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Maroc – Piratage du numéro deux du renseignement : révélations explosives sur Mohamed Raji, « Monsieur écoutes »
Rabat. — L’affaire secoue les plus hautes sphères sécuritaires du royaume. Mohamed Raji, surnommé à Rabat « Monsieur écoutes », numéro deux de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST), a été victime d’un piratage massif dévoilant non seulement ses données personnelles, mais aussi des éléments compromettants sur ses affaires privées et ses transactions financières.
Selon des informations publiées sur Jabaroot, une chaîne Telegram spécialisée dans les fuites, le haut responsable — considéré comme l’architecte de l’acquisition et de l’usage du logiciel espion israélien Pegasus au Maroc — a vu son numéro de carte nationale, son salaire (2 378 euros par mois), son compte bancaire et même des documents notariés rendus publics. Ces derniers attesteraient l’achat, pour 30 millions de dirhams (environ 3 millions de dollars), de deux complexes industriels à Beni Mellal, financés par chèque bancaire certifié et accompagnés du règlement de 1,2 million de dirhams de droits fiscaux.
Un espion devenu cible
Mohamed Raji est soupçonné d’avoir supervisé l’usage de Pegasus pour espionner des dirigeants européens et espagnols, dont le Premier ministre Pedro Sánchez. Ce dernier aurait subi, entre octobre 2020 et décembre 2021, cinq intrusions confirmées par le Centre Cryptologique National espagnol, certaines survenues en pleine crise diplomatique de mai 2021, lorsque le Maroc avait laissé passer plusieurs milliers de migrants vers Ceuta.
La fuite, attribuée à des hackers non identifiés, serait, selon eux, « une pièce d’un puzzle beaucoup plus vaste » impliquant contrats internationaux, ventes d’informations sensibles et réseaux de sociétés écrans à l’étranger.
En avril dernier, Jabaroot avait déjà diffusé la base de données de la Caisse nationale de la sécurité sociale, incluant les informations de Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi Mohammed VI et gestionnaire du holding royal Siger, dont les revenus annuels atteignent 1,3 million d’euros.
Un coup porté au cœur de l’appareil sécuritaire
« La corruption au Maroc ne se pratique plus dans la rue, mais à l’ombre des services de sécurité, où même le roi n’a plus la main pour écarter leurs responsables », affirme la chaîne Jabaroot.
Un expert des services secrets marocains confie à El Confidencial : « Cette fuite est un poignard dans le cœur de l’appareil sécuritaire. Bien que resté dans l’ombre, Raji est sans doute la personnalité la plus influente de la galaxie du renseignement marocain. »
Les pistes de l’attaque
Les médias marocains, prudents, ont d’abord évoqué une falsification des documents, avant d’admettre leur authenticité. Les spéculations se multiplient : opération d’une agence étrangère en représailles, ou vengeance interne menée par des subordonnés.
L’affaire rappelle le Wikileaks marocain de 2014, lorsque des centaines de documents diplomatiques et de renseignement avaient été publiés sur Twitter. Cette fuite avait alors été attribuée à la Direction Générale de la Sécurité Extérieure française.
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