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Un séisme secoue la presse marocaine et l’opinion publique nationale à la suite de la vidéo jeudi par le journaliste Hamid El Mahdaoui. Nous ne souhaitons pas nous focaliser sur la personne qui a diffusé la vidéo, mais plutôt sur son contenu inquiétant.
Un enregistrement audio attribué à une réunion du Comité disciplinaire relevant du Conseil national de la presse a relancé un large débat au sein des milieux professionnels et juridiques, après que le journaliste Hamid El Mahdaoui l’a publié sur sa chaîne YouTube. L’enregistrement contient des extraits où l’on voit les membres du comité délibérer sur les sanctions disciplinaires proposées à son encontre, lors d’une réunion consacrée à l’examen de sa situation professionnelle.
Ce que le journaliste Hamid El Mahdaoui a publié dans cette vidéo ne révèle pas seulement les dérives de la presse et les dysfonctionnements de ceux qui gèrent le secteur ; le contenu de la vidéo porte également atteinte à l’autorité même de l’État et à ses institutions, qu’il s’agisse de la justice, du ministère public ou de l’ensemble de l’institution exécutive.
Le dialogue des personnes apparaissant dans la vidéo, et leur manière de parler avec certitude de la façon de communiquer avec des parties influentes citées nommément, comme Nabawi, ainsi que leurs propos sur la manière de raccourcir la voie pour donner à leur avis / décision une force juridique, ou encore leur connaissance des chemins détournés qui seront empruntés, dans un mépris total de la justice et de l’institution des avocats…
Tout cela fait de la vidéo un scandale aux dimensions complètes, nécessitant l’imposition de sanctions contre ces personnes et leur poursuite. Autrement, cela confirmerait qu’il existe un État dans l’État, qui contrôle le sort des gens et fabrique les poursuites et les jugements sur mesure, selon ses propres humeurs, loin des institutions et des lois en vigueur.
Quant à la manière dont il a obtenu les extraits vidéo, cela ne nous regarde pas. L’important est que ces extraits ont été publiés et sont parvenus à l’opinion publique. Le plus grave est que la vidéo était destinée à demander conseil à une personne à distance, quelqu’un d’influent, comme son nom l’indique : Jalal…
Ce scandale arrache la feuille de figuier qui couvrait la nudité entière d’un pays si cela passe inaperçu. Il menace la structure institutionnelle et l’édifice juridique si de telles dérives sont ignorées.
N.B. :
Que vous soyez en désaccord avec El Mahdaoui ou que vous n’adhériez pas à ses positions, sa ligne éditoriale, son discours ou ses convictions, cela ne peut en aucun cas justifier d’accepter la mascarade que nous avons sous les yeux. Ce que nous voyons est un massacre qui nous renvoie 100 ans en arrière, à l’époque de Dlimi et Basri, lorsque des individus façonnaient l’avenir des autres selon leurs humeurs et transformaient les institutions en appareils obéissant à leurs désirs.
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