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Le silence des autorités marocaines est assourdissant. Depuis les révélations du journaliste Slaiman El Rissouni sur la fuite du général de Corps d’Armée, Mohamed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales, aucune réaction officielle n’est venue démentir ni confirmer une information qui, si elle se vérifie, marquerait un tournant critique dans l’histoire militaire et politique du royaume.
La gravité de l’affaire ne tient pas uniquement au grade du général Berrid, deuxième personnage militaire après le roi Mohammed VI, mais à la conjoncture hautement sensible dans laquelle elle s’inscrit : une monarchie fragilisée par les rumeurs persistantes sur la santé du souverain, des luttes de pouvoir internes mises à nu par une récente série d’enquêtes du quotidien « Le Monde », et un échiquier géopolitique régional de plus en plus instable. »
Nommé en avril 2023 à la tête de l’inspection générale de l’armée et au commandement de la région Sud , Mohamed Berrid incarnait la continuité stratégique du commandement militaire marocain. Sa « fuite présumée à l’étranger, sans autorisation royale », évoquée par des sources européennes, suscite une onde de choc dans les cercles de défense et les chancelleries.
Les allégations de relations troubles avec les Émirats arabes unis, un partenaire aussi stratégique que sensible pour Rabat, ajoutent une dimension géopolitique troublante à cette disparition inexpliquée. Plus inquiétant encore : les médias marocains gardent le silence, tout comme les institutions concernées. Ce mutisme nourrit les soupçons d’une fracture interne.
En toile de fond, l’état de santé du roi Mohammed VI, absent de la scène publique depuis plusieurs semaines, continue d’inquiéter. L’article du « Monde » soulignant son retrait et les rivalités au sein du “makhzen”. Ce système opaque de gouvernance monarchique, donne à cette affaire Berrid des allures de symptôme d’un système en tension. L’absence du chef des services de renseignement extérieur, Yassine Mansouri, lors d’événements officiels, alimente davantage les spéculations.
L’armée marocaine, longtemps perçue comme une institution verrouillée et loyale, se retrouve ainsi au cœur d’un imbroglio politico-militaire. La disparition d’un de ses chefs les plus influents, s’ajoutant au silence royal et aux tensions internes, pourrait révéler des fissures profondes. La question de la succession du roi, taboue depuis deux décennies, refait surface avec insistance, et avec elle, celle de la solidité du pouvoir militaire et sécuritaire du royaume.
Face à ces interrogations majeures, le silence ne pourra pas durer éternellement. Une chose est sûre : la fuite du général Berrid, si elle est confirmée, marque peut-être le début d’une recomposition en coulisses du pouvoir marocain. Et les répercussions pourraient ne pas s’arrêter aux frontières du royaume.
Source: Réflexion.dz

