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La course diplomatique pour le Sahara Occidental: tout le monde bouge, et la RASD ?

La France et les États-Unis ont convenu de coordonner leur position au Conseil de Sécurité. Leur objectif commun est de promouvoir une formulation qui, pour la première fois, introduise implicitement le concept de « souveraineté marocaine » sur le Sahara Occidental. Cela entraînerait un changement fondamental dans la nature du conflit, transformant le mandat de la MINURSO d'une mission de décolonisation à une simple mission de stabilisation.
Admin 20 octobre 2025
sahara USA morocco

Tags : Sahara Occidental, Maroc, RASD,MINURSO, Conseil de Sécurité, Etats-Unis, France, autonomie, Russie, Espagne,

Par Héctor Bujari Santorum

À quelques jours du renouvellement du mandat de la MINURSO au Conseil de Sécurité de l’ONU, les déclarations du ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, ont agi comme une douche froide, même si, au fond, elles n’ont fait que confirmer la position historique de Moscou. Son affirmation selon laquelle la question ne sera close que « lorsque toutes les parties prenantes — et pas seulement une — comprendront que cette décision est basée sur l’équilibre des intérêts » était un avertissement clair : la Russie ne cautionnera pas une solution imposée, et sa seule mention du « Plan d’autonomie » marocain a servi à indiquer clairement qu’elle ne le soutiendra pas inconditionnellement.

Face à ce message, la réaction marocaine a été immédiate. Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, s’est empressé de rencontrer Lavrov à Moscou. L’objectif était prévisible : s’assurer que la Russie ne mette pas son veto à une résolution favorable au Maroc au Conseil de Sécurité. Le résultat a été la formalisation d’un Comité de travail bilatéral, une manœuvre pour approfondir l’alliance et tenter de neutraliser un veto russe.

L’offensive marocaine ne s’est pas arrêtée à Moscou. Bourita avait déjà un voyage prévu à Paris pour les 22 et 23 octobre, où il rencontrera son homologue français. Cette coordination n’est pas nouvelle, il existe une feuille de route franco-marocaine axée sur « l’actualisation » du plan d’autonomie. Essentiellement, on ne cherche pas une solution politique légitime, mais un maquillage juridique qui consolide l’occupation sous l’apparence d’une négociation.

Cet axe Paris-Rabat bénéficie, en outre, de la complicité de Washington. La France et les États-Unis ont convenu de coordonner leur position au Conseil de Sécurité. Leur objectif commun est de promouvoir une formulation qui, pour la première fois, introduise implicitement le concept de « souveraineté marocaine » sur le Sahara Occidental. Cela entraînerait un changement fondamental dans la nature du conflit, transformant le mandat de la MINURSO d’une mission de décolonisation à une simple mission de stabilisation.

Le paiement de la reconnaissance américaine a été effectué en décembre 2020 : le Maroc et Israël ont signé les Accords d’Abraham, formalisant la normalisation de leurs relations diplomatiques. En échange, les États-Unis ont soutenu la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental.

Face à cette machinerie diplomatique, l’Algérie maintient sa position historique de soutien à l’autodétermination et à la RASD. Cependant, le fait que Washington ait sondé le président Tebboune pour chercher un « assouplissement » de sa position met en évidence la stratégie de l’axe occidental : tenter de diluer le conflit en un différend bilatéral entre le Maroc et l’Algérie, effaçant de la carte l’essence du droit à l’autodétermination.

À ce stade, une question cruciale se pose : quel est le rôle de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) face à cette offensive ? Alors que le Maroc déploie un agenda diplomatique intense, rencontrant Lavrov, concluant des accords à Paris et se coordonnant avec Washington, on ne perçoit pas de mouvements équivalents de la part de la représentation sahraouie.

À un moment si critique, où le vote du Conseil de Sécurité peut signifier la légitimation définitive de l’occupation, l’absence d’une contrepartie diplomatique sahraouie tout aussi active est alarmante. Les dirigeants sahraouis, que ce soit par incapacité ou par omission, ne semblent pas mener une campagne urgente de réunions avec les membres permanents et non permanents du Conseil pour contrer le récit marocain et défendre leur cause devant ceux qui ont le vote.

Cette absence n’est pas fortuite, mais symptomatique. Après des décennies de conflit, on perçoit l’épuisement d’une direction qui a perdu l’élan de l’impulsion révolutionnaire de 1975. L’épopée de la fondation et de la guerre a fait place à une gestion bureaucratique de la résistance. On a administré l’espoir, mais on n’a pas disputé l’avenir avec la même férocité que l’ennemi dispute le présent. Une inertie léthargique qui confond la résilience avec la passivité.

Face à ce défi existentiel, la nécessité d’un changement de cycle politique est palpable. L’unité nationale forgée en exil, ce capital sacré du peuple sahraoui, ne peut être la victime de la paralysie. Un renouvellement s’impose d’urgence qui, sans trahir les principes fondateurs, retrouve l’audace des origines et mène la bataille.

Cependant, ce renouvellement nécessaire se heurte à un paradoxe amer. La jeunesse sahraouie, à laquelle on a tenté de donner de l’espace dans le mouvement, s’est vu attribuer, dans bien des cas, un profil qui priorise l’avantage individuel sur la cause collective. Le même réseau de contacts extérieurs qui devrait être une arme diplomatique a été utilisé par certains pour gérer leur propre départ vers l’Europe, cherchant une vie loin de l’asphyxie des camps.

