Tags : Algérie, professeur Youcef Khenchoul,
Par Mohamed Tahar Aissani
Président de la commission régionale de déontologie médicale – Annaba
Membre du Conseil National de l’Ordre des Médecins
Dans le silence des blocs opératoires, un homme redonne foi en la médecine algérienne.
Il y a des noms qui murmurent l’excellence dans les couloirs des hôpitaux. Des noms que les patients prononcent avec un mélange de respect et d’espoir, que les jeunes médecins érigent en modèles, que la nation devrait honorer bien avant que le temps n’efface l’éclat de leur présence. Le Professeur Youcef Khenchoul est de ceux-là. Chirurgien hépato-biliaire et pancréatique de renom, il incarne une forme rare et précieuse de dignité professionnelle, celle qui ne se proclame pas, mais se vit — au chevet des malades, dans la chaleur des veilles chirurgicales, dans l’humilité d’un savoir immense mis au service de tous.
Il faut le dire, le redire, et l’écrire enfin dans les annales de notre mémoire médicale : le CHU de Constantine abrite en son sein un homme qui a fait le choix du retour. Un choix éthique. Un choix patriotique. Après une formation de haut vol à l’Université de Paris, là où tant d’autres ont cédé à la tentation de la carrière facile à l’étranger, lui a préféré la complexité de l’Algérie. Il est rentré pour soigner. Il est resté pour bâtir. Et il a persisté pour faire progresser une discipline longtemps considérée comme inaccessible dans notre pays : la chirurgie hépato-pancréatique de pointe.
Quand la compétence devient un acte de souveraineté sanitaire.
Il faut mesurer ce que représente, dans le contexte algérien, le fait d’opérer des cancers du foie ou du pancréas sans évacuation à l’étranger. Ce n’est pas une simple prouesse médicale, c’est une affirmation nationale : oui, nous pouvons. Grâce à lui, des dizaines de patients, que l’on condamnait autrefois faute de moyens techniques ou de ressources humaines, ont retrouvé une chance de vie. Derrière chaque greffe, chaque résection, chaque intervention complexe, il y a son regard sûr, sa main calme, son exigence de vérité et de justesse.
Mais le Professeur Khenchoul ne se limite pas à l’acte chirurgical. Il enseigne, transmet, fédère. Il dirige avec passion l’Association scientifique des pathologies hépato-biliaires et pancréatiques. Il rassemble autour de lui les esprits les plus brillants, il organise des conférences, anime des débats, construit des ponts entre Constantine, Alger, Annaba, Paris ou Tunis. Il incarne cette Algérie qui pense, qui échange, qui ne s’enferme pas.
L’Ordre lui doit hommage, les confrères lui doivent gratitude.
En tant que président de la Commission régionale de déontologie d’Annaba, et au nom du Conseil national de l’Ordre des Médecins, je considère qu’il est de notre devoir moral et collégial de saluer publiquement le parcours du Pr Khenchoul. Car si le serment d’Hippocrate parle de loyauté et de science, lui l’a prolongé par une fidélité absolue à sa terre et à ses malades. La reconnaissance n’est pas un luxe : elle est un geste de civilisation. Elle est le ciment d’une culture médicale digne, responsable, inspirée. Dans un pays où l’on crie souvent à la fuite des cerveaux, sachons exalter ceux qui restent. Mieux : ceux qui reviennent.
Une conscience professionnelle qui donne envie d’y croire encore.
Ce n’est pas tous les jours qu’un homme parvient à faire l’unanimité parmi ses pairs. Ce n’est pas tous les jours que l’on croise un chirurgien capable de vous parler, le même jour, de dissection complexe, d’éthique médicale, de recherche scientifique et de l’importance de la pédagogie. Ce n’est pas tous les jours qu’un professionnel devient aussi un repère moral.
Et c’est précisément pour cela que cet hommage prend tout son sens : Youcef Khenchoul est une lumière dans un ciel parfois couvert, une preuve vivante que l’excellence peut se conjuguer à l’algérienne. À l’algérienne, oui, c’est-à-dire avec cœur, rigueur, générosité et responsabilité.
Que cette reconnaissance s’élève aujourd’hui comme un acte de gratitude.
Qu’elle devienne, demain, un modèle pour nos jeunes internes et chirurgiens en devenir.
Et que le nom de Khenchoul, inscrit dans le marbre de la compétence, continue d’inspirer le corps médical tout entier.
Que Dieu le bénisse, le préserve et fasse de lui une source durable de savoir et de réconfort pour cette Algérie qu’il a choisie et qu’il honore chaque jour.
Source : Forum des libertés Algérie
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