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La Génération Z du « Maroc » face au système du Makhzen du « Morocco
« Il y a Morocco, et il y a Le Maroc. » Cette phrase, répétée par les Marocains, résume une réalité amère : Morocco est l’image éclatante diffusée par la machine de propagande du Makhzen, faite de villes propres, de mégaprojets, de football et de festivals internationaux
Le Maroc réel, ce sont les victimes du tremblement de terre d’Al Haouz qui vivent encore sous des tentes, la misère noire dans les quartiers marginaux, le chômage endémique, et les hôpitaux qui ressemblent davantage à des morgues qu’à des lieux de soin. Fin septembre 2025, la colère contenue a explosé dans les rues de Rabat, Casablanca et d’autres villes. La réponse du Makhzen fut brutale face à ce cri : violence, répression et arrestations.
Un appel numérique se transforme en mouvement de terrain
Tout a commencé sur les réseaux sociaux, notamment TikTok et Instagram, où le groupe « Génération Z 212 » a appelé les Marocains à descendre dans la rue les 27 et 28 septembre 2025. Les slogans étaient clairs et directs : « La santé d’abord, on ne veut pas de la Coupe du Monde », « La dignité avant le ballon », « L’éducation et la santé sont des droits, pas une faveur ».
Des milliers de jeunes, majoritairement issus des classes marginalisées qui n’ont goûté de « Morocco » que les promesses illusoires, ont répondu à l’appel.
Les forces du Roi face aux manifestants avec brutalité
Ce qui s’est passé dans les rues n’était pas un simple « maintien de l’ordre » comme le prétendent les autorités, mais une répression systématique et sauvage. Les forces de sécurité marocaines, que les citoyens appellent « l’armée du Roi », se sont déployées en force effrayante sur les places et les artères principales. Elles ont utilisé matraques et gaz lacrymogène de manière aveugle contre des manifestants pacifiques, y compris des jeunes et des femmes.
Les scènes de passages à tabac se sont propagées sur les réseaux sociaux, malgré les tentatives des autorités pour les censurer et les supprimer.
Arrestations arbitraires et intimidation
Le Makhzen ne s’est pas contenté de la violence sur le terrain, il a lancé une vaste campagne d’arrestations visant des dizaines de jeunes, dont certains ont été interpellés à leur domicile tard dans la nuit. Les arrestations ont même touché ceux qui avaient simplement publié des photos ou des vidéos des protestations sur leurs comptes personnels. Le message était clair : quiconque ose protester ou même documenter paiera le prix fort.
Témoignages au cœur de l’événement
Des témoins oculaires ont décrit une scène terrifiante : « Ils frappaient sauvagement, même ceux qui passaient par là par hasard », « J’ai vu un jeune homme se faire frapper à la tête avec une matraque jusqu’à ce que le sang coule, et quand d’autres ont essayé de l’aider, ils ont été frappés aussi ».
Des jeunes femmes ont rapporté des harcèlements verbaux et des insultes de la part des agents de sécurité pendant leur interpellation. Les familles des détenus ont évoqué l’interdiction de visite et le refus de fournir des informations sur leurs enfants.
L’occultation médiatique officielle
Les chaînes officielles marocaines et celles proches du Makhzen ont totalement ignoré les événements, ou se sont contentées de brèves nouvelles sur des « tentatives de sabotage » déjouées. Pas d’images, pas de détails, pas un mot sur la violence.
Le « Morocco » officiel a continué de diffuser ses programmes de divertissement et ses nouvelles enjolivées, pendant que le Maroc réel saignait dans les rues.
Le séisme d’Al Haouz : la catastrophe oubliée
En septembre 2023, un séisme dévastateur a frappé la région d’Al Haouz, laissant derrière lui des milliers de morts et de blessés, et détruisant des villages entiers. Deux ans plus tard, les survivants vivent toujours sous des tentes et des baraquements en tôle, attendant des promesses non tenues. L’aide promise s’est évaporée, et la reconstruction annoncée à grand renfort médiatique n’a pas dépassé le stade des slogans. En parallèle, des milliards de dollars sont dépensés pour des stades et des infrastructures sportives en vue du Mondial 2030. Cette contradiction flagrante a allumé la mèche de la colère.
