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Par Laala Bechetoula، Chroniqueur indépendant
Paris s’énerve. Alger reste droit. Dans ce face-à-face déséquilibré, l’ancienne puissance coloniale donne aujourd’hui le spectacle troublant d’un pays qui confond fermeté et fébrilité, conviction et convulsion.
Depuis plusieurs semaines, la France multiplie les signaux hostiles à l’encontre de l’Algérie : restrictions de visas, blocage du dialogue consulaire, mesures hostiles contre les diplomates. Derrière ces gestes, c’est une perte d’influence assumée qui se révèle, une fébrilité politique habillée de rhétorique migratoire.
Dans les cercles diplomatiques, on murmure déjà : « L’Algérie ne plie plus. » Pire, elle impose désormais le tempo. Fini le temps des réponses précipitées ou des concessions sans contrepartie. Alger choisit aujourd’hui le silence stratégique. Un silence qui n’est ni faiblesse, ni désintérêt : c’est une affirmation froide de souveraineté.
Pendant que Paris invoque les obligations bilatérales, elle ferme unilatéralement les portes qu’elle exige ouvertes. Elle bloque les visas, mais demande la coopération. Elle réduit la diplomatie à un instrument de punition.
Les victimes sont connues : étudiants, chercheurs, artistes, familles binationales. Tous pris dans les filets d’un bras de fer devenu absurde.
La mémoire courte s’ajoute à la stratégie défaillante. Paris demande des garanties de sécurité, tout en réduisant les capacités diplomatiques de l’Algérie sur son sol. Elle exige la réadmission des ressortissants, tout en ignorant les dettes symboliques : restitution des archives, reconnaissance des essais nucléaires, rôle trouble de certaines administrations passées.
Face à cela, l’Algérie ne hurle pas. Elle ne menace pas. Elle regarde. Elle attend. Et elle agit ailleurs. Elle tisse ses liens à l’Est, au Sud, dans le monde arabe, en Afrique, en Asie. Elle dialogue, elle commerce, elle lance ses propres satellites. Elle ne mendie plus de partenariat : elle en propose, d’égal à égal.
Ce que la France peine à admettre, c’est que l’Algérie n’a plus besoin d’autorisation pour exister. Elle ne demande plus la reconnaissance, mais le respect. Elle ne sollicite pas de privilèges, mais la réciprocité.
Le partenariat ne peut plus être vertical. Il doit être adulte. Car une relation fondée sur l’injonction, sur la sanction et sur l’humiliation est déjà une relation morte.
Si la France veut retrouver un lien fécond avec Alger, elle devra désapprendre le réflexe impérial, redécouvrir la diplomatie d’égal à égal, et renoncer à instrumentaliser des millions de Franco-Algériens dans ses stratégies de politique intérieure.
Le XXIe siècle n’est pas celui des ultimatums. C’est celui du respect mutuel et de la dignité sans compromis.
Source: L’Algérie libre

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