Ce phénomène n’est pas seulement un drainage de talent ; c’est une saignée de légitimité et un symptôme de la décomposition du projet commun. La lutte révolutionnaire se voit ainsi minée par une mentalité de gestion personnelle, créant une fracture profonde entre la base qui résiste et une classe cosmopolite émergente qui négocie sa désaffiliation.

Le bras de fer n’est donc pas seulement contre le Maroc et contre le conformisme ; il est aussi contre la désertion silencieuse d’une partie de la relève appelée à la remplacer.

Si la nouvelle génération qui aspire à diriger reproduit les vices de l’opportunisme ou priorise sa fuite, l’avenir du Sahara Occidental ne se perdra pas au Conseil de Sécurité, mais aura été bradé, billet par billet, dans les couloirs des ambassades et dans les vols d’évacuation.

Si la direction actuelle est incapable d’agir avec l’urgence qu’exige ce moment historique, son héritage ne sera pas la résistance, mais la reddition. L’histoire les jugera non seulement pour ce qu’ils ont accompli, mais pour ce qu’ils ont cessé de faire au moment décisif.

Où est l’urgence ? Où est le réseau d’alliances qui devrait être activé pas à pas dans les couloirs de l’ONU, dans les capitales des membres non permanents du Conseil, dans les sièges des grands médias internationaux ? La réponse est un silence qui équivaut à céder du terrain sans tirer un seul coup de feu diplomatique.

La communauté internationale est confrontée à une alternative : respecter le droit international ou céder aux pressions d’un axe qui privilégie la « stabilité » des intérêts sur la justice. Mais pour que la balance penche vers le premier, il est impératif que la partie sahraouie soit présente à toutes les tables. Le silence diplomatique, dans ce contexte, équivaut à céder du terrain. L’issue montrera non seulement dans quelle mesure l’ONU est garante du droit, mais aussi la capacité des dirigeants sahraouis à disputer, pas à pas, l’avenir de leur peuple.

Au-delà du bras de fer diplomatique immédiat au Conseil de Sécurité, ce qui est en jeu transcende les frontières du Maghreb et remet en question la validité même du droit international.

La communauté internationale est confrontée à une alternative qui transcende le cas sahraoui. On joue le respect du droit inaliénable de tous les peuples à la libre détermination et à l’indépendance, un principe consacré dans la Charte des Nations Unies et, spécifiquement, dans la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée Générale du 14 décembre 1960, qui contient la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux.

Il ne faut pas sous-estimer la profonde solidarité que la cause sahraouie suscite dans une grande partie de l’Afrique. Pour des nations comme l’Afrique du Sud et le Nigeria, l’indépendance du Sahara Occidental est une dette impayée du continent, et toute tentative de l’enterrer rencontrera une opposition au sein de l’Union Africaine, pouvant provoquer une crise diplomatique entre l’ONU et l’UA.

Ignorer le droit international au Sahara Occidental n’est pas un fait isolé ; cela ouvrirait une porte dangereuse à l’instabilité mondiale. Si l’annexion d’un territoire non autonome est légitimée par l’imposition d’un fait accompli et d’un maquillage diplomatique, cela créerait un précédent dévastateur qui encouragerait les conflits territoriaux sur toute la planète. Ce qui est en jeu, c’est l’architecture même de l’ordre international basé sur des normes.

Voici le paradoxe le plus brutal : ceux qui insistent le plus pour ignorer ce droit fondamental dans le cas sahraoui sont précisément les mêmes acteurs qui sont habituellement à l’origine et alimentent l’instabilité mondiale. Leur apparente recherche de « stabilité » au Maghreb n’est rien d’autre que l’imposition d’une paix fictive sur la base de l’injustice, une formule qui, loin d’apaiser, finit toujours par générer plus de conflit. L’issue de ce vote montrera non seulement l’avenir du Sahara, mais aussi dans quelle mesure la loi du plus fort prévaut sur le droit des peuples.

La Cour Internationale de Justice a tranché le débat en 1975 : il n’y avait pas de souveraineté marocaine préalable sur le Sahara Occidental. Par conséquent, invoquer l’« intégrité territoriale » pour tenter d’annexer un territoire qui n’a jamais été sien est une distorsion grotesque du droit international.

La civilisation qui se construit sur le pillage d’autres cultures n’est qu’une fiction. C’est précisément le chemin que parcourent la France, les États-Unis, l’Espagne et le Maroc, entre autres. Leurs intérêts bilatéraux dans un troc infâme sur les droits du peuple sahraoui. Le colonialisme est l’état de barbarie des nations civilisées, et il est toujours en vigueur.

Quel message est envoyé à d’autres territoires en litige si l’invasion et l’occupation sont récompensées ? Le cas du Sahara n’est pas une exception, c’est le manuel de ce qu’aucun pays qui vit en paix ne devrait vouloir voir normalisé.

Si l’annexion du Sahara est légitimée, la Charte de l’ONU et sa Résolution 1514 seront réduites en miettes. Ce sera l’invitation à un monde où la force, et non le droit, décidera de la carte des nations.

Si cela se produit, ce sera le dernier coup de pelle sur les Nations Unies et le pas définitif vers un monde où les intérêts de quelques-uns s’imposent sur les droits des peuples. C’est peut-être la confirmation la plus percutante que nous vivons dans ce monde.

Source : Facebook, 19/10/2025

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