Un système de santé en ruine
Les hôpitaux publics au Maroc ressemblent à des scènes d’un monde dystopique : pénurie criante de médecins et d’infirmiers, équipements médicaux en panne, rupture de stocks de médicaments, malades dormant à même le sol, opérations chirurgicales annulées faute de matériel essentiel. Dans un pays qui investit des milliards dans le football et les projets de prestige, les citoyens meurent de maladies soignables. Les classes pauvres et moyennes n’ont pas le luxe de se faire soigner dans des cliniques privées, et la maladie devient une condamnation à mort.
Une éducation qui produit l’analphabétisme
Le système éducatif marocain est en état de faillite totale. Écoles sans fenêtres, élèves étudiant dans le froid glacial et la chaleur extrême, pénurie d’enseignants, programmes obsolètes, et taux d’abandon élevés. Les universités forment des chômeurs munis de diplômes sans valeur sur le marché du travail. La bonne éducation est devenue l’apanage des enfants de riches dans les écoles privées, tandis que la majorité est condamnée à l’ignorance et à la pauvreté.
Chômage mortel et absence d’horizon
La jeunesse marocaine vit dans un tunnel sombre sans lumière au bout. Les diplômes universitaires ne garantissent pas un emploi, et les rares postes disponibles sont distribués par népotisme et corruption. Des milliers risquent leur vie dans des bateaux de la mort vers l’Europe, préférant la noyade à la survie dans un pays qui écrase leurs rêves. Ceux qui restent vivent en marge, attendant un miracle qui ne viendra pas.
La corruption, un système de gouvernement au pays du Roi
La corruption n’est pas un phénomène passager au Maroc, mais un système de gouvernance. Du sommet de la pyramide au plus petit fonctionnaire, c’est la règle : pots-de-vin, népotisme et exploitation. Les marchés publics sont attribués à des proches, les terres sont accaparées, les projets de développement sont vidés de leur substance. Le citoyen ordinaire sait que rien ne bouge sans « le pourboire » (l’allusion à al-halwa, le bonbon/la douceur), que ce soit pour obtenir un document administratif ou un traitement dans un hôpital public.
Misère noire et disparité des classes
Le Maroc est le pays des contradictions flagrantes : des quartiers huppés avec des villas luxueuses et des voitures de luxe côtoient, à quelques kilomètres, des bidonvilles où les gens vivent comme des animaux. La richesse est concentrée entre les mains d’une minorité liée au Makhzen, tandis que la majorité écrasante se bat pour survivre. Cette disparité choquante a créé un sentiment d’injustice et de désespoir.
« Morocco » contre « Le Maroc » : le système de normalisation de l’illusion
Le Makhzen a perfectionné l’art du lustrage de l’image et de la création d’illusions. Les chaînes de télévision officielles et proches diffusent quotidiennement des scènes de prospérité et de succès : mégaprojets inaugurés, investissements étrangers, salons internationaux, stars du football portant le maillot national. Le « Morocco » vendu au monde est un pays stable, démocratique, ouvert, un modèle dans la région.
La dure réalité cachée
Mais sous cette épaisse couche de maquillage se cache le Maroc réel : pauvreté, maladie, ignorance, répression, désespoir. Ce Maroc-là n’apparaît pas dans les journaux télévisés, n’est pas invité aux festivals internationaux, n’est pas mentionné dans les discours des responsables. Il n’existe que dans les quartiers marginaux, dans les villages oubliés, dans les files d’attente des hôpitaux, dans les yeux des jeunes chômeurs.
Le système de normalisation… vendre l’illusion comme réalité
Le régime marocain est devenu expert dans la « normalisation » de cette schizophrénie : il normalise l’acceptation de l’illusion comme réalité par les citoyens, le silence face à l’injustice, l’abandon au désespoir. Par le contrôle des médias, la répression des voix dissidentes, l’achat des consciences et la diffusion d’une culture de la peur, le Makhzen tente de convaincre les Marocains que « Morocco » est leur réalité, et que toute mention du Maroc réel est du sabotage et de la trahison.
Le réveil… la génération qui a refusé l’illusion
Mais la « Génération Z » a refusé ce jeu. Ces jeunes, connectés au monde via Internet, conscients de leurs droits, non disposés à se taire, ont décidé de démasquer l’illusion. Ils ne croient plus que des stades de football luxueux signifient le progrès alors que leurs enfants étudient sous des tentes. Ils n’acceptent plus de mourir dans les hôpitaux pendant que des milliards sont dépensés dans des projets tape-à-l’œil. Ils ont décidé de crier : « C’est le Maroc réel, pas le Morocco que vous nous vendez ! »
Érosion de la légitimité et un système au bord du gouffre ?
