positions unifiées.
- L’élévation de l’Afrique au niveau d’un plaidoyer d’une seule voix au sein du Conseil de sécurité, loin des agendas nationaux étroits.
Il a affirmé que ces acquis n’auraient pas été possibles sans l’engagement des États africains envers l’esprit de ce processus, saluant les pays qui se sont succédé aux trois sièges africains du Conseil de sécurité depuis la création du Processus d’Oran.
En sa qualité de membre du Conseil de sécurité et du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, M. Attaf a souligné que l’Algérie a œuvré, aux côtés de la Somalie et de la Sierra Leone, pour former un bloc africain reflétant les positions du continent et non celles des États, dans le respect total des décisions de l’Union africaine.
À l’approche de la fin de son mandat au Conseil de sécurité, le ministre a exprimé l’espoir que l’Algérie ait honoré ses engagements envers le continent, annonçant par la même occasion le soutien de son pays à la République Démocratique du Congo et au Liberia, qui lui succéderont au Conseil, en mettant l’expérience algérienne à leur disposition.
M. Attaf a également évoqué avec inquiétude une « conjoncture internationale très perturbée » menaçant trois piliers fondamentaux : le droit international, le multilatéralisme et le rôle des Nations Unies comme phare de justice et de droit. Il a noté que ces développements ont contribué au déclin de l’attention mondiale portée aux crises africaines, malgré leur gravité.
Dans ce contexte, il a passé en revue les dossiers du Soudan, de la Libye, du Sahel et de l’Afrique de l’Est, qui connaissent une aggravation rapide, affirmant que l’absence d’initiatives africaines efficaces a laissé le champ libre aux ingérences étrangères et a affaibli la résonance du continent sur la scène internationale.
Le ministre a appelé à un retour à une diplomatie africaine authentique, fondée sur la présence sur le terrain, le dialogue entre les différentes parties et la proposition d’initiatives de médiation sérieuses, rappelant, en référence à une citation du leader Kwame Nkrumah, que « la source de la force de l’Afrique réside en elle-même ».
M. Attaf a conclu son allocution en appelant au renouvellement de l’engagement pour des « solutions africaines aux problèmes africains » et à un plaidoyer unifié au sein du Conseil de sécurité, tout en poursuivant la lutte pour mettre fin à la marginalisation du continent dans les centres de décision internationaux.
APS
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