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Maroc: Quand Hassan II comparait le Sahara Occidental à la Palestine

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La dernière référence au sujet est un éditorial du quotidien indépendant londonien The Times, dans lequel sont soulignés deux points auxquels le journal accorde une grande importance : l’erreur du roi Hassan en comparant le cas du Sahara à la cause palestinienne, et la nécessité d’un référendum, sous la supervision de l’O.N.U., au moyen duquel les Sahraouis décideraient de leur avenir, avec l’indépendance comme l’une des alternatives.

Comparer le cas du Sahara à la cause palestinienne

ERREUR DE HASSAN

◆ Selon The Times, le droit à l’autodétermination que les Arabes réclament pour les Palestiniens s’étend également aux Sahraouis

LONDRES, 25. (Par José MELENDEZ, pour PUEBLO.)

La question du Sahara apparaît assez fréquemment dans les pages des journaux londoniens et toujours avec des accents critiques à l’égard des déclarations du Maroc, estimant qu’elles tiennent davantage aux phosphates et à la situation du trône marocain qu’à l’authenticité de ses revendications territoriales.

La dernière référence au sujet est un éditorial du quotidien indépendant londonien The Times, dans lequel sont soulignés deux points auxquels le journal accorde une grande importance : l’erreur du roi Hassan en comparant le cas du Sahara à la cause palestinienne, et la nécessité d’un référendum, sous la supervision de l’O.N.U., au moyen duquel les Sahraouis décideraient de leur avenir, avec l’indépendance comme l’une des alternatives.

L’éditorial commence par rappeler l’histoire de l’affaire et en affirmant que « l’intervention de la Cour de La Haye a servi à déterminer le passé du territoire et non son avenir », afin de mettre en évidence la contradiction apparente entre le gouvernement espagnol et le Front Polisario, alors que les deux poursuivent le même objectif : le transfert de la souveraineté du territoire à ses habitants. « L’explication peut résider — dit l’éditorial — dans le fait que l’Espagne espère céder la souveraineté politique, mais en sauvegardant ses intérêts économiques, tandis que le Front Polisario souhaite le contrôle absolu. » À cet égard, il souligne que l’Espagne serait plus encline à transférer le territoire au Front Polisario plutôt que de le céder au Maroc, « dont les « forces de libération et d’unité sahraouie » ne sont connues de personne, en dehors du territoire marocain. »

Le vieux soupçon des observateurs britanniques selon lequel l’attitude du Maroc est fondée sur son ambition pour les phosphates — puisque les gisements de Bu-Craa pourraient constituer une grande concurrence à sa position de nation exportatrice — est une fois de plus mis en relief dans l’éditorial, qui affirme qu’il existe des indices selon lesquels, lors de la conférence de Rabat de l’automne dernier, le Maroc et la Mauritanie seraient parvenus à un accord secret pour se partager le Sahara, « mais la Mauritanie ne semble pas se fier à cela, et pourrait donc se montrer plus encline à une offre « d’association étroite » avec le Front Polisario. »

Vient ensuite la critique, une critique sévère, du récent discours du roi Hassan, que, pour ses menaces, on compare au président Sadate des années précédant la guerre d’octobre au Moyen-Orient. « La phrase du roi Hassan : « nous entrerons au Sahara en paix ou en guerre » — dit l’éditorial — est un clair exemple de ce qu’il attend de la Cour de La Haye. »

Enfin, l’éditorial commente l’affirmation du roi Hassan selon laquelle « pour le Maroc, le Sahara est aussi important que la cause palestinienne », en lui rappelant que « ce que le roi ne doit pas oublier, c’est que ce pour quoi le monde arabe, y compris le Maroc, lutte, c’est le droit à l’autodétermination des Palestiniens. Et ce droit s’étend également, entièrement, au peuple sahraoui. »

PUEBLO 25 août 1975

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