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Par Zine Haddadi
En réussissant à renforcer la coopération avec l’Algérie, la présidente du conseil italien Giorgia Meloni a démontré qu’être issue de l’extrême droite n’empêche pas d’être pragmatique et aux services des interêts de son peuple.
Les relations exceptionnelles qu’entretient le gouvernement issu de l’extrême droite dirigé par Giorgia Meloni avec l’Algérie ont montré que la coopération et la diplomatie sont toujours efficaces quand elles sont éloignées de l’idéologie et des calculs politiciens.
La méthode Meloni a mis à nu les limites de l’attitude de la droite et de l’extrême droite français, beaucoup plus animés par la haine que par le souci de traiter d’égal à égal avec l’Algérie.
L’Italie et l’Algérie ont signé des dizaines d’accords dans plusieurs domaines de coopération. De l’automobile, à l’agriculture en passant par l’énergie, la défense et l’industrie, les deux pays affichent une lune de miel qui confirme la bonne santé de leurs relations de ces dernières années.
La relation exceptionnelle entre l’Algérie et l’Italie contraste avec celle entre l’Algérie et la France. Pourquoi l’Algérie arrive à avoir une telle relation avec l’Italie et pas avec la France ? C’est peut-être du côté de Paris qu’il faut chercher la réponse parce que l’Algérie a démontré qu’elle n’avait pas de problèmes à hisser ses relations à de grands niveaux avec les pays qui la respectent et respectent le droit international.
En France, une partie de la droite, représentée au gouvernement par Bruno Retailleau et l’ensemble de l’extrême droite de Marine Le Pen, jusqu’à Zemmour ont fait de l’Algérie une obsession et ont pour tribune garantie les médias de la fachosphère de l’empire Bolloré.
La relation avec l’Algérie est perçue en France, du moins par cette partie de la France, selon la logique d’un rapport de force où la partie algérienne doit se soumettre sans contester à chaque fois. Cette partie de la France a du mal à accepter l’émancipation de l’Algérie soixante trois ans après son indépendance arrachée au prix fort.
L’axe Alger – Rome vu de Paris
Sur le plateau de C News, chaîne appartenant à Vincent Bolloré, la visite réussie du président Tebboune en Italie et l’accueil exceptionnel qui lui a été réservé par les autorités italiennes n’est pas passé inaperçu. Pire, les chroniqueurs de la chaîne, tribune du discours anti algérien, ont fait part de leur «douleur profond» de voir la relation algéro-italienne à ce niveau.
«C’est douloureux quand on est français, de voir ses images», a commenté un chroniqueur de C News à la vue de l’entente affichée par le président Tebboune avec la présidente du conseil italien Giorgia Meloni.
Celle-ci a même essuyé quelques critiques pour avoir de si bonnes relations avec l’Algérie. Sur le plateau de C News on en vient à reprocher à la présidente du conseil italien de passer des accords avec l’Algérie l’accusant de manque de solidarité avec la France au nom de l’appartenance commune à l’Europe. «Si Giorgia Meloni fait ça, c’est qu’elle n’a absolument pas peur de nous», lâche un chroniqueur.
Un autre chroniqueur, Bernard Cohen Hadad, qui n’a cessé de rappeler que l’Algérie était un département français autrefois, a évoqué «une gifle» pour la France pour commenter les accords signés entre l’Algérie et l’Italie rappelant même les avancées dans les relations algéro-espagnoles.
En gros, l’extrême droite française veut que l’Algérie fasse des affaires uniquement avec la France tout en cédant sur tous les sujets de principe. C’est une Algérie soumise et docile que l’extrême droite souhaite. C’est mal connaître l’Algérie ou se tromper d’adresse que de penser cela.
Pendant ce temps-là, l’Italie renforce sa coopération avec l’Algérie en traitant d’Etat à Etat avec le respect mutuel qui s’impose sans s’ingérer dans les affaires internes des uns et des autres. Une leçon de diplomatie gratuite offerte par Giorgia Meloni pour ceux qui partagent le même courant qu’elle en France. Entre temps, et comme l’a si bien dit Michel Bisac, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Algéro-Française : «Ce sont 48 milliards d’euros qui risquent de partir en fumée et 6000 entreprises françaises qui risquent de payer les pots cassés ».
Source : L’Algérie aujourd’hui