Le contrat social implicite qui a régi le Maroc pendant des décennies était simple : pouvoir absolu du Makhzen en échange d’un minimum de stabilité et de services. Mais ce contrat s’est effondré. Le Makhzen n’est plus en mesure de fournir même le minimum, et la jeunesse n’est plus disposée à accepter le pouvoir absolu. La répression brutale des manifestations pacifiques érode davantage la légitimité et crée une fracture profonde entre le régime et le peuple.
Le risque d’une explosion sociale généralisée
Tous les indicateurs montrent que le Maroc est assis sur un baril de poudre. Les pressions sociales et économiques sont en constante augmentation, le désespoir et la frustration s’aggravent, et la confiance dans le régime est à son niveau le plus bas. La répression peut réussir à éteindre temporairement l’incendie, mais les braises couvent toujours sous la cendre. Toute nouvelle étincelle pourrait entraîner une explosion plus large et plus violente qui ne pourrait être contrôlée.
Un changement dans l’équation de la peur
Le plus dangereux des protestations de la « Génération Z », c’est qu’elles ont montré qu’une nouvelle génération n’a plus peur. La peur était l’arme la plus puissante du Makhzen pendant des décennies, mais elle a perdu de son efficacité. Les jeunes qui sont descendus dans la rue savent qu’ils peuvent être frappés, arrêtés ou torturés, mais ils y sont allés malgré tout. Ce changement dans l’équation de la peur change tout et rend la répression moins efficace.
Crise du discours officiel
Le discours de la trahison et du complot extérieur que le Makhzen avait l’habitude d’utiliser ne fonctionne plus. Les jeunes ne croient pas que la revendication d’hôpitaux fonctionnels et d’écoles équipées soit un « complot étranger ». Les médias officiels ont complètement perdu leur crédibilité, et les citoyens s’informent auprès de sources alternatives. La crise du discours est une crise de confiance profonde.
Pression internationale et hypocrisie de « Morocco »
L’image de « Maroc stable et démocratique » que le Makhzen promeut à l’international est en train de se fissurer. Les scènes de répression brutale se sont propagées dans le monde entier, et les organisations de défense des droits humains commencent à mettre en lumière les violations. Cette pression internationale, malgré ses limites, met le Makhzen dans une position délicate, d’autant plus qu’il cherche à améliorer son image pour attirer les investissements et accueillir des événements internationaux.
Deux choix amers
Le Makhzen est face à deux choix : soit des réformes radicales et réelles qui s’attaquent aux causes profondes de la crise, ce qui signifie réduire ses pouvoirs, lutter contre la corruption dans ses rangs et redistribuer les richesses ; soit la poursuite de la répression et de l’ignorance, ce qui signifie une escalade supplémentaire et la probabilité d’une explosion incontrôlable. Les deux options sont difficiles, mais la seconde est catastrophique.
La fin de « Morocco », la naissance du « Maroc » ?
Les protestations de la « Génération Z » sont peut-être le début de la fin du « Morocco » illusoire, et le début de l’émergence du Maroc réel. Un peuple qui refuse le silence, une génération qui rejette les illusions, un mouvement qui a brisé la barrière de la peur. La question n’est pas de savoir si le changement arrive, mais quand et à quel prix. L’histoire nous apprend que les régimes qui refusent d’écouter leurs peuples et qui affrontent les revendications légitimes par la violence creusent leur propre tombe.
Un cri qui ne sera pas étouffé
Dans les rues de Rabat et Casablanca, entre le gaz lacrymogène et les matraques, quelque chose de nouveau est né : une génération qui refuse d’être un numéro dans les statistiques de la pauvreté, une voix qui refuse d’être étouffée, un espoir qui refuse de mourir. Le Makhzen pense que la répression ramènera les choses à la « normale », mais la normalité est morte. Il n’est plus possible de revenir à l’ère du silence et de la peur. Le Maroc réel est sorti de l’ombre, exposant la fausseté de « Morocco ». La question est maintenant : ceux qui sont au pouvoir écouteront-ils, ou continueront-ils de danser au bord du précipice jusqu’à y tomber ? »
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